
Disponibilité de l'azote dans les composts en production fourragère
de graminées et de légumineuses/graminées
D. H. Lyncha,*
R. P. Voroneyb et P. R. Warmanc
RÉSUMÉ
Des quelque cinq millions de tonnes de déchets urbains organiques
produites annuellement au Canada, plus d’un quart est maintenant
composté. Il y a un intérêt accru pour la recherche
qui se concentre sur la réaction des cultures à l’épandage
de composts dérivés de déchets agricoles, urbains
et industriels, comparativement aux fumiers et aux engrais synthétiques.
Les graminées vivaces exigent une disponibilité soutenue,
à longueur de saison, de l’azote, et pourraient répondre
idéalement à la fertilisation par des amendements à
libération lente de N comme les composts. Les composts peuvent
également fournir du N aux plantes fourragères vivaces au
début de l’été et durant l’automne, lorsque
l’état des sols peut limiter l’application d’engrais
dans bien des régions.
La difficulté à prévoir l’apport en N des
composts a joué en leur défaveur pour leur emploi en production
fourragère. Une étude au champ a été menée
en vue de comparer le rendement et la teneur en protéines d’un
mélange fourrager de légumineuses-graminées et d’une
monoculture de graminées fauchés deux fois par an, en les
fertilisant avec divers composts. Au cours d’une étude de
3 ans, on a amendé un mélange fléole-trèfle
rouge et une culture de fléoles avec des composts dérivés
de déchets de cultures, de fumiers de bovins, ou de boues d’épuration,
plus du purin d’étable. On a comparé leurs rendements
à ceux obtenus avec des engrais chimiques.
Les résultats de cette étude indiquent que des applications
répétées de certains composts peuvent fournir suffisamment
de N disponible pour soutenir le rendement de graminées fourragères
vivaces. Le trèfle rouge du mélange fourrager a exercé
un effet-tampon sur le N, maintenant le rendement et la teneur en protéines
même pour les composts qui fournissaient peu d’azote disponible.
Les fermes d’élevage utilisant des mélanges de légumineuses-graminées
pourraient vraiment tirer parti d’un recours routinier au compost;
la combinaison des composts et des légumineuses a un effet modérateur
sur les pertes potentielles en rendement et en qualité, et elle
réduit aussi l’accumulation non voulue de P et de K du sol
issue d’une utilisation excessive des composts.
aDep. of Plant and Animal Sciences, Collège d’agricultural
de la Nouvelle-Écosse (CANÉ), CP 550, Truro, Nouvelle-Écosse,
Canada B2N 5E3
bDep. of Land Resource Science, Univ. de Guelph, Guelph,
Ontario, Canada N1G 2W1
cDep. of Environmental Science, CANÉ, CP 550, Truro,
Nouvelle-Écosse, Canada B2N 5E3.
Auteur-ressource
Tél. 902-893-7621; Téléc. 902-897-9762; courriel
dlynch@nsac.ca
Le texte complet de cet article est publié dans le Journal of
Environmental Quality, no 33, p. 1509-1520 (2004).
Janvier 2007
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