
Études à long terme sur l'agriculture biologique réalisées en Suisse
Paul Mäder, Institut de recherche de l'agriculture biologique
(FiBL), Suisse
Le secteur biologique est très bien établi en Suisse où l'on retrouve
plus de 6 000 exploitations agricoles biologiques, 200 exploitations
biodynamiques et environ 10 % de la terre agricole. BioSuisse et
Demeter sont des organismes de certification biologique et dynamique reconnus.
En Suisse, en Autriche, en Italie, en Finlande, en Suède et au Danemark,
plus de 5 % de la terre agricole est consacrée à la production biologique.
L'Institut de recherche de l'agriculture biologique (le « FiBL »)
exerce ses activités a Frick, en Suisse, depuis plus de 30 ans. L'Institut
dispose d'une ferme expérimentale de 30 ha où travaillent environ
200 collaborateurs. Ces derniers étudient la production végétale
et l'élevage d'animaux, la qualité des aliments et les questions socioéconomiques.
L'étude DOK se veut une comparaison systémique des systèmes biodynamiques
et biologiques et des systèmes conventionnels qui utilisent du fumier
d'étable ou des engrais minéraux. Les chercheurs travaillent en collaboration
avec les producteurs qui effectuent les travaux d'exploitation.
Les systèmes biodynamiques et biologiques ont nécessité environ moitié
moins d'énergie que les systèmes conventionnels qui utilisent des engrais
minéraux. Le rendement du blé dans les systèmes biodynamiques et biologiques
a atteint 80 % ou plus du rendement des systèmes conventionnels,
tandis que le rendement des tubercules de pomme de terre a atteint 60
% ou plus du rendement des systèmes conventionnels.
La fertilité du sol était nettement supérieure dans les exploitations
biodynamiques et biologiques, comme nous avons pu le constater en évaluant
le nombre de lombrics, de symbioses mycorhiziennes et d'autres facteurs
d'activité biologique. La biodiversité était supérieure dans les sols
des exploitations biologiques et particulièrement dans les exploitations
biodynamiques, comparativement aux exploitations conventionnelles.
L'activité de la pédofaune a continué de progresser dans les sols des
exploitations biologiques pendant plus de 20 ans après la conversion
au système biologique, et le rendement du système a continué de s'améliorer
pendant cette période.
Les systèmes biologiques affichent un meilleur rendement énergétique
puisque, comparés aux systèmes conventionnels, ils nécessitent moins de
la moitié des intrants énergétiques pour atteindre un rendement de 80 %
pour les céréales. À la lumière de plusieurs indicateurs comme la qualité
des eaux de surface et souterraines, l'activité biologique des sols, la
structure des sols et leur résistance à l'érosion, la biodiversité et
la diversité des lieux, l'efficacité énergétique, la santé des animaux,
de même que la qualité des aliments et de l'air, les systèmes biologiques
affichent un meilleur comportement écologique que les systèmes conventionnels.
Personne-ressource
Paul Mäder, Dipl.-Ing. agr. ETH, Cultures annuelles, Institute de
recherche de l'agriculture biologique (Forschungsinstitut für biologischen
Landbau, FiBL), Ackerstrasse, CH-5070 Frick, Suisse
Courriel : paul.maeder@fibl.ch
Site Web : http://www.fibl.org
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