
Parti pris dans l’évaluation par les pairs des demandes
de subventions de recherche en agriculture biologique
J. Rasmussen1, V. Langer1 et H. F. Alrøe2
Résumé
Nous avons analysé 84 demandes de subventions en agriculture biologique
présentées en Suède, toutes évaluées
par les pairs, afin de déterminer si l’appartenance des évaluateurs
à l’un ou l’autre des modes d’agriculture (biologique
ou conventionnelle) influençait leurs évaluations.
Nous avons divisé les évaluateurs en trois groupes : (1)
scientifiques ayant de l’expérience en recherche sur l’agriculture
biologique; (2) scientifiques sans expérience en recherche sur
l’agriculture biologique; (3) utilisateurs des travaux de recherche
en agriculture biologique.
Les deux groupes de scientifiques ont évalué la pertinence
pour la société et la qualité scientifique des demandes
de subventions selon trois critères (présentation, méthodologie,
qualifications), tandis que le groupe d’utilisateurs évaluait
uniquement la pertinence pour la société.
L’analyse a montré que les deux groupes de scientifiques
parvenaient à des évaluations très différentes.
Ceux qui avaient une certaine expérience en recherche sur l’agriculture
biologique ont eu tendance à être plus souvent d’accord
avec le groupe d’utilisateurs quant à la pertinence de la
recherche proposée, que ne l’ont été les évaluateurs
scientifiques sans ce type d’expérience. Dans les deux groupes
de scientifiques, l’évaluation de la pertinence avait un
rapport étroit avec l’évaluation de la qualité
scientifique.
Comme les deux groupes d’évaluateurs n’ont pas vraiment
fait de distinction entre pertinence pour la société et
qualité scientifique, le concept d’un examen objectif est
remis en question. Il n’y a pas vraiment eu de distinction établie
entre les valeurs contextuelles associées aux normes d’une
bonne agriculture et les valeurs scientifiques associées aux normes
habituelles de la démarche scientifique rigoureuse. Ceci nous amène
à nous interroger sur le bien-fondé de combiner les demandes
de subventions de recherche en agriculture biologique et en agriculture
conventionnelle, sans tenir compte de la formation des évaluateurs.
Source
Agriculture and Human Values (2006) 23: 181–188
DOI 10.1007/s10460-005-6105-6
(1) Department of Agricultural Sciences, The Royal Veterinary
and Agricultural University, Copenhagen, Denmark;
(2) Danish Research Center for Organic Food and Farming,
Tjele, Denmark
English
Publication: juillet 2007
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