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Comparaison entre le boeuf élevé au pâturage
et en parc d'engraissement
Par Rupert W. Jannasch1 (auteur-ressource),
Tracey Stewart 2, Alan H. Fredeen1,
Ralph C. Martin1

RÉSUMÉ
Les systèmes de production de bovins de boucherie qui utilisent
des pâturages permanents sont potentiellement plus durables que
ceux basés sur les cultures annuelles et les aliments stockés.
Le mauvais classement des carcasses de bestiaux finis au pâturage,
par rapport à celui des animaux finis dans un parc d'engraissement,
a découragé la finition au pâturage dans la région
de l'Atlantique. Le déclassement peut être attribuable à
une mauvaise gestion des pâturages, qui a pour conséquence
un faible poids d'abattage, des animaux plus âgés lors de
l'abattage et du gras de carcasse jaune.
Il est nécessaire d'obtenir davantage d'information pour déterminer
s'il est possible de finir des bovins de boucherie au pâturage et
obtenir un classement de carcasses semblable aux résultats obtenus
en parc d'engraissement. Vingt-quatre boeufs de race Angus pure et
croisés Angus/Maine-Anjou d'un an (12 génisses, 12 bouvillons)
ont été assignés aléatoirement à deux
groupes de traitements - pâturage et parc d'engraissement - équilibrés
selon la race et le sexe sur une ferme d'élevage commercial de
l'Île-du-Prince-Édouard où on n'avait jamais fini
de bestiaux au pâturage. Les animaux au pâturage ont fait
une rotation quotidienne dans des enclos de trèfle, de fléole
des prés et de dactyle et n'ont reçu aucun supplément
tandis que les animaux dans les parcs d'engraissement recevaient de l'orge,
du foin et de l'ensilage de graminées et de trèfle à
volonté. Le trèfle représentait 30,4 % des plantes
des enclos en moyenne pendant la saison de croissance. Les bovins finis
au pâturage ont gagné 0,2 kilogramme de moins par jour que
dans un parc d'engraissement. Les bestiaux provenant du parc d'engraissement
étaient plus lourds, avec un meilleur rendement en carcasse, que
les animaux au pâturage. La catégorie et l'aspect visuel
des bestiaux n'étaient pas différents, et on n'a remarqué
aucune présence de gras jaune. Le coût de production était
de 0,26 $/kg dans le parc d'engraissement comparativement à
0,10 $/kg au pâturage. Les animaux au pâturage ont produit
un bénéfice net de 0,13 $ par kilo de gain, ou 68,00 $
par tête, alors que les animaux en parc d'engraissement ont tout
juste atteint le seuil de rentabilité.
INTRODUCTION
Le boeuf était un produit de consommation courante, nourri
principalement de plantes fourragères broutées, jusqu'à
ce que des excédents d'aliments riches en énergie comme
les céréales, le maïs et le soja aient permis de nourrir
de plus en plus de bestiaux dans des parcs d'engraissement (feedlots).
La baisse des stocks mondiaux de céréales et la hausse des
coûts de l'énergie (Brown, 1997, ch..2) menacent la viabilité
de nombreux systèmes de parcs d'engraissement. L'érosion
du sol associée à la culture des céréales
et des oléagineux, la pollution de l'eau engendrée par les
écoulements provenant des parcs d'engraissement (NRC, 1989) et
les questions éthiques touchant l'alimentation du bétail
à l'aide de céréales fait ressortir la nécessité
d'évaluer la viabilité de l'élevage du boeuf
au pâturage (Griebenow et coll., 1997).
L'un des principaux obstacles à une plus grande utilisation des
pâturages en production de boeuf est la faiblesse du rendement
des animaux et, par conséquent, l'importance des coûts par
unité de gain (Turner et Raleigh, 1977). La production de boeuf
nord-américaine, cependant, est concentrée dans les régions
de l'ouest et du Midwest où les climats semi-arides limitent la
productivité des pâturages. Avec une bonne régie,
on constate que des pâturages de graminées/trèfle
situés dans la région plus humide du Canada atlantique ont
permis d'obtenir un gain d'environ 1 kg/jour (Winter et Kunelius, 1986
; Papadopoulos et coll., 1993 ; Boyd, 1996 ; Martin et coll., 1997).
