
Désherbage mécanique des céréales
Andrew Kernohan
Ballymena Farm, Parrsboro, N.-É.
L'article qui suit contient un survol historique des expériences
portant sur le désherbage mécanique que nous avons effectuées.
Il est composé de quatre rapports couvrant les années 1999
à 2002. Je les ai rédigés pour le professeur Ralph
Martin du CANE, de qui nous avons, à l'origine, emprunté
une herse bineuse. Nous avons, chaque année, eu recours à
de nouvelles techniques biologiques. Nous avons appris de nos expériences
; c'est pourquoi mes observations et recommandations ne sont pas toujours
constantes d'une année à l'autre. Si vous lisez un de ces
rapports, je vous suggère de le lire en entier. Vous serez ainsi
en mesure de choisir les conseils que vous souhaitez mettre en application.
RAPPORT No 1, 1999
En avril 1999, nous avons emprunté une herse bineuse (peigne)
de 3 m (10 pi) Lely du Département de phytologie du Collège
d'agriculture de la Nouvelle-Écosse. Nous en avons fait l'essai
dans un champ de 4,6 ha (11,5 acres) d'orge Chapais.
Ce champ constitué de loam sableux/siliceux sur fond de gravier
très bien drainé comportait beaucoup de petites roches.
Il avait longtemps été couvert d'un mélange de luzerne
et de mil. Les mauvaises conditions hivernales de 1996-97 avaient détruit
une grande partie de la luzerne. Une bonne quantité de chiendent
et de pissenlit avait envahi le champ.
Le champ a été labouré l'automne Précédent,
puis hersé à deux reprises avec un vibroculteur plusieurs
jours avant le semis. Le PH était adéquat. Le champ a reçu
335 kg à l'hectare (300 lbs à l'acre) de 12-24-24. L'orge
a été semée à la volée le 2 mai, et
le peigne a été utilisé pour enterrer les graines.
Nous avions l'intention de semer 97 kg à l'hectare (88 lbs/acre,
soit un sac de graines), mais le taux réel fut d'environ 83 kg/ha
(75 lbs/acre). Les autres champs d'orge de la ferme ont été
semés à la volée et hersés à l'aide
du vibroculteur (herse à dents en S).
Nous avons effectué un hersage non sélectif du champ avec
une herse bineuse (peigne) le 6 mai, juste avant l'émergence.
Nous avons de nouveau passé le peigne sur le semis le 28 mai.
La tension des ressorts du sarcloir a été réglée
au plus faible niveau possible, et les dents ont été ajustées
pour pénétrer à environ 2,5 cm (1 po) dans le sol.
Le temps fut totalement sec entre la plantation et ce sarclage. À
ce moment-là, la céréale en était aux stades
de talles de 2 à 5 feuilles et plus. Nous n'avons hersé
qu'une seule fois en postémergence.
Juste après ce sarclage, nous avons semé un mélange
de trois espèces de plantes fourragères dans la récolte
d'orge à l'aide d'un semoir Brillion.
Nous avons battu l'orge le 20 août. La récolte était
un peu en retard en raison de la température. Les épis d'orge
était bien cassés, et on a observé un peu de perte
d'épis (<1 %).
Observations :
Après le labour et le hersage, le champ comportait une quantité
considérable de résidus en surface, en particulier des racines
de chiendent. Le peigne s'obstruait avec ces résidus et l'opérateur
devait amener le sarcloir en bordure du champ et enlever les résidus
régulièrement après quelques passages. Nous ne serions
pas arrivés à sarcler une grande surface cultivée
de cette façon.
Comme nous avons semé les graines à la volée par
ce printemps sec, la germination a été très inégale.
Nous avons dû attendre que toutes les plantes aient eu au moins
deux feuilles pour effecteur le sarclage final. À ce stade, une
grande partie de la culture avait atteint le stade de talles de cinq feuilles
et plus, et les mauvaises herbes étaient plutôt avancées
: la moutarde comportait plusieurs vraies feuilles et les plants avaient
la taille d'une soucoupe, le chou gras mesurait huit centimètres.
Le sarcloir a bien peu nui à la moutarde, et a détruit une
partie du chou gras.
Le sarcloir a toutefois endommagé l'orge, en aplatissant une bonne
partie. Cependant, il n'a pas déraciné un nombre inacceptable
de jeunes plantes d'orge. L'orge a récupéré en quelques
jours, bien que je pouvais à peine supporter de regarder le champ
entre-temps. Plusieurs observateurs pensaient que j'avais ruiné
la récolte.
