
Associer connaissances, biologie et technologies à l’échelon
de la ferme : un modèle d’agriculture multifonctionnelle
en émergence au Canada
Dr Rene Van Acker, professeur et directeur, Department
of Plant Agriculture, Université de Guelph
Résumé
Au cours des 40 dernières années, l’industrialisation
des systèmes de production agricole a permis une croissance exceptionnelle
de la productivité et de l’efficacité de la production
grâce à l’adoption et à l’emploi d’une
série toujours en évolution de technologies issues de la
« révolution verte ». Le modèle industriel de
production agricole soutient avec succès une industrie agroalimentaire
productive qui fournit des aliments bon marché, sûrs et nutritifs.
Parallèlement à la réussite de la production agricole
industrielle, se manifeste un intérêt marqué pour
des objectifs nouveaux et en émergence en matière d’agriculture.
Bien que le modèle industriel soit efficace pour assurer la productivité
et des aliments nutritifs, sans danger, à des prix abordables,
ce mode de production ne peut répondre à ces objectifs additionnels,
particulièrement dans le domaine de la gérance environnementale.
L’incapacité du modèle industriel à répondre
à ces objectifs plus larges est liée aux compromis inhérents
à ce modèle où la spécialisation générée
par les techniques de gestion (surtout l’utilisation de pesticides
et d’engrais azotés synthétiques) favorise les hausses
d’échelles de production. La spécialisation se traduit
la plupart du temps par des exploitations agricoles qui manquent de diversité
biologique intégrée (rotations de cultures variées)
et d’objectifs de gérance environnementale clés que
seuls des systèmes fondés sur la diversité biologique
peuvent atteindre.
La fiabilité et la fonctionnalité des systèmes augmentent
lorsqu’ils sont plus diversifiés au plan biologique, et encore
davantage lorsque cette diversité biologique est pleinement intégrée.
La diversité procure à ces systèmes l’avantage
de la gestion des risques biologiques. Des systèmes de production
diversifiés au plan biologique assurent un rendement plus stable
dans des conditions climatiques imprévisibles; ils demandent moins
d’intrants énergétiques externes et beaucoup moins
d’investissements monétaires. Ils offrent un niveau de revenus
plus prévisible et plus constant à l’échelle
locale, ils sont plus efficaces au chapitre des éléments
nutritifs et de l’eau, et ils favorisent une gamme plus diversifiée
de macro-organismes et de micro-organismes.
Il y a un potentiel non négligeable, aux plans économique
et environnemental, à accroître la diversité biologique
intégrée des systèmes de production, avec l’objectif
d’établir des systèmes qui s’apparentent davantage
aux systèmes fonctionnels naturels. Dans un contexte de conditions
climatiques et de marchés incertains, ces systèmes sont
plus à même de répondre de façon fiable aux
attentes de plus en plus multifonctionnelles des sociétés,
notamment en matière d’aliments de haute qualité,
d’innocuité des produits et des marchandises, de sécurité
alimentaire, de souveraineté alimentaire, d’énergies
propres issues de la biotransformation, d’un éventail de
nouveaux produits agricoles, d’un environnement sain, d’eaux
propres et de la beauté des paysages de campagne.
Full
Presentation (PDF), en anglais
Source
Colloque de recherche en agriculture biologique, Guelph, Ontario, Janvier 2007
English
Affiché en septembre 2007
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