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La composition des communautés et les capacités d'antibiose des bactéries phyllosphères de la pomme de terre contre le mildiou suivant les traitements foliaires avec du thé de compost JF, du varech en poudre ASL ou du Manzate®75DF.

ParA.V. Sturz1*, D. Lynch2 et S.W. Watts3

Une étude a été effectuée au champ et en laboratoire pour comparer l'efficacité du thé de compost JF disponible dans le commerce, du produit à base de varech ASL et du Manzate® 75 DF contre le microorganisme pathogène qui produit le mildiou de la pomme de terre, le Phytophthora infestans.

On a semé dans des parcelles de la ferme Eric C. Robinson Inc. à Albany, Île-du-Prince-Édouard des pommes de terre (variété Russet Burbank), dans le cadre d'une expérience plus vaste, selon un méthode expérimentale prévoyant un bloc aléatoire complet avec quatre parcelles identiques et trois traitements.

Du thé de compost Jolly Farmer (JF), fabriqué sous licence par Soil-food Web, Inc.MC, a été appliqué à un taux de 69 litres à l'acre; un produit expérimental à base de poudre de varech (Acadian SeaPlants Inc, ASL) a été appliqué à un taux de 300 g/ha et le fongicide protecteur Manzate® 75 DF (Griffin, Canada) a été appliqué au taux recommandé de 1,25 kilogramme à l'hectare (750g/kg de p.a. mancozeb). Une source locale d'eau d'étang a servi pour mélanger et appliquer les traitements.
La densité de la population microbienne, la structure des communautés, les espèces complémentaires et les capacités d'antibiose de chaque traitement foliaire ont été comparées aux populations résidentes de phyllosphères présentes sur le feuillage des plants de pommes de terre (variété Russet Burbank) avant et après l'application foliaire et des traitements. Les essais in vitro ont été constitués d'une série d'épreuves sur de l'agar de seigle effectuées dans des boîtes de Petri, alors que différents isolats bactériens ont été placés en incubation pendant 5 jours à 25º C en présence du micro-organisme pathogène à l'essai et examinés pour déceler toute manifestation d'inhibition de la croissance de pathogène (signes d'antibiose) et évalués en mesurant la croissance du mycète (en millimètre).

Lors d'une épreuve in vivo visant à étudier l'efficacité protectrice relative des traitements foliaires, on a utilisé des feuilles entières des plants de pommes de terre excisées et inoculées avec une gouttelette de 20 uL dans laquelle on retrouve des zoospores de P. infestans en suspension à une concentration de 1 000 zoospores par ml puis placées sur la surface d'eau distillée stérile dans des boîtes de Pétri. Après 5 jours d'incubation, on a estimé le pourcentage de tissu foliaire malade, compté le nombre de feuilles malades et mesuré le diamètre (millimètre) de la plus grande lésion sur chaque feuille.

Les essais in vivo et in vitro ont révélé que les traitements foliaires mélangés en réservoir se sont avérés contenir les isolats bactériens piossédant des capacités d'antibiose significativement plus élevées (P=0.05) contre P. infestans que le support composé d'« eau d'étang » (tableau 1). Cependant, cette activité ne s'est pas transférée à la communauté phyllobactérienne  après l'application des traitements foliaires (tableau 1). Les densités de population bactériennes sur la surface de feuilles ont été réduites de manière significative (P=0,05) près l'application des traitements foliaires de Manzate®75 DF, du produit  ASL à base de varech en poudre et de thé de compost JF, comparativement aux populations foliaires présente avant le traitement. Les isolats bactériens prélevés sur le feuillage des pommes de terre après les traitements foliaires se sont révélés significativement moins efficaces pour empêcher la croissance du P. infestans dans les essais in vitro que ne l'étaient les populations bactériennes de prétraitement (tableau 1).

Les communautés bactériennes présentes sur la surface des feuilles après le traitement ne présentaient que peu ou pas de ressemblance avec les communautés bactériennes se trouvant dans les réservoirs des pulvérisateurs avant l'application. Elles n'ont donc pas réussi à s'établir à la surface des feuilles ou ont pu simplement être rincées lors de l'application.