Jim Neary du NSDAM (ministère de l'Agriculture et de la Commercialisation
de la Nouvelle-Écosse) a examiné le champ au milieu de la
saison. À ce moment-là, il a observé qu'environ 10
% du champ comportait des plants de moutarde jaune. Il n'y avait aucune
moutarde dans les champs adjacents qui avaient été pulvérisés
avec du MCPA.
Au moment de la récolte, la moutarde était montée
à la graine, mais on pouvait observer une quantité considérable
de chou gras dominant l'orge. Ce fut un été très
sec et la paille de l'orge Chapais est courte, même les bonnes années.
La culture n'a pas dépassé une hauteur de soixante centimètres.
Les opérateurs de la moissonneuse-batteuse se sont plaints des
mauvaises herbes, affirmant que la présence, même faible,
de chou gras ralentissait le battage. Ils affirment que le chou gras est
pire que la moutarde à cet égard.
Dans les champs pulvérisés adjacents, la teneur en humidité
de l'orge était généralement d'environ 15,5 %. Le
taux d'humidité de l'orge moissonnée dans le champ sarclé
mécaniquement était de 18,5 %, en raison de la présence
de graines non mûres de mauvaises herbes et d'une faible quantité
de matière verte provenant de ces plantes.
Malgré tous ces facteurs, le rendement du champ sarclé
fut légèrement plus élevé que celui des champs
pulvérisés adjacents, et de la ferme en général.
Notre rendement a été généralement très
décevant en raison de la sécheresse, mais cependant pas
plus mauvais que les rendements obtenus sur les fermes voisines. La germination
et le tallage ont été faibles au cours de ce printemps sec.
À titre de référence, notre rendement en orge pour
l'année dernière fut d'environ 215 boisseaux/hectare. Nos
réservoirs de batteuses, qui contiennent 125 ou 100 boisseaux selon
la batteuse employée, constituent notre seule méthode pour
mesurer le rendement. Par conséquent, ces résultats sont
plutôt approximatifs. Le tableau suivant montre les rendements en
orge de la ferme :
Rendement en boisseaux à l'hectare
Sarclage mécanique (Erb avant) 675 4,65 145 boisseaux/hectare
Adjacent (Crossman) 1 862,5 17,4 107 boisseaux/hectare
0,8 km plus loin (Sargent) 225 2,4 94 boisseaux/hectare
3,2 km plus loin (New Prospect) 2 787,5 21,4 130 boisseaux/hectare
Total/moyenne 5 550 45,7 121 boisseaux/hectare
Les opérateurs de moissonneuse-batteuse ont émis l'opinion
que le champ sarclé a donné la meilleure récolte.
Les épis étaient longs (48 à 72 grains par épi)
et les grains étaient dodus (classés 1 EC). Peut-être
le hersage des graines dans le champ expérimental avec le peigne
plutôt que le vibroculteur a-t-il permis une meilleure germination
? Peut-être le taux de semis a-t-il été plus élevé
dans le champ expérimental ? Le sarclage a peut-être favorisé
le tallage ?
En raison de sa haute teneur en humidité, et parce que nous n'avons
aucun matériel de séchage, nous avons expédié
les 14 tm d'orge sarclée avec les 4 tm d'orge pulvérisée
à Bayhead. La cargaison totale s'est classée 1EC, avec un
taux d'humidité de 18 % et un taux d'impuretés de 3,7 %.
Leçons apprises :
1. Détruisez le chiendent. Je crois que le sarcloir pourrait bien
fonctionner avec certains résidus courts et droits, tels que la
paille coupée. Cependant, il ne peut pas s'accommoder de beaucoup
de résidus longs et courbés comme les racines de chiendent,
qui ralentissent trop la cadence de travail. Cela peut rendre nécessaire
l'emploi du RoundUp avant de convertir le champ au travail à la
herse désherbeuse.
2. Faites des labours propres. Il est nécessaire d'enterrer autant
de résidus que possible lors du labour. Les sillons morts sont
une source des semences de mauvaises herbes et résidus. La charrue
devrait avoir des versoirs à détritus ou rasettes. L'idéal
serait de labourer au printemps (pour limiter l'érosion) avec une
charrue réversible munie de rasettes et réglée pour
faire des sillons peu profonds et larges. Ceci éliminerait les
sillons morts et enterrerait autant de graines de mauvaises herbes et
de résidus que possible.
3. Servez-vous d'une herse à disques. Les dents en S font remonter
les résidus à la surface. Les disques les découpent
et en enterrent même une certaine portion.
