Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

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CABC –– Rapport de la coordonnatrice pour les Prairies, automne 2005

Brenda Frick et Jennifer Bromm

Notre rôle au sein du CABC est de mener, de coordonner et de diffuser des recherches centrées sur le producteur portant sur l’agriculture biologique au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Après une période d’incertitude quant à nos ressources financières, nous allons résolument de l’avant. Nombre de projets de recherche dans le secteur biologique sont en cours dans les Prairies.

La recherche au Manitoba
Nous avons achevé deux saisons de recherches sur le terrain pour nos projets portant sur des façons d’accroître la disponibilité du phosphore dans les systèmes biologiques.

    • L’essai mené par Martin Entz à l’Université du Manitoba, Robert Guilford et les Kroeker Farms portait sur des cultures de couverture de sarrasin, de moutarde, de trèfle d’Alexandrie, de fèverole, de sorgho fourrager et d’avoine. Toutes ont semblé en mesure d’assimiler le phosphore du sol. Les récoltes de blé après cultures de graminées ont montré des signes de carence en azote. Après la culture d’engrais verts de légumineuses, le blé ne semblait pas carencé en azote, et on enregistre le même résultat après culture de sarrasin ou de moutarde. La production de pommes de terre est meilleure après des cultures de légumineuses et moins bonne après celle de sorgho fourrager. Apparemment, les épandages d’engrais, de phosphate de roche et de Jumpstart ont moins d’impact que les cultures de couvre-sols. L’analyse de la teneur en phosphore des cultures indicatrices n’est pas terminée, mais nous espérons qu’elle nous permettra de juger de l’incidence des couvre-sols et des amendements sur la disponibilité du phosphore. Martin met en ligne les données et les photos de cette recherche et de quelques autres à l’adresse http://www.umanitoba.ca/outreach/fewerchemicals/research/greenmanure.html NE FONCTIONNE PAS
    • La recherche menée par Marci Monreal et Cynthia Grant du Centre de recherches de Brandon (AAC), Gerry Wilson et Tom Curtis portait sur l’apport de Myke, de Jumpstart et de phosphate de roche dans diverses combinaisons de lin suivi d’avoine. On évalue actuellement l’assimilation du phosphore dans les tissus végétaux et on examine les racines pour juger du développement mycorhizien. Sur le terrain, les chercheurs n’ont pas observé de différences importantes dans les rendements des cultures.
Autres projets au Manitoba
    • Marie-Soleil Turmel, étudiante de 3e cycle avec Martin Entz à l’Université du Manitoba s’intéresse aux paillis de trèfle Kura et de luzerne lupuline semés sur du lin. Elle étudie la colonisation mycorhizienne et l’assimilation de l’azote et du phosphore par le lin cultivé en association avec ces légumineuses autorégénérantes.
    • Jackie Pridham, étudiante de 3e cycle avec Martin Entz à l’Université du Manitoba, s’intéresse à diverses façons d’accroître la diversité. Son étude porte sur des mélanges de diverses variétés de blé, des mélanges de céréales, et des mélanges de blé et de plantes herbacées à feuilles larges. Elle a noté une tendance à des rendements plus élevés des mélanges de blé, des mélanges de céréales, et du blé semé avec de la vesce velue. Jackie est la première récipiendaire de la bourse de recherche et d’éducation de la Organic Crop Improvement Association.
