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Interactions entre végétaux et environnement - le mythe de la fertilisation azotée pour la séquestration du carbone du sol

S. A. Khan*, R. L. Mulvaney, T. R. Ellsworth et C. W. Boast
Department of Natural Resources and Environmental Sciences, Turner Hall, 1102 S. Goodwin Ave., Univ. of Illinois, Urbana, IL 61801.
* Auteur-ressource : mpcnlink@gmail.com.

Résumé
L’usage intensif d’engrais azotés en agriculture moderne est motivé par la valeur économique de rendements grainiers élevés et on le perçoit généralement comme propice au stockage du carbone organique du sol grâce à l’augmentation des intrants de résidus de cultures.

Cette perception ne correspond pas aux données relevées depuis un siècle sur le carbone organique du sol - rapportées dans le présent article – sur le site des Morrow Plots, le plus ancien site expérimental de culture continue de maïs (Zea mays L.) installé sur le campus de l’Université de l’Illinois.

Après une cinquantaine d’année de fertilisation synthétique excédant l’exportation d’azote par 60 à 190 %, on a constaté une baisse très nette du C du sol malgré une incorporation massive accrue de C par le biais des résidus de récoltes. Cette baisse est encore plus importante avec une rotation de maïs–soja (Glycine max L. Merr.) ou de maïs–avoine (Avena sativa L.)–foin qu’avec une culture continue de maïs; elle est davantage marquée pour le profil pédologique 0 à 46 cm que pour le sol de surface.

Ces résultats impliquent les engrais azotés comme favorisant la décomposition des résidus de cultures et la matière organique du sol, et ils sont compatibles avec les données de nombreuses expériences culturales impliquant l’utilisation d’engrais azotés synthétiques dans la Corn Belt américaine et ailleurs, même s’ils ne sont pas interprétés ici comme c’est généralement le cas.

Ceci a d’importantes conséquences au plan de la séquestration du C du sol puisque l’apport d’engrais azotés fondé sur le rendement a presque toujours dépassé l’exportation de N dans la production de maïs en sols fertiles depuis les années 60.

Afin d’atténuer les conséquences continues de la détérioration des sols, de l’augmentation de la concentration en gaz carbonique de l’air et de la pollution des eaux souterraines et de surface par les nitrates, la fertilisation azotée devrait être gérée par une évaluation propre aux sites au plan de l’assimilabilité de l’azote du sol.

Les pratiques actuelles de gestion des engrais azotés, si elles sont combinées au ramassage de la canne de maïs aux fins de production de bioénergie, accroissent la perte de C du sol.

 

Source
Journal of Environmental Quality (2007) no 36, p. 1821-1832


English


Publication : mai 2008

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