4. Semez à une profondeur uniforme. Le semis à la volée
donne une germination très inégale, particulièrement
lors de printemps secs. Par exemple, j'ai emprunté un semoir pour
planter le blé d'hiver en septembre dernier, et le champ entier
a atteint le stade de 3 feuilles en 2 semaines et 2 jours. En revanche,
l'orge qui a été semée à la volée le
printemps dernier a mis 4 semaines moins 2 jours avant d'atteindre le
stade de 3 feuilles dans la majeure partie du champ, et, à ce moment-là,
un certain nombre de plants avaient commencé à taller avec
5 feuilles et plus. Cela fait une grande différence dans la taille
des mauvaises herbes. Selon ma compréhension, le principe du sarcloir
est d'enterrer les jeunes plants de mauvaises herbes ; pour qu'il puisse
travailler, les jeunes plants doivent être aussi petits que possible.
L'idéal serait de disposer d'un bon semoir à roue plombeuse
pour contrôler la profondeur de l'ensemencement de chaque rang.
5. Employez une variété haute. Une variété
plus grande que l'orge Chapais aurait plus de chance de concurrencer les
mauvaises herbes.
6. Semez avec un fort taux de semis. Effectuer un semis de céréales
pures à environ 132 kg à l'hectare (120 livres/acre), sans
grainer, permettrait à la céréale de concurrencer
plus facilement les mauvaises herbes.
7. Désherbez sans vous retourner. La culture peut sembler en terrible
état, mais elle récupérera, pourvu que le sarcloir
n'arrache pas carrément trop de plants de céréales.
8. Criblez les céréales. Les moissonneuses-batteuses contemporaines
sont faites pour récolter des céréales traitées
aux herbicides et ne sont pas munies de systèmes de criblage intégrés
comme les modèles plus anciens. Toutes les graines de mauvaises
herbes sont envoyées dans la boîte à céréales.
Les céréales non pulvérisées récoltées
cet été avaient l'air presque noires en sortant de la moissonneuse-batteuse.
Les semences non mûres de mauvaises herbes ont fait augmenter la
teneur en humidité de la céréale. Exemple recueilli
cet été : 96 % d'orge à un taux d'humidité
de 15,5 %, plus 4 % d'impuretés à un taux d'humidité
de 80 % donne environ 18,1 % d'humidité totale, ce qui n'est pas
entreposable. Cet été a été particulièrement
favorable aux mauvaises herbes puisque les céréales étaient
clairsemées et soumises à un manque d'humidité. Cependant,
compter sur le fait que les récoltes soient assez sèches
pour permettre de les entreposer sans nettoyage n'est pas une méthode
sûre. J'ai lu que l'humidité présente dans les impuretés
se transmet à la céréale en moins de 24 heures environ.
(L'andainage des plants de céréales pour faire sécher
les mauvaises herbes représente une autre option, mais cela nécessite
l'achat d'une andaineuse et d'un nez différent pour la moissonneuse-batteuse.)
9. Attendez-vous à de bons rendements. Notre expérience
suggère que la céréale sarclée offre un rendement
au moins aussi bon que la céréale traitée aux herbicides,
toutes choses étant égales par ailleurs.
RAPPORT No 2, 2000
En collaboration avec Ralph Martin, nous avons encore emprunté
la herse bineuse Lely de 3 m (10 pi) au CANE.
Nous l'avons utilisée dans un champ de 5,26 ha (13 acres) d'orge
Chapais. La culture Précédente était un blé
d'hiver. Le chaume du blé d'hiver a été pulvérisé
au RoundUp à l'automne 1999, pour détruire le chiendent
qui s'y trouvait.
Le chaume du blé d'hiver fut labouré le 13 avril.
Le 19 avril, nous avons cultivé le chaume labouré à
l'aide du vibroculteur. En rétrospective, ce fut une erreur, car
les dents en S ont fait remonter une quantité considérable
de résidus de paille et de chiendent à la surface, ce qui
a, plus tard, nui au passage du sarcloir.
Ce champ sarclé mécaniquement n'a reçu aucun engrais
naturel ou chimique.
Nous avons passé la herse à disque et semé le champ
le 5 mai. Environ 11 kg/ha (10 lbs à l'acre) d'orge Chapais furent
semés à la volée. Comme nous avons manqué
de semences, nous avons terminé le semis du champ avec un sac d'avoine
fourragère. Un passage du vibroculteur a servi à enterrer
les semences.
Nous avons effectué un hersage non sélectif du champ avec
le sarcloir Lely le 15 et le 16 mai. À ce moment-là, quelques
plants d'orge avaient commencé à émerger. Le sarcloir
Lely fut utilisé uniquement sur le champ qui n'avait reçu
aucun engrais.
