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Caractérisation de la dynamique du carbone et de l'azote pendant le
compostage et dans les sols amendés au compost au moyen de la technique
de la teneur isotopique naturelle en 13C et en 15N
D. H. Lynch1, R. P. Voroney2,
P. R. Warman3
Résumé
La séparation isotopique au moment
du compostage pourrait produire des matières organiques dont la signature
en d13C et en d15N serait plus homogène, ce qui permettrait d'en étudier
le sort dans les sols. Pour vérifier cette hypothèse, nous avons contrôlé
le contenu en C, N, d13C et d15N pendant les neuf mois qu'a duré
le compostage couvert (thermophile; > 40 °C)
d'ensilage de maïs.
La teneur en carbone a diminué de 83,3 %, passant de 10,34 à
1,73 g / (g cendre)1, pendant le compostage.
Les pertes d'azote ont compté pour 28,4 % du contenu azotique initial.
La teneur en d13C du compost s'est légèrement étiolée et s'est uniformisée
de plus en plus (–12,8 ± 0,6 ‰ à –14,1 ± 0,0 ‰) avec le
compostage. La teneur en d15N (0,3 ± 1,3 ‰ à 8,2 ± 0,4 ‰) a
augmenté avec une variation isotopique réduite similaire.
Nous avons par la suite examiné le sort du carbone et de l'azote dans
différents composts de sols. Nous avons caractérisé la teneur en C, N,
d13C et d15N dans un sol intégral (0 à 5 cm), à fraction légère (< 1,7
g / cm3) et lourde (> 1,7 g / cm3),
et à particules de tailles diverses (250 à 2 000 µm; 53 à 250 µm
et < 53 µm). Les mesures ont été prises un an et deux
ans après l'application en surface de compost de maïs d'ensilage (CME)
de compost de fumier d'étable (CFE), de compost à base de boues résiduaires
(CBR) et de compost additionné de purin d'étable (PE) sur un sol de prairie
tempérée (C3). Les valeurs d'application de d13C et de C (mg / ha1)
étaient : -27,3 ‰; 2,9 (PE), -26,6 ‰; 10,0
(CFE), -25,9 ‰; 10,9 (CBR) et -14,0 ‰; 4,6 et 9,2
(CME). La valeur de d13C dans le sol non amendé affichait une variabilité
spatiale (-28,0 ‰ ± 0,2; n=96) et temporelle peu importante.
Tous les composts C4 (CME) et C3 (CFE et CBR), à l'exception
du fumier C3 (FE) ont entraîné une modification importante au chapitre
du d13C et du d15N dans le sol en vrac. Les estimations relatives à la
rétention de carbone dans le sol provenant du compost étaient moins sensibles
que celles obtenues au moyen des techniques de teneur isotopique en carbone.
Un et deux ans après l'application, respectivement 95 % et 89 % (CME),
75 % et 63 % (CBR) et 88 % et 44 % (CFE) du carbone provenant du
compost appliqué était toujours présent, la majorité se trouvant dans
les matières particulaires (> 53 µm) et les fractions
légères. Cependant, le compost C4 (CME) était facilement détectable (12 %
du C de compost encore présent) dans les fractions minérales (< 53 µm).
L'azote enrichi de d15N dans le compost vient étayer l'interprétation
faite des données sur le d13C.
Nous pouvons conclure que les composts sont particulièrement récalcitrants
lors de l'entreposage prolongé de C dans les fractions de sol non minérales.
La sensibilité des techniques de teneur isotopique naturelle des traceurs
pour caractériser le leur sort dans le sol augmente avec le compostage,
alors que le carbone isotopique développe une signature plus homogène,
emn plus des quantités relativement importantes de carbone stable appliqués
au moyen de composts.
Source
Soil Biology and Biochemistry (2006) 38: 103-114
(1) Department of Plant and Animal Sciences, Nova Scotia
Agricultural College (NSAC), P.O. Box 550, Truro, Nova Scotia, Canada
B2N 5E3
(2) Department of Land Resource Science, University of Guelph,
Guelph, Ontario, Canada N1G 2W1
(3) Department of Environmental Science, NSAC, P.O.
Box 550, Truro, Nova Scotia, Canada B2N 5E3.
*
E-mail dlynch@nsac.ca
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