Il existe une discrimination qui défavorise le boeuf fini
aux fourrages par rapport à la couleur (du muscle ou du gras) et
au goût (saveur ou tendreté) (Bowling et coll., 1977), mais
on observe également une préférence croissante des
consommateurs pour des aliments faibles en gras. Les bestiaux finis aux
fourrages n'atteignent généralement pas la catégorie
« Choice » des États-Unis ou « Canada A »
parce que la plus faible quantité de dépôt de gras
réduit le persillage - une caractéristique qui augmente
généralement la tendreté et parfois la saveur (Dinius
et Cross, 1978). Les distributeurs perçoivent que les consommateurs
n'apprécient pas non plus la présence de gras sous-cutané
jaune, une caractéristique généralement liée
à l'alimentation à base de fourrages en raison de son contenu
élevé en bêtacarotène (Forrest, 1981), malgré
de récentes preuves du contraire (Charmley, 1995).
Les pâturages permanents protègent contre la dégradation
du sol provoquée par les cultures annuelles et intensives (Harris
et autres, 1966) et représentent un élément clé
de l'agriculture durable (Heitschmidt, 1994, ch. 2). Mettre au point des
solutions de rechange économiques à l'élevage du
boeuf en parcs d'engraissement aiderait à réduire les
coûts environnementaux liés à la concentration de
l'élevage et permettraient aux agriculteurs de tirer profit des
avantages naturels que les précipitations bien distribuées
et les températures modérées (Papadopoulos et coll,
1993) fournissent à la production de fourrages au Canada atlantique
et aux Nord-Est des États-Unis.
Cette étude compare un système de production de boeuf
au pâturage à un système en parcs d'engraissement
et évalue les hypothèses suivantes : 1) Les gains moyens
de poids quotidiens (GMQ) des animaux finis au pâturage et dans
un parc d'engraissement ne sont pas différents, 2) le coût
par kilogramme de gain est inférieur pour les animaux au pâturage
que pour les animaux élevés dans un parc d'engraissement,
et 3) la qualité de la carcasse des animaux finis selon les deux
méthodes est semblable.
MATÉRIAUX ET MÉTHODES
Cette étude a été effectuée à la ferme
de Temple et Gail Stewart à Hampshire, Île-du-Prince-Édouard,
entre mai et octobre, 1995. Le sol est de type sableux limoneux et la
terre était recouverte de pâturages permanents depuis trente
années au moment de l'expérience. Les espèces fourragères
dominantes étaient la fléole des prés (Phleum pratense),
le trèfle rouge (Trifolium pratense), le trèfle blanc (Trifolium
repens) et le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata). On
a ensemencé le sol gelé du pâturage d'un mélange
de 60:20:20 de fléole des prés et de trèfles rouge
et blanc (8,8 kg/ha) en mars 1995.
Vingt-quatre bovins de race Angus pure et croisés Angus/Maine-Anjou
(12 génisses, 12 bouvillons), d'environ douze mois se sont vus
assignés aléatoirement un des deux modes de finition suivants :
pâturage ou parc d'engraissement Une génisse a été
retirée du pâturage en raison d'une blessure. Le pâturage
a été divisé en 13 enclos de 2 500 m2.
Les animaux ont été déménagés dans
un nouvel enclos chaque jour, après lever du soleil. Le cycle de
pâturage a été répété 10 fois
jusqu'au 12 octobre. Les animaux ont eu libre accès à l'eau,
l'enclos le plus éloigné étant à 200 m de
la source d'eau.
On a surveillé les peuplements à toutes les deux semaines
et mesuré la taille des plantes après la paissance. L'objectif
était d'avoir une taille de 20 à 25 centimètres avant
et de 10 à 15 centimètres après le passage des animaux.
Pour surveiller la taille des plantes, on prenait vingt mesures immédiatement
avant et après la paissance en marchant en zigzag et en plantant
un bâton à intervalles de six pas. On a prélevé
huit échantillons de 0,2 x 0,5 m afin d'estimer le rendement en
matière sèche (MS). Tous les échantillons ont été
séchés au four à 80 degrés Celsius pendant
au moins 48 heures. Dans chaque quadrat, on a récolté et
séparé (avant le séchage) le fourrage d'une sous-section
de 0,15 x 0,15 m pour en évaluer la composition botanique (pourcentage
de trèfle, graminées et mauvaises herbes).
