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Dynamique des éléments nutritifs dans les systèmes agriculturaux au Canada

Derek Lynch, Collège d’agriculture de la Nouvelle-Écosse, Truro, N.-É. B2N 5E3

Résumé
L’agriculture contribue de façon significative à l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, notamment le méthane (CH4) et l’oxyde d’azote (N2O). Le N2O provient surtout des surplus d’azote réactif (Nr) qui s’accumulent dans les sols cultivés avant de « cascader » à travers les systèmes terrestres et aquatiques.

Uniquement au cours des dernières décennies, la production de Nr d’origine humaine, notamment sous forme d’engrais azotés industriels, a été supérieure à celle produite par tous les écosystèmes terrestres naturels. Pour satisfaire nos besoins et nos préférences alimentaires, nous avons eu un impact beaucoup plus grand sur le cycle de l’azote à l’échelle du globe que sur le cycle du carbone; et nous commençons à peine à nous rendre compte des répercussions négatives de cette saturation en Nr de la terre et de l’atmosphère sur la santé et le bien-être des hommes et des écosystèmes.

Les besoins en N des fermes biologiques sont en grande partie satisfaits par la culture de légumineuses, et les recherches menées au Canada indiquent que les légumineuses qui sont d’actives fixatrices de N2 par le processus de fixation biologique (FBA) sont responsables d’émissions de N2O bien inférieures à ce que l’on avait évalué auparavant. D’autres travaux ont prouvé que le compostage diminue grandement les émissions de N2O comparativement aux fumiers conservés en tas, et qu’avec une gestion biologique à long terme des sols, le taux d’émission de gaz N2 non réactif bénin par rapport à N2O s’améliore.

Dans tout le Canada, les chercheurs documentent un autre avantage connexe de l’agriculture biologique : les exploitations agricoles biologiques sont beaucoup moins intensives au chapitre de la charge globale en éléments nutritifs dans le sol et de la charge de bétail, ce qui réduit d’autant les risques de lessivage des éléments nutritifs vers les nappes phréatiques. Parallèlement, il apparaît de plus en plus évident que le maintien de niveaux appropriés de P constitue un défi particulier pour toutes les cultures biologiques et certains élevages. D’autres études ont montré que ces carences en P ne peuvent pas être facilement réglées par la simple phytoextraction de phosphate de chaux naturel non acidifiant. Le maintien de l’équilibre en P et de la productivité des fermes biologiques va exiger, de la part du secteur biologique, la volonté de réévaluer les intrants de P permis et une meilleure efficacité sur le plan de l’utilisation et du recyclage du P dans les agroécosystèmes régionaux.

 

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Affiché en septembre 2007

 

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