
Amélioration du bilan nutritif sur une ferme laitière
commerciale : une approche intégrée
Derek H. Lynch, Rupert W. Jannasch, Alan H. Fredeen et Ralph C. Martin
Résumé :
Réduire au minimum les excédents tout en améliorant
l'efficacité des éléments nutritifs représente
l'un des principaux défis de tous les systèmes de
production de l'industrie laitière, qui doivent composer avec des
contraintes économiques, environnementales et réglementaires.
Notre étude a examiné l'efficacité de l'utilisation
des éléments N, P et K sur une exploitation laitière
commerciale par une approche intégrée qui a évalué
le bilan nutritif de tous les aspects du système de production
de la ferme étudiée, une exploitation de vaches laitières
Holstein de Kings County en Nouvelle-Écosse, au Canada.
Pendant la décennie suivant 1988, le propriétaire de ferme
a mis en application une série de modifications des pratiques en
matière de production, dont la diversification de la rotation des
récoltes, la mise en place d'une régie intensive des pâturages
(RIP) et l'adoption d'une approche systématique à la gestion
des sols et des éléments nutritifs. La production laitière,
et les exportations de N, P et K qui y sont associées ont augmenté
de 666 kilogrammes par vache entre 1990 et 2000. Les achats d'engrais
N-P-K ont été éliminés en 1990 et l'importation
d'éléments nutritifs aux fins d'alimentation a été
nettement réduite. Les coûts d'alimentation par litre de
lait ont diminué, passant de 14,3 cents (CDN)/litre en 1990-92
à 11,6 cents/litre en 1998-2000 malgré le fait que les prix
des aliments pour bétail augmentaient de 10-20 % dans la région
pendant la même période.
Le calcul du bilan actuel de la masse totale de N-P-K sur la ferme indique
que 25,0 % de toutes les entrées de N se retrouvent dans les produits
de la ferme, soit le lait et la viande. Le calcul de l'apport N au champ
provenant de sources autres que les légumineuses (67 kg de N ha-1
avant les pertes) révèle un niveau presque optimal pour
un système de culture dominé par les légumineuses
et les graminées. Le modèle a établi que les excédents
nutritifs annuels de la ferme (sorties - entrées) pour le P (9,0
kilogrammes ha-1 an -1) et le K (8,2 kilogrammes ha-1 an -1) étaient
sensiblement inférieurs à ceux précédemment
rapportés pour les exploitations laitières régionales
où les animaux sont gardés à l'intérieur
et qui dépendent davantage de la production de maïs.
Cependant, les données obtenues pendant 16 ans d'analyse de sol
(1985-2001) indiquent une augmentation des niveaux de magnésium
dans le sol d'environ 2mg par kg-1 par an. Les améliorations
récentes des niveaux de P alimentaire dans la diète des
vaches laitières ont réduit encore davantage les excédents
de P de la ferme (2,6 kilogrammes ha-1 en l'an 2001) et sont
pointées du doigt comme l'élément clef d'une
stratégie pour renverser la tendance observée dans les niveaux
de P détectés dans les analyses de sol.
En résumé, l'approche combinée de la gestion nutritive
d'ensemble du système agricole, la diversification des cultures,
la RIP ont augmenté la production laitière tout en réduisant
au minimum les coûts et l'apport d'intrants nutritifs
à la ferme. L'étude démontre comment une approche
à la gestion des éléments nutritifs sur une exploitation
laitière qui intègre les besoins en éléments
nutritifs du bétail et des récoltes peut réduire
la charge nutritionnelle d'une exploitation laitière tout
en conservant la productivité.
Lynch, D.H., Jannasch, R.W., Fredeen, A.H., et Martin, R.C. 2003. Improving
the Nutrient Status of a Commercial Dairy Farm, An Integrated Approach.
American J. Alt. Ag. 18(2):1-9.
Personnes-ressources :
Lynch, D.
Centre d'agriculture biologique du Canada
Collège d'agriculture de Nouvelle-Écosse
C. P. 550, Truro
Nouvelle-Écosse, B2N 5E3
Téléphone : (902) 893-7621; télécopieur :
(902) 897-9762, courrier électronique
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