
Modélisation des gains potentiels en éco-efficacité
de la transition vers l’agriculture biologique : perspectives du
cycle de vie dans la production canadienne de canola, de maïs, de
soja et de blé
N. Pelletier*, N. Arsenault N et P.
Tyedmers
School for Resource and Environmental Studies
Université Dalhousie
courriel : nathanpelletier@dal.ca
Résumé
Nous nous sommes servis de l’évaluation du cycle de vie pour
modéliser les réductions possibles sur plusieurs plans :
demande cumulative en énergies (fossiles et renouvelables) et réchauffement
climatique, émissions acidifiantes et de substances appauvrissant
la couche d’ozone – et ce, dans le contexte d’une transition
hypothétique à l’échelle du Canada de la production
agricole classique vers la production biologique de quatre grandes cultures
[canola (Brassica rapa), maïs (Zea mays), soja
(Glycine max) et blé (Triticum aestivum)].
Les modèles de ces systèmes ont été établis
à l’aide d’une combinaison de données de recensement,
de valeurs publiées et des normes de production biologique décrites
dans les Normes canadiennes nationales pour l’agriculture biologique
afin qu’ils soient largement représentatifs des similitudes
et des différences qui caractérisent ces techniques de production
très distinctes.
Nos résultats indiquent que la production biologique consommerait
en moyenne 39 % de l’énergie et produirait 77 % des émissions
responsables du réchauffement climatique, 17 % des émissions
appauvrissant la couche d’ozone, et 96 % des émissions acidifiantes
associés à la production nationale actuelle de ces cultures.
Ces différences étaient presque exclusivement attribuables
aux différences dans les fertilisants utilisés dans les
gestions classique et biologique de l’agriculture, et étaient
surtout influencées par la demande cumulative plus élevée
en énergie et par les émissions associées à
la production de fertilisants azotés conventionnels comparativement
à la production d’engrais verts utilisés pour la fixation
de l’azote en agriculture biologique.
Globalement, nous estimons qu’une transition vers la production
biologique de l’ensemble de ces grandes cultures au Canada se traduirait
par une réduction de la consommation nationale d’énergie
de 0,8 %, des émissions responsables du réchauffement climatique
de 0,6 % et des émissions acidifiantes de 1 % mais n’aurait
qu’un impact négligeable sur la réduction des émissions
appauvrissant la couche d’ozone.
Source
Environmental Management (2008) 42: 989-1001
English
Publié en marche 2009
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