Dans les parcs d'engraissement, les animaux ont reçu de l'orge,
du foin et de l'ensilage de graminées et de trèfle à
volonté. Les animaux ont été pesés deux fois
par semaine, à partir du 21 mai. L'expérience a pris fin
le 12 octobre, lorsque les derniers animaux ont été envoyés
à l'abattoir. Les pesées fréquentes ont été
conçues pour surveiller les gains moyens de poids quotidiens (GMQ)
tout au long de la saison de pâturage. Les animaux ont été
vendus lorsqu'on jugeait leur finition optimale (gras dorsal). Dix-huit
animaux ont été expédiés le 12 août
et les cinq bouvillons restants (au pâturage) n'ont pas été
abattus avant le 13 octobre afin de leur donner plus de temps pour atteindre
le degré de finition adéquat.
Les animaux ont été vendus à Garden Province Meats
de Charlottetown (Î.-P.-É.), et chacune des carcasses a été
classée selon le système canadien de classification du bétail
par les inspecteurs d'Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les critères
incluent la maturité de la carcasse, la musculature, la couleur
de viande, l'épaisseur, la distribution et la couleur du gras.
Au Canada, on utilise un système d'évaluation à deux
niveaux où on évalue l'importance du persillage (de petites
taches blanches de gras dans la viande maigre) : traces (A), léger
(AA) ou faible (AAA) qui sont équivalents aux conditions minimales
pour les catégories Standard, Select et Choice du USDA, respectivement.
Une deuxième catégorie mesure le rendement de viande maigre
de la carcasse en pourcentage, selon la proportion de muscle et de graisse.
La catégorie supérieure (entre A et D) est A1. Les numéros
1-4 se rapportent à la quantité de gras et peuvent également
être un indicateur de la couleur du gras. La catégorie B1
indique une finition insatisfaisante. Les animaux qui se classent sous
la catégorie A reçoivent habituellement 0,14 $/kg de
moins.
Le coût des clôtures a été estimé à
0,01 $/tête/jour, le coût d'utilisation des pâturages
à 0,48 $/tête/jour, le coût de l'ensemencement
en sol gelé à 0,03 $/tête/jour et le coût
de la main-d'oeuvre à 0,03 $/tête/jour. Les coûts
reliés au parc d'engraissement ont été calculés
à 1,15 $/tête/jour pour les aliments, à 0,03 $/tête/jour
pour la paille, à 0,08 $/tête/jour pour la main-d'oeuvre,
à 0,10 $/tête/jour pour le matériel et à
0,03 $/tête/jour pour l'étable. Le coût par kilogramme
de gain a été calculé en divisant les frais d'alimentation
par le nombre de kilogrammes de gain et le bénéfice par
kilogramme de gain a été calculé en soustrayant toutes
les dépenses (par animal) de la valeur marchande finale de l'animal
divisée par le nombre de kilogrammes de gain. Le bénéfice
total par animal est la différence entre le revenu et les dépenses.
On a utilisé les tests T (P<0,05) du système d'analyse
statistique (SAS, 1985) pour apprécier les différences dans
la finition des bouvillons et des génisses et entre les animaux
finis en parc d'engraissement et au pâturage.
RÉSULTAS et DISCUSSION
Les animaux au pâturage disposaient d'une abondance de fourrages
pendant toute la saison de paissance. Le trèfle représentait
en moyenne 30,4 %, les graminées 58,6 % et les mauvaises
herbes 11,0 %, du peuplement des pâturages. Les objectifs touchant
la taille des plantes avant et après le passage des animaux ont
été atteints pendant toute la saison à l'exception
du début juin, lorsque la taille des plantes dépassait 25
cm dans certains enclos. La plus grande partie de la croissance des plantes
fourragères se produit au printemps et au début de l'été
(Papadopoulos et coll. 1993) et les enclos sont sous-exploités
à ce moment-là. Pour compenser, on pourrait probablement
augmenter le taux d'occupation à cette période lors d'essais
futurs.
