
L'agriculture biologique contribue-t-elle à la biodiversité?
D.G. Hole (1), A.J. Perkins (2),
J.D. Wilson (3), I.H. Alexander (4),
P.V. Grice (5) et A.D. Evans (1)
Résumé
L'intensification et l'expansion de l'agriculture moderne font partie
des plus grandes menaces actuelles envers la biodiversité mondiale.
Au cours du dernier quart du XXe siècle, une diminution dramatique
de la diversité et de l'abondance de nombreuses espèces
reliées à l'agriculture a été remarquée
en Europe, ce qui a mené à une préoccupation grandissante
quant à la durabilité de la production agricole intensive
actuelle.
Les méthodes d'agriculture censément « durables»,
telles l'agriculture biologique, sont maintenant considérées
par plusieurs comme étant une solution potentielle à cette
baisse continue de la biodiversité et obtiennent une aide appréciable
sous forme de subventions consenties par l’Union européenne
et la législation gouvernementale nationale.
Ce document évalue les impacts de la culture biologique sur la
biodiversité, par rapport à la culture traditionnelle, en
examinant les études comparatives des deux méthodes dans
le but de déterminer si cette culture rapporte à la biodiversité
les bienfaits que ses défenseurs prétendent.
Ce document identifie un grand nombre de taxons, incluant les oiseaux
et les mammifères, les invertébrés et la flore arable,
qui profitent de la gestion biologique par une plus grande abondance et/ou
richesse des espèces. Il met également en évidence
trois méthodes majeures de gestion (interdiction/usage réduit
de pesticides chimiques et d’engrais minéraux; saine gestion
des habitats non cultivés; et préservation des cultures
mixtes) qui sont en grande partie intrinsèques (mais non exclusives)
à l'agriculture biologique, et particulièrement avantageuses
pour la faune agricole. Toutefois, cet examen attire également
l'attention sur quatre questions-clés : 1) Un doute demeure, à
savoir si une approche « holistique » envers une méthode
d'agriculture globale (c.-à-d. biologique) est plus avantageuse
pour la biodiversité que des opérations ciblées appliquées
seulement à de très petites zones de récolte et/ou
à des habitats non cultivés en agriculture traditionnelle
(c.-à-d. des schémas agro-environnementaux); 2) De nombreuses
études comparatives connaissent des problèmes de méthodologie
qui limitent leur capacité à tirer des conclusions fiables;
3) Notre connaissance des impacts de l'agriculture biologique en terrains
de pâturage et de l'agriculture en terrains élevés
est restreinte; 4) Un urgent besoin demeure pour des études longitudinales
et systémiques afin d’aborder ces enjeux et de combler notre
manque de connaissance des impacts de l'agriculture biologique, avant
qu'on ne puisse évaluer entièrement son rôle potentiel
dans la conservation de la biodiversité relativement aux écosystèmes
agricoles.
Sources
Conservation biologique 122 (2005) 113 à 130
1 RSPB, The Lodge, Sandy, Bedfordshire SG19 2DL, Royaume-Uni
2 RSPB Scotland, 10 Albyn Terrace, Aberdeen AB10 1YP, Royaume-Uni
3 RSPB Scotland, Dunedin House, 25 Ravelston Terrace, Édimbourg
EH4 3TP, Royaume Uni
4 English Nature, Slepe Farm, Arne, Wareham, Dorest BH20 5BN, Royaume-Uni
5 English Nature, Northminster House, Peterborough PE1 1UA, Royaume-Uni
English
Publié en septembre 2007
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