
Impact des plantes-abris sur le rendement des pommes de terres
Nathan S. Boyd, Rob Gordon, Sam K. Asiedu et Ralph C. Martin
Les conséquences à long terme de l'érosion de sol
sur la production de pommes de terre sont bien connues, et les plantes
abris sont lune des solutions auxquelles ont recours les producteurs
biologiques pour réduire l'érosion dans les champs de pommes
de terre. Les plantes-abri sont généralement constituées
de graminées ou de légumineuses qui sont cultivées
de manière intercalaire (c.-à-d. simultanément) avec
une culture commerciale. Les plantes-abri présentent de nombreux
avantages au point de vue de la régie des cultures et de la qualité
du sol :
- Elles aident à réduire l'érosion en maintenant
le sol couvert et en réduisant la vélocité du vent
et de l'eau avant qu'ils natteignent le sol.
- En recouvrant le sol, ils réduisent également les pertes
dhumidité du sol et font concurrence aux mauvaises herbes.
- Une fois enfouies, les plantes-abri rendent des nutriments et de la
manière organique au sol. Cela aide à entretenir la structure
de sol et à réduire encore davantage les risques d'érosion.
- Si les plantes-abris sont constituées, en tout ou en partie
de légumineuses, elles améliorent également la
fertilité du sol en fixant lazote atmosphérique.
Cependant, alors que l'utilisation de plantes-abri peut contribuer à
réduire le taux d'érosion, améliorer la structure
du sol et la fertilité ainsi que de diminuer la concurrence des
mauvaises herbes, elles peuvent, en contrepartie, avoir des effets indésirables
en concurrençant la culture pour les nutriments, l'eau, etc...
Pour étudier plus étroitement cet effet de contrepoids
dans la production de pommes de terre, les chercheurs du Collège
d'agriculture de la Nouvelle-Écosse, de Truro (N.-É.) ont
effectué une recherche étalée sur deux ans, en 1997
et 1998. Les divers traitements employés chaque année sont
résumés au tableau 1. Chacun de ces traitements a été
évalué sur deux variétés de pommes de terre
(Russet Burbank et Island Sunshine) pendant deux ans.
Tableau 1. Traitement pour les essais de plantes-abris - 1997, 1998
:
En plus du rendement en tubercules et du développement des plants,
les chercheurs ont également étudié les effets des
plantes-abri sur l'humidité de sol. Les résultats de
ces recherches ont révélé que :
- Les rendements en tubercules n'étaient pas sensiblement différents
selon quils soient soumis à une régie biologique
ou conventionnelle. Les deux années, le taux dhumidité
du sol est demeuré inférieur de manière importante
dans les parcelles témoins conventionnelles convention par rapport
aux parcelles biologiques où on a semé des plantes-abri.
Cependant, puisque le niveau d'humidité n'a pas été
observé dans les parcelles biologiques sans couvre-sol, on ne
peut dire si cela était attribuable à l'effet de couvre-sol
ou à l'application de fumier dans les parcelles biologiques.
- Parmi les types de couvre-sol étudiés, seule lherbe
indigène a compromis le développement des plants et le
rendement total en tubercules. Puisque les autres plantes-abri ont été
plantées après le buttage, le temps alloué pour
que ces dernières fassent concurrence à la culture sen
est trouvé réduit et le développement des plants
et des tubercules n'a pas été affecté.
- Le fait de planter les tubercules sous une couche de paille ou de
foin a également eu une incidence sur le développement
des plants et a diminué le rendement en tubercules. Bien que
les paillis de foin ou de paille aient généralement eu
comme conséquence un niveau accru d'humidité dans le sol,
le développement des plants et le rendement ont très probablement
été perturbés par la diminution de la température
du sol au début de la saison de croissance.
- Le fait de planter les pommes de terre sur billons a réduit
le rendement en tubercules de catégorie Canada numéro
1 en 1998, particulièrement pour les rangs intérieurs.
Cela sexplique par le fait que l'espace moindre entre les rangs
de plants a accru la concurrence pour les nutriments du sol.
Chercheurs :
Nathan S. Boyd1, Rob Gordon2, Sam K. Asiedu3 et Ralph C. Martin3
1- Département de phytologie, Université du Manitoba
2- Département dIngénierie et
3- Département de phytologie et de zoologie,
Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse
C.P. 550
Truro (N.-É.) B2N 5E3
Site Web
Personne ressource :
Courriel, Ralph Martin, rmartin@nsac.ca
(902) 893-6679
Référence :
Boyd, N.S., Gordon, R., Asiedu, S.K. et Martin, R.C. 2001. Limpact
des engrais verts sur le rendement en tubercules des pommes de terres
(Solanum tuberosum L.). Biological
Agriculture and Horticulture, 18 : 203-220.
Liens connexes :
Le lien ci-dessous fournit un résumé des différentes
méthodes utilisées pour prévenir d'érosion
et gérer les ressources en eau et en nutriments en agriculture
biologique :
Méthodes
culturales de conservation du sol et agriculture biologique incompatibles
?
Av Singh, Centre d'agriculture biologique du Canada
|