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Les chercheurs observent une augmentation des microbes du sol dans les champs biologiques -
Pour le bon rendement de certaines variétés, il est important de choisir le bon moment pour ensemencer une culture de couverture

par Jeffrey Carter, chronique spéciale de l’Ontario Farmer, 7 février 2006

La chance sourit aux producteurs de pommes de terre certifiées biologiques de l’Île-du-Prince-Édouard qui utilisent les déchets de mollusques comme source d’éléments nutritifs et agent de contrôle des maladies.

Greg Peters, de la Station de recherches agricoles de Charlottetown, en a examiné la pratique. Peters, ainsi que d’autres chercheurs, ont eu l’occasion en janvier de faire un exposé sur leur travail à la Guelph Organic Conference.

« Nous obtenons un rendement tout aussi élevé avec les déchets de mollusques bruts qu’avec les engrais chimiques, et ils permettent en même temps d’accroître le taux de calcium dans les sols », déclare Peters. Il signale que cette méthode a également une incidence positive sur la vie microbienne des sols. Ces bactéries bénéfiques luttent contre les maladies du sol. Elles sont absorbées par les tubercules et prolongent ainsi leur entreposage.

« D’une certaine façon, nous produisons des tubercules qui contiennent des agents de lutte biologique intégrés. Je trouve tout cela bien stimulant. »
Il affirme que les déchets de mollusques bruts simplement épandus dans les champs semblent être plus efficaces que s’ils étaient compostés. Avec une teneur en azote de deux à quatre pour cent, ils stimulent la croissance végétale autant que peuvent le faire les engrais chimiques.

Un autre chercheur de la côte Est, Derek Lynch du Collège d’agriculture de la Nouvelle-Écosse, a discuté d’une étude menée dans quinze fermes laitières biologiques de l’Ontario.

En collaboration avec une équipe de chercheurs, Lynch a comparé l’impact des éléments nutritifs sur l’environnement des quinze fermes laitières biologiques avec celui des fermes laitières traditionnelles.

Les quinze fermes, exploitées par des méthodes biologiques depuis dix ans et plus, sont situées dans les parties ouest et est de l’Ontario. La superficie moyenne des fermes est de 110 hectares. La taille moyenne des troupeaux est de 52 vaches laitières qui produisent en moyenne 8 200 kilogrammes de lait par année, soit un peu moins que la moyenne totale observée en Ontario.

Les principales cultures de ces fermes comprennent le fourrage et pâturage et les petites céréales. En moyenne, moins de six pour cent de la superficie agricole est affectée à la culture du maïs et la moitié des fermes ne s’adonnent pas à la culture du maïs.

Le niveau de matières organiques dans le sol était d’environ 4,8 p. 100.
On a constaté que les fermes n’occupaient pas une place importante dans l’apport d’éléments nutritifs supplémentaires comparativement à plusieurs fermes laitières à production intensive en milieu confiné qui, elles, affichaient une quantité beaucoup plus importante d’éléments nutritifs supplémentaires.
L’une des préoccupations des fermes biologiques est de pouvoir assurer le maintien à long terme du phosphore assimilable.

Les concentrations de phosphore dans les sols des fermes biologiques ont fait l’objet des travaux de Cathy Welsh et de Mario Tenuta, de l’Université du Manitoba. Les recherches menées sur les cultures pratiquées en rotation à la Glenlea Farm de l’université révèlent toutefois que, si les concentrations de phosphore assimilable sont plus faibles dans les fermes biologiques, les concentrations de phosphore, assimilable et inassimilable, sont comparables à celles des fermes traditionnelles.

« On peut augmenter les concentrations de phosphore assimilable en ajoutant du fumier animal », affirme Welsh.

On a également constaté que les systèmes biologiques comportent un plus grand nombre de mychorhizes à arbuscules, un organisme fongique qui favorise l’assimilation du phosphore par la plante. Du même coup, alors que les sols organiques peuvent contenir des concentrations de phosphore inférieures, la présence de ces champignons peut aider les plantes à faire une meilleure utilisation des matières contenues dans le sol.

Malheureusement, le canola, un membre de la famille des crucifères, ne profite pas de ces collaborateurs terricoles.

« Les méthodes biologiques participent également à améliorer la structure du sol et à accroître le niveau de l’activité microbienne », soutient Welsh.

Le pédologue Paul Voroney de l’Université de Guelph étudie depuis trois ou quatre ans l’impact des méthodes biologiques. En travaillant dans les champs avoisinants de neufs différents emplacements, il a comparé les effets des méthodes traditionnelles avec ceux des méthodes biologiques.

En moyenne, la teneur en matières organiques était de 15 pour cent plus élevée dans les champs de culture biologique. On a également constaté une meilleure structure du sol et une augmentation de 20 pour cent du nombre des microorganismes vivants dans les dix centimètres de surface du profil pédologique. Le nombre de lombrics vivant dans les sols était comparable au nombre présent dans les sols exploités avec des méthodes biologiques et traditionnelles, déclare Voroney. Les exploitations agricoles de type traditionnel ont tendance à moins travailler le sol, ce qui peut justifier la concurrence des résultats.

Ann Clark, de l’Université de Guelph, donne un aperçu général de l’agriculture biologique lorsqu’elle aborde la question de la durabilité de l’environnement. Dans ce contexte, l’agriculture biologique n’est peut-être pas beaucoup plus avancée que l’agriculture traditionnelle, nous dit-elle.

« De par sa conception, l’agriculture biologique n’est pas durable », conclue Clark.
« Si nous souhaitons vraiment qu’elle le soit, nous devons tenter d’en reformuler le concept ».

Clark a mis au point un système de classement des systèmes agricoles en fonction de leur durabilité. Un plus grand nombre de points est accordé aux systèmes qui retiennent les éléments nutritifs, forment une réserve alimentaire pour divers types de plantes, y compris les plantes vivaces, ont une surface minimale de sols dénudés, comprennent une composante de bétail, et participent à la commercialisation locale et régionale.

Clark a également abordé la question des cultures de couverture ou du « système des cultures de soutien » dans le cadre de l’agriculture biologique. La recherche effectuée à l’Ignatius Jesuit Centre, à l’extérieur de Guelph, a montré que le sarrasin, le radis oléagineux et les hybrides sorgho-Soudan perpétuent leur bon rendement lorsqu’ils sont établis durant l’été. Le rendement des légumineuses, notamment le trèfle des prés et le mélilot, pourrait s’accroître si elles font l’objet d’un contre-ensemencement au printemps.

Clark avoue qu’elle a été un peu étonnée par le rendement des hybrides sorgho-Soudan qui produisent une quantité énorme de biomasse à des fins d’incorporation au sol et aident à éliminer les mauvaises herbes.


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