La germination fut très irrégulière. L'apparition
des plants a été meilleure et plus rapide dans les traces
des roues de tracteur ou des roues de guidage du cultivateur. À
ce sujet, la meilleure hypothèse que je peux formuler est que l'action
des disques sur notre sol léger l'a trop allégé,
ce qui a occasionné un mauvais contact entre les graines et le
sol. Nous ne sommes pas familiers avec l'usage de la herse à disques.
La herse à disques était un nouvel outil pour nous ce printemps,
et nous n'en avons jamais employée alors que je travaillais sur
une ferme. Pour résoudre ce problème, nous avons besoin
d'un semoir à roue plombeuse.
La culture avait atteint le stade de 3 feuilles et était prête
à sarcler le 29 mai, mais les conditions météorologiques
nous ont retardés jusqu'à 31 mai et 1er juin.
Tout comme l'année Précédente, les résidus
de chiendent ont nui au sarclage. Nous avons par la suite constaté
que, si nous laissions seulement un peu de chiendent s'enrouler dans les
dents du sarcloir, nous arrivions alors à nous en débarrasser.
Nous le faisions en reculant tout en soulevant lentement la herse alors
que les dents étaient dans la terre. Les dents du sarcloir sont
enfoncées de 2,5 cm (1 po) seulement dans le sol. Alors, le fait
de reculer ainsi ne les endommage pas. Néanmoins, le chiendent
ralentit toujours beaucoup le sarclage.
Comme l'année dernière, le sarclage a semblé dévaster
la culture. Mais elle a récupéré.
Nous avons grainé l'orge le 5 juin avec environ 13,2 kg/ha (12
lbs/acre) de trèfle rouge à une coupe pour enfouir l'année
suivante.
Le contrôle des mauvaises herbes a semblé très bon.
Les mauvaises herbes n'étaient pas aussi vigoureuses que d'autres
années. Les plants de moutarde jaune, par exemple, ont atteint
seulement la moitié de leur taille habituelle, et se sont couverts
de petits trous d'insectes, comme il arrive parfois aux rutabagas dans
le potager, et ils ont semblé se faire manger presque aussi rapidement
qu'ils arrivaient à se développer. Mon hypothèse
est que les mauvaises herbes ont souffert du manque d'engrais chimique.
Partout où on avait pulvérisé du RoundUp à
l'extérieur de la surface labourée, les mauvaises herbes
ont proliféré de façon spectaculaire. Nous les avons
fauchées à la main.
Nous avons battu la céréale le 31 août, et à
cette date les épis d'orge étaient bien cassés. Nous
nous sommes servis des boîtes de la batteuse comme unité
de mesure (125 boisseaux/boîte). Le tableau suivant montre les rendements
pour toute la ferme :
Fertilisant Hectares Rendement
Mécanique (Erb arrière) 0 5,26 177 boisseaux/hectare
Charrue (Shed Centre) 454 kg/ha 5-30-10 15 233 boisseaux/hectare
Lunn 27 kg/ha 5-30-10 31,6 213 boisseaux/hectare
On a observé, dans le champ sarclé mécaniquement,
une baisse de rendement d'environ 0,13 tonne métrique/hectare (700-800
lbs/acre), probablement attribuable au fait que nous n'avons utilisé
aucun engrais. Ceci a représenté une perte de revenu potentiel
d'environ 88 $ à 100 $ l'hectare (40 $ à 50 $ l'acre). Cependant,
cette perte de revenu représente à peine plus que l'économie
des dépenses de fertilisation. L'application de 245 kg d'engrais
à 300 $ la tonne aurait coûté 73,50 $ l'hectare, plus
12 à 24 $ l'hectare (5 $ à 10 $ l'acre) de frais d'épandage.
L'orge était très propre. Nous avons fait classer deux
échantillons, et obtenu les résultats suivants :
Chimique Mécanique
Catégorie 1CE
Humidité 13,7 % 13,8 %
Impuretés 0,6 % 0,9 %
L'opérateur de la moissonneuse-batteuse, Dean Acton de la ville
voisine de Sackville, NB, a commenté que le champ était
" le plus beau champ de céréales biologiques [sic]
que je n'ai jamais battu. " L'opinion de Dean était que le
fait d'avoir bien réussi le semis de trèfle pourrait avoir
aidé à limiter la présence de mauvaises herbes.
Leçons apprises :
1. Le chiendent représente un problème. À la différence
des morceaux de paille droits, les racines de chiendent s'enroulent et
s'empêtrent dans les dents du sarcloir.
2. Le RoundUp ne représente pas la solution. Les racines de chiendent
ne pourrissent pas et ne disparaissent pas. Le RoundUp crée ses
propres problèmes en encourageant la croissance des mauvaises herbes
annuelles en bordure des champs. Les vibroculteurs aggravent le problème
; peut-être que l'usage de la herse à disques sans utiliser
le vibroculteur pourrait aider à garder le chiendent bien enterré.
