
La conscience alimentaire et le potentiel radical de l’éco-gastronomie
: Terra Madre et le Slow Food
Mark Juhasz
Programme d’études rurales
École de design environnemental et de développement rural
Université de Guelph
mjuhasz@uoguelph.ca
Résumé
L’organisation Slow Food et son événement biannuel
Terra Madre se sont imposés comme les précurseurs d’une
manière radicalement nouvelle de conjuguer individus, agriculture
et alimentation.
Né dans les années 1980, en réponse à la
puissance croissante des modes de production alimentaire conventionnels,
le mouvement Slow Food (ou éco-gastronomie) est devenu un vaste
réseau international.
En octobre 2006, la deuxième édition de Terra Madre s’est
déroulée à Turin (Italie). Agriculteurs, éducateurs,
chefs cuisiniers et divers groupes d’intérêt de l’alimentation
étaient au rendez-vous. Au menu des discussions : les réseaux
de producteurs, les relations entre cuisiniers et établissements
de formation, l’agroécologie et l’accès aux
marchés.
Les délégués ont abordé les thèmes
de la diversité des espèces végétales et animales,
de l’enseignement dans le domaine de l’agro-biodiversité,
ainsi que de l’économie des ressources agroalimentaires,
aux niveaux international et local. L’idée voulant que la
gastronomie soit de nature élitiste est bien loin des préoccupations
et de la mission de Slow Food et de Terra Madre.
Leur objectif est plutôt de ramener les dimensions culturelles,
spirituelles et collectives de l’alimentation au cœur du débat
sur le système agroalimentaire international actuel.
Le réseau du Slow Food est nettement décentralisé.
De par le monde, ses membres s’organisent en regroupements locaux
qui travaillent à trouver des solutions à des problèmes
particuliers relatifs à l’alimentation et à l’agriculture.
Un tel mode de fonctionnement présuppose, de la part de ses membres,
une conscience politique et un engagement actif au sein de la collectivité,
si l’on prend en considération l’état des choses
relativement à la nature, la modalité et la réalité
géographique de la disponibilité alimentaire.
La pertinence de ces principes se mesure à l’aune des défis
propres à notre époque, qu’il s’agisse de durabilité
des écosystèmes ou de la santé du corps social, physique
et psychique.
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Affiché en octobre 2007
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