
Transfert d'éléments nutritifs et d'énergie
sur les fermes biologiques et en transition en Ontario
Chercheurs
E. Ann Clark et Karen Maitland,
horticulture, université de Guelph (dans le cadre d'un plus grand
projet : Évaluation de la régie du compostage, des sols,
des cultures et des animaux d'élevage dans les systèmes
biologiques et en transition en Ontario, par Ralph Martin, Paul Voroney
et E. Ann Clark)
Résumé
Dix-sept combinaisons de types de fermes et de cultures ont été
étudiées sur six fermes biologiques de l'Ontario en 2003.
La recherche avait pour but de mesurer la circulation des nutriments et
de l'énergie ainsi que la régie des sols, des cultures
et du bétail sur des fermes différentes au niveau de la
dépendance envers le bétail et les fourrages.
L'infrastructure des fermes était représentative des exploitations
types de l'Ontario, notamment au point de vue de la surface qui allait
de 41 à 243 ha. Les frais d'investissements des bâtiments
allaient de 15 000 $ à 75 000 $, alors les coûts de machinerie
s'étendaient de 10 000 $ (avec chevaux) à 260 000
$ (mécanisé). Les rendements ont atteint environ 50, 70,
100, et 120% des rendements provinciaux pour le soja, l'épeautre
(une variété de blé d'hiver), les grains mélangés
et le foin. Au point de vue de la consommation d'énergie, la main-d'œuvre
totale requise pour la préparation du lit de semence était
de 2,8 hres/ha sur les fermes mécanisées et 7 à 40
hres/ha sur les fermes où le travail est effectué à
l'aide de chevaux. Le nombre de passages dans les champs pour la
préparation du lit de semence et la maîtrise des mauvaises
herbes se situait entre 1 et 5 (en moyenne 3,5) par champ.
La plupart des nutriments étaient fournis par du fumier composté,
qui a été appliqué presque seulement sur le soja
et l'épeautre destinés à la vente. Le compost
a fourni jusqu'à 148, 55, et 184 kilogrammes de N, P, et K à
l'hectare, respectivement. Les plantes à petites graines,
cultivées principalement pour l'alimentation à la ferme,
n'étaient en général pas fertilisées
ou étaient précédées par un engrais vert enfoui
ou un champ de foin.
L'exportation estimée d'éléments nutritifs
atteignait en moyenne de 41, 57, et 78 kilogrammes de N/ha pour les céréales
de printemps, l'épeautre et le soja, respectivement. Pour
le P, ces exportations atteignaient 9, 14, et 9 kg/ha et 13, 19 et 24
kg/ha pour le K, respectivement. La matière organique du sol ainsi
que les niveaux de P, et de K étaient conformes à ce qu'on
s'attend de trouver dans des sols sains et bien gérés.
Les plantes fourragères vivaces étaient abondantes sur la
plupart des fermes, avec les plantes fixatrices d'azotes comptant
pour 60% des cultures et les couvre-sol d'hiver vivants pour 64 % des
six années de rotations déclarées.
Cependant, les sols sains et les rendements élevés constatés
sur l'une des fermes sans animaux remettent en question la théorie
voulant que la présence d'animaux soit essentielle pour la
durabilité des sols, que ce soit en raison de l'apport d'engrais
ou de la présence des plantes fourragères dans les rotations.
Les résultats contribueront aux efforts en cours au Centre d'agriculture
biologique du Canada afin d'établir un modèle du transfert
des éléments nutritifs et de l'énergie sur les fermes
biologiques.
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