    • Alison Nelson a achevé son mémoire (dir. Jane Froese) sur les risques d’érosion du sol. On reproche souvent aux producteurs biologiques de remplacer l’apport de produits chimiques par un travail du sol susceptible d’accroître l’érosion. Alison a constaté que, même si moins d’agriculteurs biologiques pratiquent le semis direct sans labour – comparativement aux agriculteurs conventionnels ––, ils sont plus enclins à recourir à des vivaces et à des engrais verts favorisant la formation du sol, et à faire appel à des pratiques comme les brise-vent, la culture en courbes de niveau, le travail du sol sur billon ou l’épandage de compost sur leurs terres. Les fermes biologiques affichaient des teneurs en carbone organique moins élevées sans que cela ait une incidence sur la stabilité des agrégats du sol. Selon la chercheure, les sols des systèmes biologiques affichent peut-être des teneurs plus élevées de certains types de carbone qui stabilisent davantage ces agrégats. Alison a également découvert que le type de rotations –– en particulier l’inclusion de vivaces –– était plus important pour la qualité du sol que l’adoption d’une démarche biologique ou non pour la ferme. Contrairement à une affirmation répandue, elle a constaté que le mode d’exploitation biologique n’accroît pas obligatoirement les risques d’érosion du sol. Alison Nelson a été la récipiendaire pour 2004 de la bourse Mary Perlmutter offerte par les Canadian Organic Growers.
    • Le laboratoire de campagne de cultures biologiques installé à Carman sous la direction de Martin Entz est maintenant en production certifiée biologique. Leurs 10 acres sont divisées en 6 parcelles, ce qui permet une rotation sur 6 ans avec une phase de rotation différente dans chaque parcelle. La rotation comprend engrais vert – céréale – légumineuse à graines – engrais vert – graine oléagineuse - céréale. La recherche s’effectue dans la phase de rotation la plus appropriée. Par exemple, la recherche sur la sélection de blé biologique et l’étude de Jackie Pridham sur la culture intercalaire sont effectuées au moment où la rotation en est à la phase « céréale ». Martin se sert du laboratoire de campagne de cultures biologiques afin d’encourager les scientifiques à lancer des projets de recherche dans ce secteur.
    • Gerry Dube a organisé une journée sur le terrain pour le Organic Food Council [conseil de l’alimentation biologique] du Manitoba; il y a fait la démonstration de son système de gestion du compost. Il espère qu’un compostage adéquat dans les fermes laitières réduira la quantité d’éléments nutritifs qui sont lessivés vers les cours d’eau et qu’une plus grande quantité d’entre eux seront transformés en amendements utiles. Gerry dispose du fumier et de la litière de paille en longs andains. À l’aide d’une machine qu’il a construit lui-même pour près de 25 000 $, il retourne les tas afin de mélanger les matières et d’assurer le processus d’aérobie. Tiré par un tracteur de 68 hp, le «vire-andains» de Gerry comporte 112 lames montées à des angles précis pour un mélange et une reformation des tas optimaux. Selon le temps qu’il fait, il a besoin de cinq ou six manipulations pour achever le processus, avec, le cas échéant, un apport d’eau destiné à maintenir un taux de 50 ou 60 % d’humidité.
Recherche en Saskatchewan
    Ces projets sont en cours dans des fermes biologiques de la Saskatchewan :
    • L’expérience de hersage s’est poursuivie pour une troisième année. Cette année, le temps s’est montré plus coopératif, et les producteurs ont été en mesure d’aller dans leurs champs pour procéder au hersage. Nous remercions Nelson Collinge, Marc Loiselle, Kim Tomlin, Wayne Hovdebo, Chris Hovdebo, Kirby McCuiag, Bob Willick, Rob Stafford et Dave Cook qui ont pris part à l’expérience. Ils ont effectué, selon leur degré de participation, des comparaisons entre parcelles hersées et non hersées sur huit parcelles différentes, y compris 0, 1, 2 ou 3 hersages répétés dans une autre partie du champ. Comme au cours des années précédentes, nous avons mesuré les peuplements de cultures et de mauvaises herbes au milieu de l’été, puis des échantillons de biomasse à l’automne. Jennifer travaille sur ces échantillons et à la compilation des données.