On devrait peut-être utiliser le vibroculteur dans le chaume, après
la moisson, pour faire remonter les racines de chiendent à la surface
afin qu'elles meurent et se fassent enterrer par la charrue.
3. N'utilisez pas de fertilisants. La fertilisation favorise la croissance
de mauvaises herbes. Les problèmes de mauvaises herbes dans ce
champ non fertilisé semblent avoir été réduits
considérablement par rapport au champ voisin de l'année
dernière.
4. Grainez la céréale. La présence de plantes cultivées
en sous-semis nuit à la croissance des mauvaises herbes. Le sous-semis
de trèfle rouge a semblé réduire la croissance du
chou gras en particulier.
5. Utilisez un semoir à céréales. Un semoir à
roue plombeuse est particulièrement nécessaire après
avoir travaillé notre sol léger avec la herse à disques.
De plus, il donne une germination plus uniforme.
6. Effectuez un hersage non sélectif aussi tard que vous l'oserez.
Nous avons obtenu de meilleurs résultats avec le sarclage non sélectif
effectué cette année 10 jours après le semis, que
l'année dernière quand nous avons passé la herse
5 jours plus tôt.
7. Désherbez aussi tôt que vous l'oserez. Cette année,
les plants de moutarde et de chou gras étaient plus petits, au
moment du sarclage, que l'année dernière. Cela peut avoir
été causé par le hersage non sélectif effectué
plus tard.
RAPPORT No 3, 2001
En collaboration avec Ralph Martin, nous avons emprunté la herse
bineuse Lely de 3 m (10 pi) au CANE pour la troisième fois.
Nous l'avons utilisée dans un champ de 2,51 ha (6,2 acres) d'orge.
Le champ était une prairie d'au moins 5 ans. La majeure partie
des plantes cultivées s'était épuisée et avait
été remplacée par les plantes sauvages. Le champ
avait précédemment produit de l'ensilage de foin. Le champ
était trop loin de la ferme pour recevoir du fumier liquide, mais
on y avait mis tous les ans environ 250 kg/hectare de 17-17-17. Le bilan
nutritif du champ n'était pas bon. On n'y trouvait pas de chiendent.
Nous avions labouré le champ l'automne Précédent
avec des charrues réversibles. Le champ ne comportait que peu de
résidus ou d'herbe, ni aucun sillon mort. L'herbe poussait seulement
là où les sillons terminaux ne rejoignaient pas adéquatement
le labour des extrémités.
Dans le but d'expérimenter avec le travail du sol réduit,
nous n'avons passé la herse à disques qu'une seule fois
sur le champ, le jour avant de semer.
Nous avons semé le champ à l'aide d'un semoir à
céréales à roues plombeuses à un taux de 136
kg/hectare le 2 mai. Avec ses disques rayonneurs doubles déportés,
le semoir a bien fonctionné malgré le travail du sol réduit.
Nous avons épandu 500 kg/hectare de 5-20-20 au champ semé
quelques jours plus tard. Nous avons employé ce taux sur les champs
pulvérisés aux herbicides également.
Une petite partie du champ (moins d'un cinquième d'hectare) était
trop humide pour permettre de travailler le sol et semer. Nous n'avons
pas réussi à semer cette parcelle avant le 28 mai. Comme
elle n'avait jamais été traitée aux herbicides, elle
a pu constituer en quelque sorte une parcelle de contrôle pour le
sarclage mécanique.
Nous avons utilisé le sarcloir pour effectuer un hersage non sélectif
du champ le 9 mai. Puisqu'il n'y avait aucune présence de chiendent,
le sarclage fut effectué très rapidement. Étant donné
que le sol n'était pas de niveau très égal en raison
du travail du sol réduit, et que le sarcloir n'était pas
muni de roulettes de terrage, sa pénétration dans la terre
n'était pas uniforme.
On a commencé à voir émerger les plants le 14 mai.
La germination a semblé égale dans les parcelles sarclées
et non sarclées.
Les plants ont commencé à atteindre le stade de 3 feuilles
le 23 mai. Nous l'avons sarclé en postémergence le 25 mai,
au stade de 2 à 3 feuilles. Nous avons conduit très lentement.
En raison du travail du sol minimal, le champ comportait des bosses et
des creux. Nous avons observé que les plants poussant sur les endroits
élevés étaient endommagés. Le sarcloir a même
totalement enterré les jeunes plantes à certains endroits.
Les champs voisins, semés en même temps et au même
taux, ont été pulvérisés avec du MCPA le 8
juin.
