Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

Manger biologique réduit la charge de pesticides des enfants

P A N U P S Pesticide Action Network Update Service (réseau d'information et d'action sur les pesticides)

31 janvier 2003

Une étude de l'université de Washington a analysé la présence de sous-produits de la décomposition de pesticides (métabolites) chez les enfants d'âge scolaire et a constaté que les enfants mangeant des fruits et des légumes biologiques présentent des concentrations de métabolites de pesticides six fois plus faibles que des enfants mangeant des produits conventionnels.
L'étude a comparé la concentration de métabolites des pesticides organophosphorés (OP) (classe d'insecticides qui perturbent le système nerveux) dans l'urine de 39 enfants de 2 à 4 ans vivant en ville et en banlieue. Les découvertes des chercheurs indiquent aux parents une manière relativement simple de réduire les charges de produits chimiques dans l'organisme de leurs enfants - servez-leur des produits biologiques.

Les auteurs se sont concentrés sur l'exposition aux pesticides des enfants par l'alimentation, car ils sont plus à risque pour deux raisons : ils consomment une quantité plus grande d'aliments par rapport à la masse relative de leur corps, et ils mangent davantage d'aliments plus riches en résidus de pesticide, tels que les jus, les fruits frais et les légumes. Une étude antérieure, citée par les auteurs, a examiné la présence de métabolites de pesticides dans l'urine de 96 enfants citadins et banlieusards et a trouvé des traces de pesticides OP chez tous les enfants sauf un. Les parents de l'enfant dont l'urine ne présentait pas de métabolites de pesticides ont déclaré acheter exclusivement des produits biologiques.

Les chercheurs ont recruté les enfants ayant participé à l'étude à l'extérieur de magasins d'alimentation conventionnels et biologiques de la région métropolitaine de Seattle et ont demandé aux parents de noter tous les aliments consommés pendant trois jours avant de prélever l'urine de leur enfant pendant 24 heures. En se basant sur le journal de la consommation d'aliments, l'étude a classé les enfants en deux groupes : l'un consommant au moins 75 % de fruits et légumes biologiques, l'autre consommant au moins 75 % de produits conventionnels. On a également questionné les parents sur l'utilisation de pesticides domestiques à la maison, dans le jardin, sur la pelouse et les animaux de compagnie. Bien que les auteurs aient constaté que les parents d'enfants mangeant des régimes conventionnels avaient davantage tendance à rapporter une certaine utilisation de pesticides à la maison, ils n'ont pas trouvé de différence significative des concentrations de métabolites de pesticide basée sur cette utilisation.

On a examiné l'urine des enfants pour détecter la présence de cinq métabolites de pesticides OP qui sont homologués États-Unis et fréquemment utilisés dans les cultures vivrières.
L'étude s'est concentrée sur ces pesticides parce qu'ils sont métabolisés en plusieurs composés facilement identifiables. Ce sont les sous-produits de la décomposition de pesticides, tels que le malathion, l'azinphos-méthyl, le parathion, oxydéméton-méthyl, phosmet, parathion méthylique, méthidathion et diméthoate, qui ont été trouvés en concentrations les plus élevées. Parmi ces pesticides, l'azinphos-méthyl et le phosmet sont ceux qui sont le plus souvent utilisés sur les cultures d'aliments aux États-Unis. De plus faibles concentrations de sous-produits de décomposition de diazinon et de chlorpyrifos ont été trouvées.

Les chercheurs ont trouvé des concentrations médianes de métabolites d'OP six fois moindres chez les enfants mangeant des aliments biologiques. Les concentrations moyennes pour le groupe consommant des aliments biologiques étaient neuf fois inférieures, suggérant que certains enfants mangeant des aliments conventionnels présentent des concentrations beaucoup plus élevées de métabolites d'OP dans leur système.

Étant donné que plusieurs pesticides OP se décomposent en métabolites identiques, l'étude n'a pas fourni d'informations sur les pesticides particuliers auxquels les enfants ont été exposés. Cependant, l'étude a déterminé que certains enfants étaient en danger, car ils consommaient une dose quotidienne plus importante de pesticides OP que celle considérée " sûre " par l'agence de protection de l'environnement (EPA) des États-Unis. Les chercheurs ont conclu que la consommation de fruits et de légumes biologiques peut réduire le niveau d'exposition à un niveau acceptable, d'après les doses de consommation régulière de référence de l'EPA, " diminuant ainsi les dangers reliés à l'exposition d'un niveau élevé à un niveau de risque négligeable. "

Ces résultats confirment ce qui est déjà connu au sujet des résidus des pesticides présents dans les produits conventionnels. Une association de consommateurs a analysé les données du ministère de l'Agriculture des États-Unis sur les résidus de tous les pesticides pour 1999 et 2000 et a averti les parents de jeunes enfants de limiter ou éviter de leur donner certains aliments conventionnels connus pour contenir de hauts niveaux de résidus tels que les cantaloups, les haricots verts (en boîte ou surgelés), les poires, les fraises, les tomates (du Mexique) et les courges. L'étude de Seattle, qui tient compte des journaux de consommation tenus par les parents, ajoute les pommes à cette liste.

Susan Kegley, scientifique travaillant pour le Pesticide Action Network, affirme : " Nous sommes, depuis longtemps, préoccupés par l'exposition continue aux pesticides organochlorés parce qu'ils demeurent présents dans nos corps pendant des années. Cette étude révèle que nous sommes constamment exposés aux pesticides OP, non pas parce qu'ils restent longtemps dans nos corps, mais parce que nous sommes continuellement exposés par le biais des aliments que nous mangeons chaque jour. "

La principale conclusion de l'étude - manger des fruits et des légumes biologiques peut réduire de manière significative les charges de pesticides auxquelles sont exposées les enfants - constitue une information que les parents peuvent utiliser afin d'agir pour réduire le danger que subissent leurs enfants. Une conclusion secondaire - le niveau rencontré chez les petits enfants peut excéder les niveaux " sûrs " d'exposition aux pesticides - constitue une information qui devrait faire réagir les autorités afin de, au minimum, réduire l'utilisation de ces pesticides sur les récoltes vivrières.

 

Haut de la page

© 2006, Centre d'agriculture du Canada (CABC)