    • Le deuxième projet pour 2005 est une étude sur les engrais verts démarrée en partenariat avec le comité Research and Education de l’OCIA (Organic Crop Improvement Association) et gérée en collaboration avec Kirby McCuaig de Eastend, et Norm Bromm de Tisdale. Ce projet met l’accent sur 4 options pour une année de jachère. Dans chaque ferme, on a choisi 2 couvre-sols appropriés. Les deux agriculteurs ont opté pour les pois, mais Kirby a également choisi la gesse cultivée tandis que Norm optait pour l’avoine. Chaque ferme comprenait également une jachère herbée, où les mauvaises herbes servaient d’engrais vert, et une jachère noire où elles étaient retirées par travail du sol tout au long de la saison. Pour les parcelles en jachère herbée et en couvre-sols, une partie a été retournée et une autre a été fauchée. Des échantillons de sols ont été recueillis au printemps, au début de l’expérience. On a relevé les biomasses des couvre-sols et des herbes de la jachère; l’an prochain, des échantillons de sol et de cultures nous permettront de comparer les avantages des diverses options.
    • Une petite parcelle d’essai a été établie par Norm Bromm afin d’étudier l’utilisation des granulés de luzerne en engrais. Les granulés étaient plus petits que ceux qui entrent dans l’alimentation du bétail, ce qui a facilité leur épandage. Quatre taux d’application de granulés ont été utilisés : 0, 250, 500, et 750 lb/acre. On a semé de la moutarde brune dans les parcelles, et recueilli des échantillons en vue de comparer les rendements.
    • Roxanne Beavers a achevé son projet de recherche sur des densités accrues de semis de blé de printemps. Elle a découvert que dans de petites parcelles de Nouvelle-Écosse, une densité plus élevée de semis s’est traduite par une augmentation de rendement et une diminution de la biomasse des mauvaise herbes. À travers le Canada, l’accroissement de la densité se répercutait positivement sur les rendements. Dans la plupart des régions (à l’exception du Canada central), on a noté une réduction de la biomasse des mauvaises herbes. Roxanne a découvert qu’en règle générale, une densité 1,25 fois supérieure à la « normale » est la meilleure pour le blé biologique. Elle a dédié son mémoire aux agriculteurs qui l’ont aidée à accomplir ce travail en soulignant que « l’enthousiasme des producteurs biologiques [l’a] inspirée, et qu’il faut les féliciter de leur capacité à prendre part aux recherches. »
Autres projets en Saskatchewan
    • Rachel Buhler, une étudiante de 3e cycle de l’Université de la Saskatchewan, qui étudie avec Steve Shirtliffe et Diane Knight a achevé son projet portant sur la fertilité du sol et sur les peuplements de mauvaises herbes dans les fermes biologiques et conventionnelles. Elle a découvert qu’en ce qui concerne l’azote, les fermes biologiques affichent une teneur qui va de correcte à carencée, mais qu’elles ont toutes une carence en phosphore. Les peuplements de mauvaises herbes des fermes biologiques s’apparentaient à ceux des fermes conventionnelles, mais la moutarde sauvage et le chénopode blanc étaient plus abondants. La diversité de la rotation influe davantage sur le type de mauvaises herbes que le choix d’un mode d’exploitation biologique ou conventionnel.
    • Simon Weseen –– Université de la Saskatchewan –– a rédigé plusieurs rapports sur la mise en marché, le commerce et les normes de certification. Ils sont disponibles à http://organic.usask.ca/reports.htm
    • Eric Johnson (Centre de Scott – AAC) et Steve Shirtliffe à l’Université de la Saskatchewan continuent la recherche sur les méthodes de travail du sol mécanique en vue de réduire les peuplements de mauvaises herbes.