Nous avons comparé le champ sarclé et un champ pulvérisé
voisin quelques semaines plus tard. Le contrôle du chou gras a semblé
être aussi bon, ou meilleur, dans le champ sarclé que dans
ceux traités aux herbicides.
En juillet, seulement six à dix plants de moutarde suffisamment
gros pour qu'on puisse voir leurs fleurs au-dessus de l'orge se trouvaient
dans les 2,5 hectares (6,2 acres) du champ sarclé.
En août, la parcelle d'un cinquième d'hectare semée
tard, non désherbée et non arrosée, avait l'air épouvantable.
Elle contenait une grande quantité de vesce, de chou gras et de
graminées sauvages.
Nous avons battu la récolte tard, le 26 août, alors qu'une
partie des épis étaient tombés. Nous avons mesuré
le rendement en comptant le nombre de boîtes de moissonneuse-batteuse
de 125 boisseaux. Nous n'avons pu qu'estimer le rendement à 1/4
de boîte près. C'est pourquoi les différences de rendement
apparaissant dans le tableau suivant ne sont pas vraiment significatives.
Rendements :
Hectares Fertilisation Rendement Rendement à l'hectare
Sarclé mécaniquement 2,5 454 kg/ha 5-20-20 406 boisseaux.
162 boisseaux/hectare
Champ voisin arrosé 5,6 454 kg/ha 5-20-20 937 boisseaux. 167 boisseaux/hectare
Total de l'orge ci-dessus 27 454 kg/ha 5-20-20 4 219 boisseaux. 156 boisseaux/hectare
La moissonneuse-batteuse a coupé la paille d'orge. Nous avons
incorporé le chaume et avons haché la paille début
septembre à l'aide d'un passage de la herse à disques et
un hersage. Nous avons semé 16 kg/ha de radis huileux dans le champ
sarclé et 66 kg/ha de sarrasin dans le champ voisin.
En octobre, le champ était recouvert d'un engrais vert constitué
d'environ 50 % d'orge d'une hauteur de 30 cm (12 po), résidu de
la récolte, et de 50 % de radis huileux. Le sarrasin du champ voisin
a été tué par le gel à la mi-octobre, mais
le radis huileux a fleuri et était encore vivant au début
novembre.
Leçons apprises :
1. Utilisez des roulettes de terrage sur le sarcloir. Autrement, la profondeur
du sarclage varie en fonction des bosses et des creux sous les roues avant
du tracteur.
2. Aplanissez le champ. La présence de creux et de bosses nuit
au travail du sarcloir. Un seul passage de la herse à disques n'est
pas suffisant. Le passage du cultivateur, ou l'ajout d'un accessoire de
nivellement aux disques, seraient plus efficaces. La présence d'effaceurs
de traces sur le semoir serait également utile.
3. Ne vous inquiétez pas trop des plants enterrés au cours
du sarclage effectué en postémergence. Une grande part de
ces plants semble resurgir du sol. Les autres plants comblent aussi les
espaces en faisant de plus grandes talles. Nous n'avons pu observer aucune
diminution de rendement.
4. Méfiez-vous du radis huileux comme engrais vert. Les graines
de radis huileux ne germent pas toutes l'automne où elles sont
semées. Elles envahissent agressivement la culture de l'année
suivante. J'espère que nous n'avons pas fait entrer une nouvelle
mauvaise herbe sur la ferme.
RAPPORT No 4, 2002
Cette année, nous avons pris un engagement plus ferme envers le
sarclage mécanique par l'acquisition d'un sarcloir à dents
Einbock de 9 mètres (30 pieds) de HWE-AgriTech ltée d'Embrun,
Ontario. Nous l'avons utilisé dans un champ de 93,08 ha (230 acres)
de céréales de printemps.
Ce sarcloir possède des roulettes de terrage et des sections flottantes
qui suivent le contour du sol. Nous avons commandé le nôtre
avec les dents droites de 8 millimètres, au lieu des dents courbées
de 7 millimètres plus courantes. Ce fut notre pari. Les dents courbées
du sarcloir du CANE, lors du travail dans les résidus de chiendent,
avaient tellement ralenti le désherbage qu'il aurait été
impossible de travailler une plus grande surface cultivée en un
temps raisonnable. Sur les cultivateurs faits pour travailler dans une
grande quantité de résidus, on installe des dents droites
placées à angles faibles pour niveler. Nous espérions
qu'elles fonctionneraient dans le résidu de chiendent tout en assurant
toujours un sarclage adéquat dans nos sols légers.
Cette année, nous n'avons employé aucun engrais ni herbicide
dans aucun de nos champs.
