
Évaluation du rendement de la culture du lin dans les Maritimes
Chercheurs : Dr Andy Hammermeister, Shannon Urbaniak
Introduction
Le Canada est le chef de file mondial en production du lin, avec plus
de 750 000 tonnes produites dans la région des Prairies (ce
qui représente environ 40 % de la production mondiale). L'agronomie
de la production du lin est relativement bien comprise en raison du grand
nombre de projets de recherche et développement effectués
sur le sujet en Saskatchewan et au Manitoba. En dépit de la présence
limitée de la culture du lin dans les provinces maritimes,
la recherche a prouvé que cette culture peut se faire ici avec
des résultats comparables à ceux obtenus dans l'Ouest
canadien.
De récentes études ont démontré que l'ajout
du lin au régime des animaux améliore leur santé
et la qualité de la viande. Le lin est un produit qui entre dans
la composition des aliments pour animaux, des chiens à la volaille,
en passant par les bovins. Le lin est également très recherché
dans le marché des aliments de santé. Les avantages du lin
pour la santé incluent sa richesse en acides gras Omega 3 (acide
alphalinolénique), en fibre alimentaire et en lignine, son faible
taux de glucides et son absence de gluten.
En introduisant le lin dans une rotation, on intègre une espèce
unique, ce qui est utile pour maîtriser les ravageurs et les maladies.
Les transformateurs, les détaillants et les agriculteurs ont tous
remarqué un intérêt croissant envers le lin. Comme
il requiert peu d'azote, le lin convient particulièrement bien
à la production biologique. La lutte contre les mauvaises représente
cependant le principal défi en production biologique de lin, car
cela a une incidence sur la qualité de la récolte. Il est
donc particulièrement important de bien comprendre les variables
qui ont une incidence sur la densité des mauvaises herbes en production
de lin biologique dans les maritimes. On considère généralement
que des semis hâtifs contribuent à une meilleure récolte
de lin. Cependant, dans les systèmes de production biologique,
il est souvent préférable de semer plus tard afin d'avoir
plus de chances de maîtriser la population de mauvaises herbes.
Aussi, dans le cadre de cette expérience, on a étudié
deux dates de semis et leur incidence sur la présence des mauvaises
herbes et le résultat du semis de lin.
Méthodes
Nous avons choisi deux variétés de lin, CDC Mons et Hanley,
pour les comparer afin d'étudier le potentiel de la culture du
lin biologique en Nouvelle-Écosse. Les deux variétés
sont originaires du Manitoba et ont été choisies pour leur
résistance à la verse au-dessus de la moyenne, la haute
qualité de leur huile et leur résistance aux maladies. Le
rendement et la compétitivité face aux mauvaises herbes
des deux variétés ont été mesurés en
tenant compte de la date de semis et du fait qu'elles aient été
semées en mélange avec du blé (C.A. Helena) ou pures.
Traitements
(Huit traitements au total) :
- Hanley semé tôt
- CDC Mons semé tôt
- Hanley semé tôt en mélange avec du blé
- CDC Mons semé tôt en mélange avec du blé
- Hanley semé tard
- CDC Mons semé tard
- Hanley semé tard en mélange avec du blé
- CDC Mons semé tard en mélange avec du blé
La date de semis hâtive fut le 13 mai; cela inclut un passage de
herse à disques le 7 mai et un passage de vibroculteur le 12 mai.
La date de semis tardive fut le 1er juin; en plus du passage de herse
à disques le 7 mai et du vibroculteur le 12 mai, cette parcelle
a également reçu un passage de herse à disques et
de vibroculteur le jour du semis.
Résultats
Les données initiales ont indiqué que la densité
de lin et de blé était plus élevée avec
le semis tardif. La variété Hanley présentait une
densité plus élevée que la CDC Mons, et mûrissait
légèrement plus rapidement. Le peuplement de mauvaises herbes
annuelles était plus important avec la date de semis hâtive.
Le rendement des parcelles où le lin a été
semé pur, sans blé, a été de 0,44 t/ha à
1,75 t/ha, selon le traitement. On a observé des rendements très
faibles dans les parcelles où le chiendent était très
présent et compétitif. De façon générale,
la culture intercalaire de blé a réduit les rendements de
lin d'environ 40 %. Toutefois, la production totale du lin et
du blé était comparable au rendement total de lin dans
les parcelles où le lin était seul. Le semis tardif de lin a
donné des rendements comparables au semis hâtif, ce qui s'explique
peut-être par les avantages d'une meilleure maîtrise
des mauvaises herbes. On a observé des différences négligeables
dans le rendement général des différentes variétés
de lin. La qualité du lin n'a pas été encore
étudiée.
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