    • Le travail d’amélioration génétique en vue de conditions biologiques de culture se poursuit au Crop Development Centre. Le travail de sélection de Gord Rowland porte sur la maturité hâtive du lin. Avec Steve Shirtliffe, il étudie des variétés qui donnent de bons résultats en semis tardifs. Retarder les semis peut éliminer certains problèmes de mauvaises herbes. Pierre Hucl compare 46 cultivars et 100 souches généalogiques de blé en matière de capacité compétitive. Brian Rossnagel a mis au point une orge fourragère à faibles niveaux d’intrants –– le CDC Cowboy –– pour les producteurs biologiques. La plante germe, couvre rapidement le sol et maintient son rendement même en conditions de stress.
    Points saillants de la journée biologique sur le terrain à la ferme expérimentale de Scott, animée par Stewart Brandt, Eric Johnson et Sherrilyn Phelps
    • La Alternate Cropping Study qui compare des systèmes de travail du sol biologiques, conventionnels et réduits a montré qu’en général, les rendements en système bios atteignent 60 % de ceux des conventionnels. Les parcelles biologiques étaient aussi rentables que les conventionnelles, si la moitié des récoltes était vendue comme biologique. Si toutes les récoltes étaient vendues comme biologiques, les parcelles biologiques s’avèrent les plus rentables. Toutes les parcelles biologiques ont affiché une carence en phosphore. Il a fallu inclure une légumineuse dans 3 des 6 années afin d’ajouter plus d’azote. Les parcelles biologiques étaient de plus en plus envahies par les mauvaises herbes, mais leur maîtrise n’a pas été particulièrement problématique. On a noté une diminution de la folle avoine; la lutte mécanique a donné d’excellents résultats dans les parcelles de pois, surtout contre la sétaire verte, l’amarante réfléchie et le chénopode blanc.
    • Le désherbage mécanique après les semis ou avant l’émergence a donné d’excellents résultats avec les pois. Un sarclage minimal à la houe rotative à pointes a permis de maintenir les déchets sur place. Quel que soit l’équipement, un seul passage a été rarement concluant en matière de désherbage. Plusieurs passages ont été nécessaires avec la houe rotative; 2 passages ont souvent donné les meilleurs résultats avec les herses. Avec les herses, si le champ est complètement noir, le travail est trop agressif.
    • Wanda Wolf a traité des bénéfices à tirer de la culture et de la récolte d’herbes comme le pissenlit, la capselle (bourse-à-pasteur), le millepertuis, l’ortie et le Gaillet gratteron; Larry Marshall suggère de semer de la grande consoude dans les pâturages comme herbe médicinale pour le bétail. Il a également recommandé l’utilisation du chanvre finola.
    • On a comparé des variétés de céréales issues de programmes de sélection passés et actuels. En mode d’exploitation biologique, les variétés d’orge, d’avoine et de blé dur cultivées de longue date n’ont pas mieux performé que les souches généalogiques récentes. Les variétés plus anciennes d’orge et d’avoine ont souvent donné de moins bons résultats que les variétés récentes. Quelques variétés de blés anciennes, comme le Red Fife et Red Bobs, ont donné de bons résultats malgré une maturation tardive.
    • Parmi les autres projets, on compte : les agents de lutte biologique contre le pissenlit, la sétaire verte et l’avoine folle; l’utilisation du radis cultivé (raphanus sativus) en culture de couverture; fauchage des céréales en cours de culture dans la lutte aux mauvaises herbes; apport annuel de compost pour la fertilité du sol.
    Faits saillants des journées d’information sur le terrain de la Saskatchewan
    • OCIA (Organic Crop Improvement association) SK#2 –– rencontre à Maymont (Sask.). La réunion s’est tenue dans la vielle école de Maymont où cette section de l’OCIA a mis sur pied une installation de nettoyage de semences. Après un savoureux barbecue, un tour des cultures a eu lieu; entre autres : Red Fife, fenugrec et bourrache.
    • OCIA SK#1 –– rencontre dans la région de Torquay. Nous avons consacré la journée à faire le tour de diverses cultures : chanvre, lin doré, et quelques variétés de féveroles. Ce tour s’est conclu par un délicieux repas au Torquay hall.