1. Erb arrière (13 acres). Il s'agit du champ sarclé mécaniquement
en 2000. Nous avons labouré une prairie bien garnie de trèfle
rouge, incluant la partie aérienne, en avril, et semé 53
kg (118 lbs) d'orge Chapais le 8 mai. Nous l'avons sarclé en préémergence
8 jours après le semis et en postémergence à 26 jours.
Une petite parcelle de ce champ a été utilisée par
le CABC pour effectuer des essais d'orge. Il n'avait reçu aucun
engrais, ni herbicide, depuis 1999.
2. Erb/Crossman (23 hectares). Prairie labourée à l'automne
2001, passée à la herse à disques une fois, semée
le 8 mai avec 134 kg/ha d'orge Chapais, sarclée à 8 jours
et à 26 jours.
3. Skidmore (6 hectares). Le chaume de seigle d'automne a été
travaillé avec le vibroculteur et la herse à disques à
l'automne 2001 et au printemps 2002, sarclé à 7 jours et
à 28 jours et grainé avec de la fléole des prés
et du trèfle rouge à 29 jours.
4. Down Shore (34,40 hectares). Résidu d'orge passé au
cultivateur à l'automne 2001 et à la herse à disque
une fois au printemps 2002, semé du 5 au 7 mai avec 68 kg/ha d'avoine
Nova, sarclé à 6 - 7 jours et à 27 - 28 jours ; grainé
avec de la fléole des prés et du trèfle rouge à
30 - 35 jours.
5. Plough Shed North (12,55 hectares). Pâturage labouré
à l'automne 2001, passé à la herse à disque
une fois au printemps 2002, semé du 10 au 13 mai avec 134 kg/ha
d'orge Chapais. Le champ a été sarclé une fois en
postémergence à 9 jours.
6. Simpson's Small (1,2 hectare). Labouré à l'automne 2002,
passé au sarcloir et semé 13 jours plus tard le 21 mai avec
134 kg d'orge Chapais à l'hectare, puis sarclé en postémergence
à 22 jours.
7. Crossman arrière (12 hectares). Terre humide et lourde, labourée
à l'automne 2001, passée à la herse à disques
le 28 mai, sarclée une seule fois en préémergence
à 7 jours.
Rendements : (estimé d'après le nombre de boîtes
de moissonneuse-batteuse de 125 boisseaux)
1. Erb arrière 172 boisseaux d'orge/hectare
2. Erb/Crossman 116 boisseaux d'orge/hectare
et 7. Crossman arrière
3. Skidmore a été fauché en raison d'un mauvais contrôle
de la mauvaise herbe
4. Down Shore 109 boisseaux d'avoine/hectare
5. Plough Shed N 195 boisseaux d'orge/hectare
6. Simpson's Small 82 boisseaux d'orge/hectare
Leçons apprises :
1. Dents droites. Nous avons gagné notre pari. Les dents droites
ont travaillé sans bourrer, tant dans le résidu de chiendent
que dans les résidus de paille d'orge coupée qui n'ont pas
subi le passage de la charrue. En réglant au troisième de
cinq degrés (niveau moyen), le sarcloir a laissé les résidus
où ils étaient. Avec un réglage plus raide, on obtenait
des tas de résidus. Le sarcloir assurait tout de même un
bon travail du sol, suffisant pour le contrôle des mauvaises herbes.
Une herse bineuse à dents droites semble donc bien fonctionner
dans des conditions de travail du sol minimum.
2. Bordures des champs. Les champs labourés vers l'intérieur
présentent souvent des pentes dirigées vers les extrémités
extérieures. Les ailes d'un sarcloir large tendent à ne
pas suivre ce contour. C'est souvent le bord d'un champ qui comporte le
plus de mauvaises herbes. Le problème peut être résolu
en faisant le tour du champ avec les ailes soulevées, sarclant
avec seulement la section de 3 m (10 pi) centrale du sarcloir.
3. Herbes. Quoique le chiendent n'ait pas affecté le travail du
sarcloir, il a nui aux rendements. Les rendements faibles obtenus dans
les champs 2 et 7 sont dus au manque d'azote et à l'abondance de
chiendent. Les champs identifiés par le no 4 n'ont pas été
labourés et on y trouvait une quantité considérable
de plantes sauvages, ce qui a également affecté le rendement.
4. Labourage du trèfle. L'orge du champ 1 a été
cultivée sur un retour de trèfle dans un champ qui n'a reçu
aucun engrais ni fumier depuis presque 3 ans. C'est le rendement de 173
boisseaux/hectare obtenu ici qui donne la meilleure indication de ce que
peut accomplir une rotation biologique. Ce rendement égale approximativement
le rendement obtenu dans ce même champ en 2000, soit 178 boisseaux/hectare).
