
Incidence du cultivar de mélilot et des pratiques culturales sur l’infestation de la culture subséquente de blé par les mauvaises herbes et sur son rendement
J. R. Moyer, R. E. Blackshaw et H. C. Huang
Les agriculteurs, particulièrement ceux qui pratiquent la culture biologique, s’intéressent de nouveau à l’usage du mélilot blanc (Melilotus alba Desr.) ou jaune [M. officinalis (L.) Lam.] comme culture-abri. Toutefois, les variétés et les méthodes de travail du sol ont évolué depuis l’époque où l’on recourait abondamment au mélilot comme culture-abri, c’est-à-dire la première moitié du vingtième siècle.
Les auteurs ont entrepris des expériences en 1999, 2000 et 2002 afin de comparer l’incidence des cultivars à haute et à basse teneur en coumarine et les méthodes d’interruption des cultures sur la suppression des mauvaises herbes, sur la concentration de N disponible dans le sol, sur la conservation de l’eau et sur le rendement de la culture subséquente.
En général, la lutte contre les adventices est plus efficace quand on laisse les résidus de mélilot sur le sol au lieu de les récolter pour en faire du foin. Interrompre la culture à 70% de sa floraison donne souvent de meilleurs résultats que si on la coupe au stade du bourgeonnement. L’été et l’automne qui suivent l’interruption de la culture, les résidus de Yukon, un cultivar tolérant la sécheresse et donnant une grande quantité de coumarine, laissés en surface ont diminué la densité de peuplement du chénopode blanc (Chenopodium album L.) de plus de 80% comparativement à la parcelle témoin sans mélilot et ont essentiellement détruit la sisymbre sagesse [Descurainia Sophia (L). Webb]. Le printemps suivant, Yukon a réduit la densité de peuplement de la kochie [Kochia scoparia (L.) Schrad.] de plus de 80 % et la biomasse de la folle avoine (Avena fatua L.) de plus de 30% comparativement à la parcelle témoin sans mélilot.
Les résidus de mélilot laissés en surface procurent autant de N à la culture subséquente que la jachère d’été. La quantité d’eau disponible dans le sol baisse d’environ 10 mm après culture de la variété de mélilot au rendement le plus élevé, comparativement à la quantité d’eau disponible après une jachère estivale, mais le rendement de la culture subséquente de blé n’en souffre pas. Le blé donne un rendement maximal s’il est cultivé après le mélilot Yukon ou Arctic employé comme culture-abri.
Les producteurs qui pratiquent l’agriculture biologique pourraient combattre les mauvaises herbes en cultivant du mélilot avec travail minimum du sol pourvu que la majeure partie des résidus végétaux demeurent à la surface du sol.
Source
Canadian Journal of Plant Science (2007) 87: 973-983
Agriculture and Agri-Food Canada, Lethbridge Research Centre, 5403-1st Avenue South, Lethbridge, Alberta,Canada T1J 4B1
English
Affiché mars 2010
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