    • SOCA/SOPA a organisé une journée sur le terrain dans la région de Tisdale. La tournée en autocar a commencé par un champ de blé semé en sillons croisés. Elle s’est poursuivie par une culture intercalaire blé/lin, un champ de chanvre, une étude sur l’engrais vert, et un champ de lin semé à une densité de 50 lb/acre. Un barbecue et une réunion ont conclu la journée.
    • OCIA SK#5 –– rencontre à la ferme d’Arnold Taylor près de Kenaston. Arnold nous a montré ses pois en semis directs, ainsi que des blés d’hiver et d’été, du lin et du seigle d’automne. Il nous a parlé de la mise en pâture hivernale des chaumes, nous a montré sa méthode de lutte au chardon par la vanesse de Virginie, sa jachère de mauvaise herbes et une clôture électrique montée sur des poteaux de saule vivants. Il a même fait la démonstration de la biodiversité qui règne dans sa ferme en nous donnant la chance d’apercevoir un couple d’orignaux. Nous avons ensuite fait la tournée des environs vers la Farm Research Foundation, avec Elmer Laird. Elmer nous a montré plusieurs cultures intercalaires, notamment avoine/pois, orge/moutarde, lentille/lin; des cultures de radis cultivé, de chanvre finola, d’épeautre, de blé de printemps, ainsi qu’un caveau à légumes. Nous avons ensuite visité le Craik Ecocentre. La nourriture était délicieuse, chez Elmer comme à la Willner farm.
    • OCIA SK#8 –– rencontre près de Tompkins, chez les Forsyth. Ils nous ont montré leurs champs de kamut, de luzerne, de pois et de lentilles. Ils sèment généralement tôt et à de fortes densités. Cette année, ils ont semé en semis directs un mélange de pois/avoine pour l’ensilage. Selon eux, le kamut est une culture intéressante dans les champs enclins aux mauvaises herbes, à cause de sa hauteur. Ils ont également des chevaux Tennessee Walker et des chiens de gibier à plumes entraînés sur leurs terres pendant l’été. Les Forsyths nous ont également accompagnés pour un tour des Great Sandhills où on trouve des dunes stables et ouvertes. Ils ont offert un savoureux souper et le petit déjeuner à ceux et celles qui ont campé sur place.
La recherche en Alberta
    Projets dans les installations de recherche albertaines
    • Jill Clapperton (Lethbridge, AAC) a été l’hôte d’un séminaire à l’Univ. de Lethbridge et d’une journée portes ouvertes à la station de recherches.
      o Perry Miller de l’Univ. du Montana a parlé des bienfaits de l’absence de travail du sol pour la matière organique, du labour de pois biologiques pour l’apport en azote, et des rotations de plantes fourragères. Jill a souligné que l’inclusion du canola dans les rotations était bénéfique pour les organismes du sol.
      o Karl Kupers de Shepherd’s Grain a parlé de la mise en marché des produits agricoles à identité préservée.
      o Le dîner était offert par l’Université de Lethbridge.
      o Au cours de la journée sur le terrain, Jill a parlé de l’importance de diversifier les rotations afin d’apporter des éléments nutritifs diversifiés aux organismes du sol. Elle recommande les mélanges de cultures aux fins d’ensilage et de fourrage. Jill nous a montré plusieurs cultures de couverture ayant du potentiel, notamment la vesce, la vesce velue, le sarrasin, et des annual medics, la physalie et le trèfle souterrain. Ce dernier semble particulièrement intéressant, car il pousse en surface, résiste aux insectes, s’enracine en profondeur, ne concurrence pas les cultures, couvre bien le sol et est bénéfique pour la mycorhize. Ses mélanges préférés sont gesse cultivée/radis cultivé et pois/avoine/vesce velue.
      o Bob Blackshaw nous a montré son étude de neuf ans sur les rotations qui compare, entre autres, 3 rotations biologiques. Ces rotations sont très variées : l’une a une base de blé, une autre est diversifiée et la troisième inclut des annuelles hivernales. Bob estime que le chercheur doit parfois accepter l’échec. Les chercheurs qui n’échouent jamais ne tentent pas d’approches risquées et donc ne peuvent éliminer les plus faibles. Bob travaille à un projet de travail du sol biologique réduit.