Les résidus de trèfle sont restés dans le sol à
l'automne ; on a alors semé du blé d'hiver C.A. Samson pour
2003.
5. Aplanir les champs. Les champs 5 et 7 étaient si rugueux après
un seul passage de la herse à disques que j'ai décidé
de ne pas prendre le risque d'effectuer un sarclage en postémergence.
Le contrôle des mauvaises herbes a tout de même été
bon. Je pense que cela vaut la peine d'aplanir les champs pour favoriser
le sarclage mécanique. Maintenant que je n'ai plus à m'inquiéter
des résidus de chiendent, je prévois réinstaller
les effaceurs de traces (qui font remonter les racines de chiendent) au
semoir.
6. Échec du contrôle des mauvaises herbes. Le sarclage n'a
pas enrayé la moutarde dans le champ 3, que j'ai décidé
de faucher. Donc, on a échoué sur 15 acres sur 230. Ce champ
avait donné une récolte de seigle d'automne l'année
Précédente, sans herbicides. Je ne connais pas la raison
de cet échec. L'avoine avait été semée très
légèrement (55 kg/hectare) et les pois ont pris beaucoup
de temps à germer. Les plantes cultivées n'avaient peut-être
pas été semées assez densément pour étouffer
la moutarde. Il est également possible que la réserve de
mauvaises graines de certains champs soit trop importante pour permettre
de cultiver des céréales de printemps avec sarclage mécanique.
Si nous avions commencé nos expériences sur le sarclage
mécanique dans ce champ, il est bien possible que nous ayons renoncé
dès la première année.
7. Sol compacté, désherbage avant le semis. Le champ 6
a été semé ainsi ; préparé le 8 mai,
désherbé et semé 13 jours plus tard, le 21 mai. Le
contrôle des mauvaises herbes fut adéquat, en dépit
du manque de sarclage en pré émergence. Cependant, les rendements
semblent avoir souffert considérablement, bien que notre manière
de mesurer le rendement soit très approximative. Le CABC a fait
des expériences précises du rendement obtenu avec un semis
tardif.
8. Semis tardif = émergence rapide. Dans nos conditions, semer
durant les premiers jours de mai permet une émergence en environ
10 ou 11 jours ; le sarclage en préémergence peut donc avoir
lieu entre le jour 7 et le jour 10. Cependant, les céréales
semées à la mi-mai germent en environ 7 jours et doivent
être sarclées plus rapidement en préémergence.
Je me suis fait avoir par ce phénomène et j'ai raté
mon sarclage en préémergence dans le champ 6, et sur la
parcelle expérimentale du CABC. J'ai noté que, bien que
le champ 6 ait été planté 13 jours plus tard que
les champs 1 et 2, les plants d'orge n'y sont apparus que 4 jours plus
tard que dans les champs 1 et 2, et ont été battus en même
temps.
9. Culture dense. La meilleure défense contre les mauvaises herbes
est une culture dense. Il est important qu'aucun orifice de sortie du
semoir ne soit bouché. Il est probablement plus facile de réussir
un sarclage mécanique dans un champ en culture unique de céréales,
semées à un taux de 156 kg (120 lbs) à l'hectare,
que dans une céréale semée à 52 - 78 kg à
l'hectare (40 - 60 lbs) grainée avec un mélange de trèfle
et graminées. Il est également probablement plus facile
de supprimer les mauvaises herbes dans une culture d'avoine haute que
dans un champ d'orge à paille courte.
10. Culture sous plantes-abris. La culture des graminées et du
trèfle en sous-semis présente plusieurs difficultés
pour le sarclage mécanique. D'abord, cela nécessite de semer
la céréale à un taux plus faible, ce qui laisse plus
d'espace aux mauvaises herbes. En second lieu, le sarclage mécanique
exige que le sous-semis soit retardé jusqu'à ce que le sarclage
en postémergence soit effectué, souvent plus d'un mois après
le semis de céréales. Un rouleau semeur progresse relativement
lentement, ce qui ajoute au retard. Si le sol est sec en juin, cela nuira
à la germination. Par opposition, lorsqu'on a recours au contrôle
chimique des mauvaises herbes, le sous-semis peut se faire à l'aide
du semoir à céréales au début mai. Le trèfle
rouge semble mieux réagir au sous-semis que le blanc. L'année
prochaine, je prévois essayer de semer du trèfle et des
graminées à la volée quelques jours avant le sarclage
en postémergence, enterrer les graines avec le sarcloir, et peut-être
passer le rouleau quelques jours après le sarclage. Un mauvais
grainage peut avoir comme conséquence une prolifération
du chiendent et d'autres mauvaises herbes les années subséquentes.
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