
Jerseyland Organics
Grand Forks, Colombie-Britannique
Jerseyland
Organics appartient à Ric et Vickie Llewellyn. Leur ferme est située
à Grand Forks, en C.- B., au centre géographique de la province,
près de la vallée de l'Okangan et tout près de la
frontière des États-Unis. Les Llewellyn se sont établi
à Grand Forks en 1985, en apportant avec eux, du nord de la C.-B.,
7 vaches Jersey comme « animaux de compagnie ».
Ils ont rapidement jugé que l'industrie laitière agricole
conventionnelle allait dans une direction opposée à leur
façon de penser. Les questions qui les préoccupaient touchaient
l'utilisation de produits chimiques sur les terres, le recours aux médicaments
et aux hormones pour le bétail, le manque général
de respect du bien-être des animaux et, comme résultat, une
qualité d'aliments moindre (produits laitiers). Comme les normes
biologiques n'existaient pas à ce moment-là en C.-B., ils
ont commencé à mettre au point leurs propres orientations,
qui ont évolué avec la COABC (Certified Organic Association
of B.C.), l'association des agriculteurs biologiques certifiés
de la B.-C, et leurs exigences. Les Llewellyn sont fiers de pouvoir dire
« nous sommes vraiment ce que tout le monde voudrait bien qu'on
pense d'eux. Nous donnons vraiment des noms à nos vaches, elles
élèvent vraiment leurs veaux, elles broutent vraiment de
l'herbe, nous fabriquons vraiment nos propres produits, nous nous inquiétons
vraiment de toutes ces questions qui préoccupent les consommateurs
de produits biologiques et nous sommes une ferme familiale, pas une entité
corporative » ! Jerseyland cultive actuellement
plus de 480 acres, dont 220 acres en pâturage et 260 acres en foin.
On y trouve actuellement 80 vaches Jersey (troupeau laitier) et environ
150 têtes de bétail de boucherie biologique (de tous les
âges). Le troupeau laitier est composé, en moyenne, de 50
à 60 vaches en production laitière, le restant étant
constitué de vaches taries ou qui nourrissent leur veau. Les Llewellyn
n'aiment pas les ventes aux enchères commerciales. C'est pourquoi
les vaches laitières plus âgées élèvent
les jeunes veaux, les mâles qui viennent au monde sur la ferme sont
élevés pour devenir du bœuf biologique et ils ont
même quelques « petites vieilles » qui vivent
une retraite paisible à la ferme.
Jerseyland fabrique ses propres produits - actuellement 18 variétés
de fromage de vache biologique, 5 fromages de chèvre biologiques
(un de nos employés possède un troupeau de chèvres
laitières biologiques) et 7 variétés de yogourt biologique.
De plus, on y fabrique de la vraie crème sure en utilisant de la
crème entière, du beurre fait à la main et du fromage
blanc frais. Tous ces fromages sont « au lait cru »
(excepté le cottage) et les yogourts ne sont pas homogénéisés
(la crème se retrouve sur le dessus). Nous croyons fortement qu'il
faut soutenir le commerce local et n'achetons pas des saveurs importées
des États-Unis, comme le font beaucoup de nos pairs biologiques.
Nous achetons et transformons nos propres bases de « fruits
de la C.-B. », ainsi que les épices et fines herbes
qui entrent dans la composition de nos fromages. Nous employons de la
présure pour fabriquer notre fromage, étant donné
que les « enzymes microbiennes » que l'on
retrouve sur le marché sont principalement des dérivés
d'OGM et qu'aucune ne répond aux normes biologiques
de la C.-B. Jerseyland Organics distribue la plupart de ses produits en
gros par le biais de plusieurs distributeurs biologiques, la plupart du
temps dans l'ouest du Canada. Nous desservons le marché local
grâce à notre propre camion de livraison réfrigéré
et nous vendons également nos produits dans un magasin de détail
sur place, à la ferme. Jerseyland emploie Ric et Vickie (esclaves
non rémunérés) et trois employés agricoles
et un assistant à temps plein pour la fromagerie. Ric travaille
principalement à la ferme avec le bétail et la machinerie
pour la culture et les récoltes, et fait le développement
des marchés. Vickie est notre fromagère et préfère
être dehors avec les vaches lorsqu'elle ne fait pas de formage.
Les Llewellyn transforment à la ferme 100 % de leur propre
lait, possèdent un permis fédéral de l'ACIA
et leur laiterie est approuvée avec le ministère de l'Agriculture.
Ils détiennent un permis de la CCL (Commission canadienne du lait)
et leur relation est très ténue avec l'Office de mise
en marché du lait, qui est en désaccord avec leurs idéaux.
Ce type de ferme présente beaucoup d'avantages et quelques inconvénients.
Règle générale, il est très gratifiant de
produire des aliments biologiques sains pour les consommateurs d'aliments
biologiques qui les apprécient. Il est particulièrement
important de savoir que, depuis le premier jour, nous avons emprunté
la bonne voie et que les questions importantes comme le traitement humanitaire
des animaux, les résidus chimiques dans les aliments et les préoccupations
environnementales ne sont pas des sujets dont nous devons être embarrassés
ou qui doivent être cachés. Toutefois, le développement
des produits biologiques « industriels » nous préoccupe
vivement. À notre avis, cela représente la plus grande menace
à la « véritable agriculture biologique »
au Canada pour les années à venir. Les produits biologiques
de corporations géantes (nous tous savons qui ils sont) n'ont pas
leur place dans les maisons des consommateurs d'aliments biologiques.
Ils ne soutiennent pas les fermes locales, n'emploient-ils pas les familles
locales, n'ont aucun lien avec les communautés locales et, souvent,
ne savent-ils pas même d'où leurs propres produits viennent
vraiment. Les Llewellyn croient fermement que nous devrions soutenir les
produits locaux, au moins de sa propre province, et ne pas transporter
des produits biologiques à travers le pays en brûlant des
combustibles fossiles et en ne sachant pas la valeur de leurs prétentions
ou leurs normes biologiques. Il est crucial que « le consommateur
biologique » se renseigne pour savoir d'où proviennent
vraiment ses aliments biologiques, qui les a produits et si ces gens supportent
réellement sa vision de ce que devraient être des produits
biologiques ? Voulons-nous vraiment que l'agriculture et les aliments
biologiques empruntent le même chemin que celui que suivent les
aliments conventionnels ? Voulons-nous vraiment des « Mc
Bio » ?
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