    • Dean Spaner supervise trois étudiants de 3e cycle dans une étude portant sur la sélection de blé biologique à l’Université de l’Alberta. Amy Kaut compare des mélanges de blés haut, moyen et court, et de blé, avoine et triticale. Elle conclut que les mélanges blé/avoine sont intéressants, car l’avoine aide le blé à résister à la verse. Heather Mason a étudié plusieurs variétés de blés sélectionnées au cours du siècle dernier, et a comparé leur croissance en modes d’exploitation biologique et conventionnelle. Elle a également commencé à s’intéresser aux qualités boulangères de différents blés. Todd Reid étudie la capacité concurrentielle du blé.
    • Neil Harker, George Clayton et Kelly Turkington (Lacombe, AAC) suivent plusieurs essais portant sur les défis à relever dans les systèmes biologiques. Leur essai de rotations compare des systèmes biologiques avec et sans apport de compost à des systèmes conventionnels sans pesticides et sans travail du sol. Ils ont aussi étudié l’impact de diverses approches comme des densités de semis plus élevées, le recours à des variétés concurrentes et l’utilisation de rotations variées. L’incidence de chaque approche a été marquée mais combiner ces méthodes gagnantes donne de bien meilleurs résultats que chacune des méthodes utilisée individuellement. D’autres solutions de lutte aux mauvaises herbes comprenaient le fauchage hâtif de produits d’ensilage pour la lutte à la folle avoine, l’utilisation de céréales hivernales hautes, et de variétés de Lathyrus polyphyllus //leafy pea semées en plus grande quantité (râteaux plutôt que lames).
    Faits saillants des visites de fermes en Alberta
    • Busy Bea’s Market Garden près de Lethbridge cultive les tomates, les concombres, les fines herbes, les courges, les oignons, les pommes de terre et l’ail qu’ils vendent au marché fermier de Lethbridge. Ils pratiquent une rotation souple qui comporte entre autres du seigle d’automne et du sarrasin.
    • Keith, Bev, Will, Lisa et Marie Everts sont les producteurs du Diamond Willow. Ils ont remporté le prix Calgary Stampede Farm Family en 2003. Ils élèvent du bétail dans la région de la magnifique Gladstone Valley, dans le Sud albertain. Selon Keith, les problèmes de mauvaises herbes peuvent être réduits par l’épandage de fumier, le choix de la période et de la durée de la mise en pacage. Il a déplacé le vêlage (traditionnellement en février) au mois de mai et juge que c’est mieux pour les veaux, l’herbe et les arbres. Ils posent les anneaux et les plaques à la mise bas des veaux, puis les castrent et les marquent à la fin du mois. Le sevrage a lieu en décembre lorsque la rivière est gelée afin de réduire le stress et les risques de maladie. Leur objectif est un poids optimal net de viande de 650 à 720 lb. Diamond Willow a un distributeur de boeuf frais à Vancouver, et ils se préparent à prendre de l’expansion.
    • Rosemarie Wotske de Poplar Bluff Farms produit 11 variétés de pommes de terre qu’elle vend dans une cinquantaine de restaurants de la région de Calgary. Ils estiment que leur clientèle cherche la qualité avant tout, un produit local, un excellent service, et surtout un produit biologique. Ils ne vendent que leurs meilleures pommes de terre aux restaurants, et le reste chez les détaillants. Leur processus est très contrôlé, et ils disposent également de grandes installations d’entreposage à atmosphère contrôlée. Ils se servent de l’essence de menthe pour limiter la germination et lavent et calibrent leurs pommes de terre juste avant leurs livraisons hebdomadaires.
