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Sources et gestion du phosphore dans les systèmes de production biologique

Nathan O. Nelson1* et Rhonda R. Janke2

Le marché des fruits et des légumes bio est parmi les créneaux agricoles en plus forte croissance. Devant la demande accrue pour des produits cultivés biologiquement, de plus en plus d’agriculteurs envisagent d’opter pour ce type d’agriculture. Il y a par ailleurs un intérêt croissant pour le maintien d’une production optimale en agriculture biologique, ce qui implique une gestion appropriée des éléments nutritifs.

Les objectifs de la présente analyse documentaire étaient de résumer l’état actuel des connaissances sur les effets de la gestion biologique sur la disponibilité du phosphore (P), de décrire cette disponibilité dans les sources acceptées de P en agriculture biologique, et de passer en revue les pratiques de gestion exemplaires susceptibles de diminuer les risques environnementaux associés à la gestion du P dans les systèmes biologiques.

En production agricole biologique, on cherche à améliorer la matière organique et la diversité biologique du sol, ce qui peut influer sur le cycle du P et son assimilation par les cultures. Un accroissement de la matière organique s’accompagnera d’une augmentation des réserves de P organique. De plus, la gestion des cultures de couverture et la colonisation des champignons mycorhiziens à arbuscules  potentiellement améliorée par les pratiques de gestion biologique peuvent accroître la disponibilité du P du sol (organique et inorganique) en stimulant l’activité microbienne et la libération des exsudats racinaires. Ceci peut contribuer à compenser pour un taux peu élevé de P du sol sans éliminer toutefois la nécessité de remplacer le P exporté par les récoltes.

La fertilisation en phosphore des systèmes de production biologique exige d’équilibrer les intrants de P et l’exportation de P par les récoltes par le biais de la sélection et de la gestion des intrants d’azote (N) et de P. Les systèmes de production biologique qui dépendent des fumiers ou des composts pour répondre aux besoins en N des cultures auront probablement un surplus de phosphore; par conséquent, la carence en P ne sera pas un problème. Les systèmes qui dépendent d’autres sources de N pourraient connaître une telle carence et nécessiter un apport complémentaire en P pour la croissance optimale des végétaux. Dans de telles situations, des applications de soutien en P équivalentes à son exportation par les cultures s’imposent basées sur les résultats de l’analyse du sol.

Les principales sources de P approuvées en gestion biologique sont les roches phosphatées (RP), le fumier et le compost. Les roches phosphatées sont les plus efficaces pour l’apport de P dans les sols à faible pH (moins de 5,5) et à faible concentrations de calcium. L’épandage de roches phosphatées sur des sols au pH supérieur à 5,5 peut s’avérer non  efficace à cause de la moindre solubilité des RP. Le P des fumiers et composts offre une disponibilité élevée aux plantes, allant de 70 % à 100 %.

Le recours aux fumiers et composts demande cependant d’autres considérations afin de diminuer le risque de lessivage du P dans les eaux de surface. Une des  meilleures pratiques de gestion (MPG) pour réduire ces pertes de P est de faire correspondre  le calendrier d’épandage et d’incorporation des fumiers/composts aux périodes de faibles risques de ruissellement lié aux conditions météorologiques. Les systèmes de production biologique qui utilisent des fumiers/composts comme première source de N devraient viser à minimiser l’accumulation de P dans les sols, et à recourir à des pratiques qui diminuent les risques de lessivage. Évaluation des risques de perte de P : un indice du P permettra d’identifier a) les facteurs de sol et de gestion susceptibles de contribuer à des pertes élevées, b) les pratiques pouvant réduire ces risques. Les MPG doivent se concentrer sur le contrôle des pertes de P en particules et en P dissous.


Source
HortTechnology (2007) 17: 442-454


(1) Kansas State University, Department of Agronomy, 2708 Throckmorton Plant Sciences Center, Manhattan, KS 66506
(2) Kansas State University, Department of Horticulture, Forestry, and Recreation Resources, 2021 Throckmorton Plant Sciences Center, Manhattan, KS 66506
*Courriel nonelson@ksu.edu


English


Affiché en mai 2010

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