
Aliments biologiques et conventionnels : examen de la documentation
sur les facteurs économiques de la perception et des préférences des consommateurs
Samuel Bonti-Ankomah1 et Emmanuel
K Yiridoe2
RÉSUMÉ
QUESTION ET OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
L'intérêt grandissant pour l'agriculture biologique a entraîné la multiplication
des études visant à comparer différents aspects des aliments produits
soit de façon biologique, soit de façon conventionnelle. Le présent rapport
contient une évaluation exhaustive des études comparatives empiriques
des aliments biologiques et des mêmes aliments produits de manière conventionnelle.
L'idée maîtresse de la recherche gravite autour de la demande des consommateurs
et de la commercialisation et de, plus particulièrement : 1) l'incidence,
sur la demande des consommateurs, d'une définition économique des aliments
biologiques; 2) les principaux attributs dont les consommateurs tiennent
compte lorsqu'ils comparent deux aliments, le premier biologique, le second
conventionnel; 3) l'étendue des connaissances des consommateurs et leur
sensibilisation à l'égard des aliments biologiques; 4) les méthodes d'évaluation
et la caractérisation des attitudes et des préférences des consommateurs
de produits biologiques; 5) l'importance de la prime et la volonté de
payer des consommateurs pour des produits biologiques; et 6) le profil
du consommateur d'aliments biologique.
QUESTIONS APPLIQUÉES
Les consommateurs sont-ils bien informés au sujet des produits biologiques?
De manière générale, et bien qu'ils disposent de certaines connaissances
sur les produits biologiques, les consommateurs n'interprètent pas toujours
le label biologique de la même manière. Par ailleurs, s'il est vrai que
les consommateurs ont bien compris les grands enjeux du secteur biologique,
bon nombre d'entre eux ont tendance à méconnaître la complexité et la
subtilité des pratiques agricoles biologiques et des attributs de qualité
des aliments biologique. L'incertitude relative aux véritables attributs
des aliments biologiques, conjuguée au scepticisme à l'égard du label
biologique, partiellement attribuables, il est vrai, aux cas signalés
d'erreurs d'étiquetage et d'assertions inexactes relatives à des produits
(lesquelles sont en partie imputables à la diversité des normes biologiques
et des processus de certification), pourrait empêcher certains consommateurs
d'acheter des produits biologiques.
Quel est le plus important facteur stimulant de la demande pour les produits
biologiques? Les inquiétudes à l'égard de la santé humaine et de la sécurité
constituent un élément d'influence prépondérant qui motive la préférence
des consommateurs pour les produits biologiques, ce qui va de pair avec
la détérioration observée de la santé humaine avec le temps et, par conséquent,
motive les consommateurs à acheter des produits biologiques à titre d'assurance
ou d'investissement dans leur santé.
Quelles sont les principales considérations économiques motivant l'achat
de produits biologiques? La proportion de consommateurs disposés à payer
une prime pour obtenir un aliment biologique diminue à mesure que cette
prime augmente. En revanche, les primes tendent à augmenter à mesure que
les attributs préférés sont conjugués dans un produit. De plus, la demande
dépend davantage du différentiel de prix par rapport à un aliment conventionnel
que du prix en tant que tel. Contrairement à la sensibilité de la demande
par rapport à la variation des prix, l'élasticité de la demande pour les
produits biologiques par rapport au revenu est généralement plutôt faible.
Note d'importance aux analystes des politiques : Il importe pour
les analystes des politiques et les chercheurs de savoir que ce sont les
fruits et légumes biologiques frais qui composent la plus grande partie
du panier d'épicerie biologique du consommateur. De plus, aucunes données
précises n'ont été colligées sur la perception qu'ont les consommateurs
assidus de certains produits biologiques précis (par exemple, la viande
biologique) : sont-ils considérés comme des aliments courants ou des produits
de luxe?
Dans la presse...
La référence permettant d'accéder au travail universitaire connexe est :
Yiridoe, E.K., S. Bonti-Ankomah et R.C. Martin. Comparison of consumer
perceptions and preference toward organic versus conventionally produced
foods: A review and update of the literature. Renewable Agriculture and
Food Systems, 2005, 20(4): pp. : 193 à 205.
(1) Économiste-chercheur, Analyse de la chaîne
agroalimentaire et de la gestion intégrée du risque, Agriculture et Agroalimentaire
Canada, Ottawa, Canada
(2) Professeur agrégé, Department of Business
and Social Sciences, Collège d'agriculture de la Nouvelle-Écosse,
Truro (N.-É.) B2N 5E3, Canada
Auteur-ressource : eyiridoe@nsac.ns.ca;
no de téléphone : 902-893-6699; no de fax : 902-897-0038
N.B. : Le ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire du Canada
(AAC) est heureux de participer à la production de cette communication
du CABC. AAC s’engage à collaborer avec ses partenaires du secteur industriel
dans le but de sensibiliser davantage le public à l’importance que revêtent
l’agriculture et l’industrie agroalimentaire au Canada. Les opinions exprimées
dans le présent document sont celles du CABC et ne reflètent pas nécessairement
les positions d’AAC.
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Publié en avril 2007
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