    • Ron Hamilton et Steve Snider ont accueilli une journée biologique sur le terrain en juillet près de Camrose (Alb.). Ron a organisé un grand tour de sa ferme biologique; nous avons pu voir ses élevages bios de poulets, de porcs et de vaches. Steve nous a éblouis avec quelques-unes de ses méthodes agricoles et une visite de son installation de nettoyage de semences et de son moulin à farine.
    • Orchard Palace a fêté sa grande ouverture, plusieurs anniversaires, et a tenu une tournée des champs en juillet. AOPA et les Chrapkos ont également réuni une palette impressionnante de chercheurs qui se sont adressés aux participants. o Chris Neeser d’Alberta Agriculture a suggéré aux maraîchers de consulter les livres de cuisine récents pour se faire une idée des tendances actuelles dans le domaine des légumes. Les secteurs « chauds » en ce moment sont ceux des mini-légumes et des légumes de nouvelles couleurs. Chris a également parlé de la vesce velue qui s’avère un paillis utile, particulièrement pour les tomates, des abris-serres et de la culture hydroponique comme possibilités intéressantes.
      o Ken Fry du Olds College a parlé de la lutte biologique de conservation dans laquelle on fait appel le plus possible à des agents naturels. Il nous a rappelé que seulement 1 % des insectes sont des ravageurs à l’échelle mondiale et que la proportion est encore moins grande dans les Prairies. Parmi les prédateurs qu’ils nous a présentés, on compte les mite maggots, les guêpes, les chrysopes, les coccinelles, les syrphe, les punaises anthocorides, les nématodes, les géocorinae, les carabes, les araignées sauteuses, et les stratiomes. Il suggère d’entretenir des jardins à insectes avec des plantes variées dans le but de récolter les insectes utiles.
      o Medhat Nasr d’Alberta Agriculture a présenté les défis qui entourent la production de miel biologique. Pour qu’un miel soit biologique, il ne peut y avoir de cultures conventionnelles dans un rayon de 10 km. L’élevage biologique des abeilles est également menacé par le PMS (syndrome de l'acarien parasite). Les solutions biologiques incluent l’accroissement de la résistance aux acariens et une hygiène très poussée (partage de la ruche en été), stérilisation du matériel par le feu et les huiles essentielles.
      o Rick Sawatsky et Bob Bors de l’Université de la Saskatchewan ont parlé de l’amélioration génétique des fruits. Pour les pommes, les progrès portent surtout sur la rusticité hivernale. Le feu bactérien est causé par des teneurs élevées en azote –– Rick a résumé cela en disant « plus le gazon est beau, plus les arbres sont morts ». La nouvelle Saskatchewan Prairie Sun est recommandée en tant que pomme déclassée très prolifique. Les cerises sures naines actuellement mises au point sont les meilleures en matière de saveur douce, de facilité de cueillette et de taille. Les baies du chèvrefeuille (Lonicera caerulea)//Blue honeysuckles offrent des débouchés prometteurs.
      o Thean Phen a parlé des apoïdes, des maladies et des ravageurs, et fait une démonstration de méthodes de greffe.

Nous tenons à remercier tous les chercheurs, les groupes et les agriculteurs biologiques qui ont accepté de nous guider dans leurs champs au cours de l’été. Nous sommes particulièrement reconnaissants envers les agriculteurs qui ont collaboré à nos recherches.

N’hésitez pas à communiquer avec moi si vous avez des commentaires, des suggestions, des recommandations ou des innovations dont vous voulez nous faire part :
Brenda Frick, a/s Department of Plant Sciences, Université de la Saskatchewan, 51 Campus Drive, Saskatoon, SK, S7N 5A8
Tél. : (306) 966-4975; Téléc. : (306) 966-5015; Courriel : brenda.frick@usask.ca

 

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