
Horizons alimentaires biologiques et commercialisation de la notion
de provenance
Andrew Biro
Département de sciences politiques
Université Acadia
andrew.biro@acadiau.ca
Josée Johnston
Département de sociologie
Université de Toronto
jjohnsto@utm.utoronto.ca
Résumé
À l’heure actuelle, des impératifs écologiques
nous incitent fortement à mettre sur pied des systèmes alimentaires
à échelle locale favorisant la démocratie et la durabilité.
L’entreprise privée présente de plus en plus ses produits
mondiaux comme étant adaptés et sensibles aux populations
locales, aux lieux et aux désirs individuels des consommateurs.
Dans cet article, nous soutenons que le discours mondialisé du
consumérisme remplace l’esprit écologiste du localisme
par une conception fétichisée de la notion de provenance
ou de terroir. L’examen des contenus et du discours entourant ce
phénomène propre aux horizons alimentaires biologiques à
grande échelle suggère que le fétichisme du lieu
de provenance sert à vendre une sorte de respectabilité
environnementale qui camoufle des chaînes de transport de produits
sur de très longues distances, un commerce mondialisé et
un contrôle commercial centralisé.
Notre but n’est pas simplement de faire ressortir l’hypocrisie
d’une industrie agricole mondialisée qui revendique un ancrage
dans les collectivités locales, mais également de tenter
de comprendre comment et pourquoi cette stratégie est employée
si massivement.
Nous basant sur des débats organisés autour des questions
du capitalisme de consommation mondialisé et des politiques d’échelle,
nous offrons des suggestions à l’intention des mouvements
en faveur de l’alimentation de proximité et soulignons les
limites, en ce qui concerne la durabilité, des stratégies
axées sur les consommateurs.
English
Affiché en octobre 2007
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