Les animaux au pâturage ont perdu du poids pendant environ deux
semaines après avoir été mis au pâturage, le
temps qu'ils s'adaptent au nouveau type d'alimentation (tableau 1). Les
bovins du parc d'engraissement n'ont pas perdu de poids. Cependant, on
a pas remarqué de différences de poids entre les animaux
au pâturage et dans le parc d'engraissement avant le 12 août,
lorsque pour la première fois les premiers pesaient plus. La diminution
du rendement des animaux au pâturage enregistrée en août
est compatible avec ce que l'on sait de la digestibilité et de
l'appétence des fourrages, qui sont inférieurs à
la fin de l'été (Pearson et Ison, 1987, ch.6). L'accumulation
de plantes mortes ou trop mûres dans les enclos sous-exploités
au début de la saison a probablement réduit la qualité
des pâturages plus tard en saison et le rendement des animaux dans
cette expérience.
Les bouvillons pesaient plus que les génisses tout le long de l'expérience
(tableau 1), mais toutes les génisses étaient prêtes
pour l'abattage le 12 août alors que 5 bouvillons sont restés
au pâturage jusqu'au 12 octobre avant d'être envoyés
à l'abattage. En raison de leur plus petite ossature, les génisses
sont probablement mieux adaptées à la finition au pâturage.
Tatum et coll. (1988) ont constaté que les bestiaux finis au pâturage
ont gagné 0,50 kg/jour, comparativement à 0,97 kg/jour pour
les animaux finis dans un parc d'engraissement. Dans cette expérience,
cependant, les bestiaux en parc d'engraissement ont gagné seulement
0,2 kg/jour de plus que les animaux au pâturage (tableau 1). Turner
et Raleigh (1977) ont démontré que le fait de supplémenter
le régime des animaux au pâturage dans des conditions arides
a permis de faire passer le GMQ au pâturage de 1,00 kg/jour à
1,32 kg/jour, comparativement à 1,45 kg/jour dans le parc d'engraissement.
Charmley (1996) rapporte que le fait de supplémenter l'alimentation
de bouvillons Hereford purs ou croisés d'un an qui sont au pâturage
avec de l'ensilage tôt au printemps pour empêcher la perte
de poids. Il est nécessaire de pousser plus loin la recherche afin
de déterminer si la supplémentation au moment de la transition
du début de la saison de pâturage et de la période
de fin de l'été, alors que la croissance des plantes ralentit
peut améliorer le rendement des animaux et les marges bénéficiaires.
Bien que le GMQ représente une méthode courante pour mesurer
la productivité brute, la rentabilité demeure importante
pour les éleveurs. En se basant sur les frais de clôtures
(amortis sur 20 ans), des pâturages, des semis et de la main-d'oeuvre,
il en coûte 0,55 $/jour (tableau 2) pour alimenter un animal
au pâturage, alors que les coûts en parc d'engraissement atteignent
1,39$/jour. On a également calculé un coût de production
différent de 0,26 $/kg dans le parc d'engraissement comparativement
à 0,10 $/kg au pâturage (donné non illustrées).
McCaughey (1993) a obtenu un coût de production de 0,44 $ à
0,66 $/kg au pâturage comparativement à 1,10 $/kg dans
le parc d'engraissement. Notamment, le bénéfice total de
l'expérience actuelle (la différence entre le coût
total par animal et la valeur finale de l'animal) était de 0,13 $/kg
de gain ou de 68,00 $/animal élevé au pâturage
tandis que les animaux en parc d'engraissement on tout juste atteint le
seuil de rentabilité, indiquant que la finition dans un pâturage
de graminées/légumineuses peut représenter une solution
de rechange économique à l'élevage du boeuf
en parc d'engraissement dans les conditions économiques actuelles.
Dans cette expérience, le taux d'occupation était équivalent
à 48 têtes/ha/jour, une densité relativement modeste
étant donné les conditions climatiques dont ont bénéficié
les pâturages. On aurait vraisemblablement pu améliorer les
bénéfices à l'hectare en augmentant la densité
(bien qu'on doive tenir compte de facteurs de régie) et en réduisant
le coût de la terre. Le coût de location des champs situés
à proximité de la propriété des Stewart sont
de 245 $/ha en raison de la concurrence de la production de pommes
de terre, alors que les pâturages se louent généralement
environ 122 $/ha. Une réduction de 50 % des frais de
location diminuerait les dépenses reliées aux pâturages
d'environ 50 %.