Le Manzate® 75 DF s'est révélé le meilleur traitement pour lutter contre l'infection P. infestans et la progression de la maladie dans cette expérience in vivo (tableau 2). Ni le thé de compost JF ni le varech en poudre  ASL n'ont été efficaces pour protéger les feuilles de pommes de terre contre l'attaque du phytopathogène. Cependant, les populations phyllobactériennes établies suivant les applications foliaires de Manzate se sont avérées contenir significativement (P=0,05) moins de souches produisant des antibiotiques ayant des effets de biocontrôle (in vitro) que les populations naturellement présentes sur les feuilles avant le traitement foliaire (tableau 1).

Tableau 1 : Le nombre de cellules souches indéterminées pluripotentielles et les capacités globales d'antibiose des communautés bactériennes récupérées dans l'eau d'étang (diluant), les mélanges en réservoir et le feuillage des plants de pommes de terre.

  Eau d'étanga Témoin non traité Manzateb Thé de compost JF Varech en poudre ASL
Mélange dans le réservoir (préapplication)          
Colonies 2,0E +03 Cc n.d.d 0,0E+00 D 7,5E+07 A 1,8E+05 B
Suppression de la croissance de P. infestans (mm) e 26,7A n.d. n.d. 18,5 B 9,1 C
           
Rinçage des feuilles (post application)          
Colonies n.d. 2,6E+03 A 1,9E+01 B 5,8E+05 B 1,1E+02 B
Suppression de la croissance de P. infestans (mm) n.d. 14,9 C 34,2 A 28,6 B 34,7 A

a Source de l'eau pour tous les mélanges et l'application.
b Manzate® 75 DF.
c NLes nombres dans les rangs suivis par la même lettre ne sont pas significativement différents selon un test de plus petite différence significative (P= 0,05).
d Aucune donnée recueillie.
e Le taux moyen d'inhibition de la croissance du Phytophthora infestans (signes d'antibiose) a été calculé en mesurant la capacité de 800 isolats bactériens (200 isolats par traitement) d'inhiber la croissance du mycète (en mm) après 7 jours à 22º C lors d'une épreuve de titrage in vitro. Le choix des isolats a été fondé sur la fréquence du pourcentage de l'occurrence de différentes espèces dans chaque communauté prélevée.


Tableau 2 : Efficacité relative de traitements appliqués au camps pour inhiber le développement d'infections et de manifestations de mildiou, suivant l'inoculation de tissus foliaires de plants de pommes de terrea avec Phytophthora infestans.

   
Traitement foliaire
 
  Manzateb Thé de compost JF Varech en poudre ASL
       
Nombre de feuilles infectées (%)c 5,0 B 55,0 A 62,5 A
Surface de maladies folicoles (%) 4,75 Bd 45,5 A 53,0 A
Dimension de la plus grande lésion (mm) 2,5 B 23,8 A 28,0 A

a Fondé sur l'examen d'un échantillon de 10 feuilles entières par répétition de traitement et de 4 répétitions inoculées par une gouttelette de 20uL contenant une suspension de zoospores de P. infestans à une concentration de 1 000 spores par ml.
b Manzate® 75 DF.
c Données en pourcentage transformées en arc-sinus pour analyse statistique; les données non transformées sont présentées.
d Les nombres dans les rangs suivis par la même lettre ne sont pas significativement différents selon un test de plus petite différence significative (P= 0,05).



1. Département de recherche et diagnostic en santé végétale, ministère de l'Agriculture, des Pêches et de la Foresterie de l'Île-du-Prince-Édouard, C. P. 1600, Charlottetown (Î.-P.-É) C1A 7N3
2. Centre d'agriculture biologique du Canada, Collège d'agriculture de Nouvelle-Écosse, C. P. 550, Truro, Nouvelle-Écosse, B2N 5E3
3. Eric C. Robinson Inc./Ingleside Farms, C. P. 1, Albany (Î.-P.-E.) COB 1AO


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