
L’agriculture biologique et l’approvisionnement alimentaire
mondial
Catherine Badgley (1), Jeremy Moghtader
(2,3), Eileen Quintero (2), Emily Zakem
(4), M. Jahi Chappell (5), Katia Avilés-Vázquez
(2), Andrea Samulon (2) et Ivette Perfecto
(2)
Résumé
Les principales objections à la proposition à l’effet
que l’agriculture biologique peut contribuer énormément
à l’approvisionnement alimentaire mondial ont trait aux faibles
rendements et aux quantités insuffisantes de fertilisants acceptables
au plan biologique. Nous avons évalué l’universalité
de ces deux allégations. Pour la première, nous avons comparé
les rendements de la production biologique par rapport à la production
conventionnelle, ou à la production alimentaire allant de faible
à intensive, pour un ensemble de données mondiales portant
sur 293 exemples, et nous avons estimé le ratio du rendement moyen
(biologique:non biologique) de diverses catégories alimentaires
pour le monde développé et le monde en développement.
Dans le cas de la majorité des catégories, le ratio de
rendement moyen était légèrement supérieur
à 1,0 pour les études du monde développé et
légèrement inférieur à 1,0 pour celles du
monde en développement. Avec les ratios du rendement moyen, nous
avons établi un modèle d’approvisionnement alimentaire
mondial, dont les produits pourraient être cultivés de manière
biologique, au moyen du territoire agricole actuel. Les estimations du
modèle indiquent que les méthodes biologiques pourraient
produire assez d’aliments par habitant à l’échelle
mondiale pour subvenir aux besoins de la population humaine actuelle et,
éventuellement, à ceux d’une population plus nombreuse,
sans accroître le territoire agricole.
Nous avons également évalué la quantité d’azote
potentiellement disponible provenant de la fixation de l’azote par
les cultures-abris de légumineuses utilisées comme fertilisant.
Les données sur les agroécosystèmes tempérés
et tropicaux suggèrent que les cultures-abris de légumineuses
pourraient fixer assez d’azote pour remplacer la quantité
de fertilisants synthétiques qui sont utilisés à
l’heure actuelle.
Ces résultats indiquent que l’agriculture biologique a le
potentiel de contribuer considérablement à l’approvisionnement
alimentaire mondial, tout en réduisant les incidences environnementales
néfastes de l’agriculture conventionnelle.
L’évaluation et l’examen de cette documentation ont
soulevé d’importants enjeux au sujet des cultures de rotation
dans le cadre de l’agriculture biologique par rapport à l’agriculture
conventionnelle et à la fiabilité des sources de la littérature
grise. Vous trouverez un dialogue continu sur ces thèmes dans l’éditorial
du Forum du présent numéro.
Source
Renewable Agriculture and Food Systems (2007), 22 : 86 à 108 Université
de Cambridge University Press
(1) Musée de paléontologie, Université du Michigan,
Ann Arbor, Michigan 48109, É. U.
(2) École des ressources naturelles et de l’environnement,
Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109 É. U.
Auteure-ressource : perfecto@umich.edu
(3) Département d’horticulture, Michigan State University,
East Lansing, Michigan 48824, É. U.
(4) École d’art et de design, Université du Michigan,
Ann Arbor, Michigan 48109, É. U.
(5) Département d’écologie et de biologie évolutive,
Université du Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109, É. U.
English version
Affiché en décembre 2007
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