
Les producteurs biologiques diffèrent-ils de la « vieille
garde »? Résultats empiriques de fermes laitières
de la Norvège
Ola Flaten, Gudbrand Lien, Martha Ebbesvik, Matthias Koesling
et Paul S. Vallet
Résumé
Les fermiers traditionnels qui se sont convertis à l'agriculture
biologique ont contribué à accélérer son expansion
au cours des dernières années. Les nouveaux fermiers biologiques
se différencient de leurs collègues plus anciens, ce qui
a des répercussions sur le développement du secteur de l'agriculture
biologique et sur son caractère distinctif par rapport à
la production et aux méthodes de marketing traditionnelles.
Cette étude visait à examiner les caractéristiques
personnelles et de la production agricole, les objectifs, les motifs de
conversion et les attitudes envers l’agriculture biologique des
exploitants de fermes laitières de la Norvège qui ont adhéré
à l'agriculture biologique. Les fermes ont été divisées
en trois groupes, selon leur année d'adhésion. Ce sondage
a été effectué par la poste auprès de fermes
laitières biologiques (n = 161).
Les résultats démontrent que les nouveaux venus (adhésion
en l'an 2000 ou après) étaient moins bien formés
que les premiers adhérents (dits de la « vieille garde »)
qui se sont convertis à l’agriculture biologique en 1995
ou auparavant. La fréquence des activités telles la culture
des légumes et l'aviculture était élevée chez
la vieille garde. Les troupeaux biologiques des adhérents plus
récents ont été nourris avec plus de concentrés
et ils affichaient une production laitière plus soutenue, les recours
aux soins d'un vétérinaire étaient plus fréquents,
et le recours à la médecine alternative était moins
courant que chez les troupeaux des deux groupes ayant adhéré
plus tôt.
Pour tous les groupes de fermiers, les objectifs les plus hautement cotés
en agriculture ont été une agriculture durable et conviviale
et la production d’aliments d’excellente qualité. Les
derniers adhérents ont mentionné plus souvent les objectifs
liés à la rentabilité et aux loisirs. En moyenne,
les motifs de conversion donnés le plus fréquemment étaient
la qualité des aliments et les défis professionnels. La
vieille garde était plus motivée que les autres par la qualité
des aliments et les problèmes de fertilité/pollution des
sols. Par contre, les raisons financières (paiements de culture
biologique inclus) revêtaient une certaine importance pour les nouveaux
adhérents. Quoique à des degrés divers, tous les
groupes ont exprimé des points de vue favorables quant aux effets
positifs de l'agriculture biologique sur l'environnement. Même si
on a remarqué un penchant pour une agriculture plus pratique et
orientée vers les affaires, la majorité des nouveaux venus
se sont montrés assez déterminés.
Source
Renewable Agriculture and Food Systems : 21(3); 174 à 182 2006
DOI : 10.1079/RAF2005140.
English
Publié en septembre 2007
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