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L'agriculture biologique stimule la biodiversité

11 octobre 2004
En exclusivité dans le magazine New Scientist

L'agriculture biologique stimule la biodiversité à tous les niveaux : des simples bactéries jusqu'aux mammifères supérieurs. Le présent article présente un résumé de la plus importante revue jamais réalisée des études comparatives effectuées partout dans le monde entre l'agriculture biologique et l'agriculture conventionnelle.

Des études antérieures avaient démontré que les pratiques agricoles biologiques sont favorables à la faune autour des exploitations agricoles. Cependant, « le fait que tous les échelons de la chaîne alimentaire soient favorisés par ces pratiques constitue une nouvelle donnée », soutient Martin Entz, scientifique agricole de l'Université du Manitoba, à Winnipeg.

Notre étude passe en revue des données provenant d'Europe, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis. Aucune des deux équipes de recherche (la première mandatée par English Nature, une agence gouvernementale britannique qui soutient la conservation de la faune, et la seconde constituée de chercheurs de la Royal Society for the Protection of Birds) n'avait un intérêt direct dans le secteur de l'agriculture biologique.

« C'est bien de voir des personnes objectives ajouter leur voix au débat », a déclaré Nic Lampkin, directeur du Organic Centre Wales de la University of Wales Aberystwyth.

Généralement, chacune des 76 études passées en revue visait à quantifier la biodiversité de groupes d'organismes différents (bactéries, végétaux, lombrics, coléoptères, oiseaux et mammifères). Des 99 comparaisons de groupes d'organismes répertoriées, 66 ont permis de conclure que la faune est favorisée par les pratiques aratoires biologiques, 8 ont donné des résultats portant à croire que les pratiques aratoires biologiques sont néfastes pour la faune et 25 ont donné des résultats mitigés ou ont suggéré qu'il n'y a pas de différence entre les pratiques biologiques et conventionnelles.

Exploitation en polyculture
Selon les chercheurs, l'agriculture biologique stimule la biodiversité parce qu'elle requiert moins de pesticides et d'engrais  minéraux et parce que ses pratiques de gestion des habitats favorisent la faune dans les endroits non cultivés (maintien des mauvaises herbes près des haies, exploitation en polyculture).

La polyculture est particulièrement bénéfique pour certaines espèces d'oiseaux. Le vanneau huppé, par exemple, niche dans les cultures semées au printemps, mais élève ses oisillons dans les pâturages. L'agriculture intensive est jugée responsable de la chute de 80 % des populations de vanneau huppé en Angleterre et au Pays de Galle depuis les années 1960. Une des études britanniques passées en revue suggère également que les chauves-souris tirent profit de la régie biologique. En effet, on enregistre une hausse de 84 % des activités d'alimentation dans les exploitations agricoles biologiques. De plus, deux espèces de chauves-souris (Rhinolophus ferrumequinum et Rhinolophus hipposideros) ne se retrouvent que dans les fermes biologiques.

Selon Phillip Grice de English Nature, il est possible que les avantages tirés par la faune aient été sous-estimés dans ces études puisque certaines d'entre elles ont été réalisées peu de temps après que les exploitations agricoles étudiées ont adopté le système biologique alors que les populations fauniques ne faisaient que commencer à croître.

D'aucuns diront que les exploitations agricoles qui adoptent quelques pratiques biologiques (la lutte mécanique contre les mauvaises herbes, par exemple) ont le même effet stimulant sur la faune que les exploitations entièrement biologiques. Par ailleurs, il est possible que les agriculteurs qui ont adopté le système biologique étaient préalablement favorables aux pratiques écologiques et que, de ce fait même, la biodiversité dans leur exploitation était déjà plus importante que la moyenne avant la conversion. Les études existantes ne sont pas suffisamment détaillées pour permettre de répondre à ces questions.

 

Référence dans la publication : Biological Conservation (vol. 122, p. 113)


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