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Comparaison à long terme de systèmes de production fourragère et animale en gestion bio ou classique sur un sol carencé en nutriments – étude suédoise

Holger Kirchmann*, Lars Bergström, Thomas Kätterer, Lennart Mattsson et Sven Gesslein
* Auteur-ressource : holger.kirchmann@mv.slu.se

Résumé
Un étude a été menée dans le Sud de la Suède sur une période de 18 années en vue de comparer les systèmes culturaux biologiques et classiques (ou conventionnels comme on lit souvent) sur un sol fortement carencé en P et en K qui n’avait pas reçu d’engrais minéraux (ou de pesticides) depuis le milieu des années 1940.

Les principales différences entre les types de gestion étaient (i) culture de légumineuses tous les deux ans et utilisation de cultures de couverture de légumineuses dans la rotation biologique; (ii) application de P dans le système bio à des taux plus élevés que pour le système classique; (iii) exclusion de colza/canola (Brassica napus L.) du traitement biologique mais inclusion de pommes de terre (Solanum tuberosum L.); (iv) désherbages mécaniques fréquents dans le système bio; et (v) épandage de fumier solide dans le système biologique et liquide dans le système classique.

Les concentrations en P échangeable du sol augmentaient davantage après l’application de grandes quantités de scories de déphosphoration et d’apatite dans le système bio qu’après des apports de fertilisants phosphatés dans le système classique. Les systèmes biologiques, qui dépendent surtout des légumineuses pour leur réserve de N, vont acidifier les sols plus rapidement que les systèmes avec moins de légumineuses en rotation. Les rendements des cultures étaient en moyenne 50 % inférieurs et la biomasse des adventices était plus importante (1–3 tonne de matière sèche/ha–1) dans le système biologique que dans le système classique.

On a identifié l’azote comme étant le principal élément nutritif pouvant limiter le rendement des cultures cultivés biologiquement. En dépit de ce facteur, et même en utilisant des cultures de couverture, la gestion bio n’a pas réduit le lessivage de N. Les concentrations du sol en carbone (C) ont baissé dans les deux systèmes mais toutefois moins dans le système bio à cause d’intrants plus élevés de C et de niveaux de pH du sol plus faibles.

En Suède, l’agriculture biologique ne semble pas être une solution valable pour la séquestration du C dans le sol. Après ajustement des deux systèmes aux mêmes conditions frontières pour une comparaison modélisée non biaisée, l’intrant de C est 60 % plus élevé dans le système classique que dans le système biologique.

L’efficacité agronomique de N a été de 9 à 10 kg de rendement grainier par kg–1 de N dans le système biologique comparativement à 16 à 18 kg / kg–1 N dans le système classique. L’assimilation à long terme du P était inférieure dans le système bio (7 % par rapport à 36 % dans le système classique).

Ces résultats montrent que le rendement et la fertilité du sol sont supérieurs dans les systèmes culturaux classiques (ou conventionnels) dans des conditions allant de tempérées à froides.

Source
Agronomy Journal, no 99, p. 960-972 (2007)

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Publié en septembre 2008

 

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