Le rendement de la carcasse (le rapport entre le poids de la carcasse
et le poids vif) était plus élevé pour les bouvillons
que pour les génisses, comme pour les bestiaux élevés
en parc d'engraissement par rapport aux animaux au pâturage (tableau
2). Le pourcentage de viande maigre n'était pas différent.
En dépit d'un rendement de la carcasse inférieur, les bestiaux
élevés au pâturage se sont classés de manière
semblable. Oltjen et coll. (1971), Turner et Raleigh (1977) ainsi que
Dinius et Cross (1978) prétendent que les carcasses produites à
partir d'une alimentation faite de concentrés se classent mieux
que les animaux finis au pâturage. Cependant, dans cette expérience,
la classification et l'aspect visuel des carcasses n'étaient pas
différents, car seulement trois animaux (1 provenant du parc d'engraissement
et 2 du pâturage) sur 23 n'ont pas reçu la cote A1, et le
persillage était essentiellement comparable entre les modes de
finition. D'autres chercheurs ont également observé que
les bestiaux finis au pâturage peuvent se classer aussi bien que
les animaux provenant des parcs d'engraissement (Bowling et coll., 1977).
En dépit des rapports qui indiquent que les tissus adipeux des
bestiaux finis aux céréales présentent une coloration
moins jaune que les bovins finis au champ (Craig et coll., 1959 ; Dinius
et Cross, 1978 ; Harrison et coll., 1978), le gras présent sur
les carcasses des animaux ayant participé à cette étude
ne présentait aucune coloration jaune. En fait, parmi les 64 autres
animaux finis au pâturage dans des recherches effectuées
au Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse en
1995 et en 1996, aucun n'a été déclassé en
raison de la présence de gras jaune (Martin et coll., 1997). On
sait que la classification des carcasses s'améliore avec l'augmentation
du taux de gain (Charmley, 1995). Cela peut expliquer le fait que les
jeunes animaux élevés avec des fourrages de haute qualité
sont moins susceptibles de présenter une coloration jaune du gras
que les animaux qui engraissent plus lentement et sont plus vieux lors
de l'abattage.
CONCLUSION
Le GMQ des bestiaux finis au pâturage étudiés dans
cette recherche était de 0,2 kg/jours inférieur à
celui des animaux en parc d'engraissement, mais le bénéfice
net total a atteint 0,13 $/kg de gain pour les animaux au pâturage,
comparativement à nul pour les bestiaux finis dans le parc d'engraissement.
On a observé une perte de poids au moment de la transition du début
de la saison de pâturage et de la période de fin de l'été,
alors que la croissance des plantes ralentit. On pourrait augmenter encore
les marges bénéficiaires en réduisant la perte de
poids de la période de transition, en ajustant les taux d'occupation
aux variations saisonnières de la croissance des plantes fourragères
et en utilisant des terres moins chères comme pâturage.
La classification des carcasses des animaux finis au pâturage ou
dans le parc d'engraissement s'est révélée semblable.
Bien qu'on ne puisse ignorer le risque de présence de gras jaune,
la qualité des carcasses est élevée quand les bestiaux
grossissent rapidement dans les pâturages. Les conditions de cette
expérience permettent de conclure que le fait de nourrir des bovins
avec des pâturages de bonne qualité composés de graminées
et légumineuses représente une solution de rechange viable
à l'élevage du boeuf en parc d'engraissement qui peut
être présentée aux consommateurs comme un choix alimentaire
qui favorise les agroécosystèmes durables et la préservation
de l'environnement.


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1 Département de phytologie, Collège
d'agriculture de la Nouvelle-Écosse, C.P. 550, Truro, Nouvelle-Écosse
B2N-5E3
R.W. Jannasch est coordonnateur de recherche de l'Atlantic Pasture Research
Group du Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse. A.H.
Fredeen est professeur en nutrition et en production laitière au
département de Phytologie et de Zoologie et R.C. Martin est le
directeur du Centre d'agriculture biologique du Canada.
2 T. Stewart est conseiller en crédit
pour la corporation de crédit agricole, C. P. 1180, 125 Queen St.,
Woodstock (Nouveau-Brunswick) E7M-2M8.
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