
Intégration de l’élevage biologique, notamment
les porcs et les volailles, à l’utilisation des sols
Hermansen J.-E., Strudsholm K., Horsted K.
Résumé
On peut attribuer l’essor de la production de bétail biologique
à l’intérêt accru des consommateurs pour des
produits biologiques, associé à un intérêt
marqué de la part des éleveurs pour la conversion aux méthodes
de production biologiques.
Intérêt, par ailleurs souvent stimulé par le soutien
des pouvoirs publics ou par les subventions. Il est essentiel que les
systèmes de production biologique répondent aux attentes
de chacun de ces intervenants pour que l’élevage biologique
puisse poursuivre sa croissance.
Cela est particulièrement important pour les productions biologiques
porcines et avicoles (autres que les oeufs), si on veut les voir sortir
du créneau restreint actuel pour occuper une place significative
dans les marchés de l’alimentation, comme ce fut le cas pour
le bœuf et le lait.
Comparativement aux systèmes d’élevage de bovins
et autres ruminants, il est possible de soutenir que la dimension limitée
de la production biologique de porc et de volailles est liée au
fait qu’il est beaucoup plus difficile pour les fermiers de changer
les systèmes d’exploitation existants d’une façon
qui intègre de manière équilibrée les différents
objectifs de l’agriculture biologique.
Des problèmes pourraient survenir lors du choix des méthodes
d’élevage les plus appropriées, si l’on décide
de tenir compte des aspects fondamentaux du comportement animal, des risques
de pollution associés à la production, tout en visant un
objectif de production en quantités suffisantes.
Ces contradictions possibles se reflètent d’ailleurs dans
les compromis que l’on retrouve dans les réglementations
canadiennes ou américaines encadrant l’agriculture biologique.
En effet, la dimension « respect le plus important possible du comportement
animal naturel » se traduit notamment par l’exigence selon
laquelle les animaux doivent, à certaines périodes de leur
vie ou au cours de l’année, pouvoir brouter à l’extérieur
ou avoir accès à un enclos en plein air. Les systèmes
d’élevage extérieurs les plus courants pour les porcs
et les volailles des exploitations d’élevage biologique de
type industriel présentent des inconvénients notables au
chapitre des incidences environnementales (risques de lessivage de N et
volatilisation de l’ammoniac), du bien-être des animaux (anneau
nasal), du taux de mortalité élevé des volailles,
et des contraintes liées à la charge de travail et à
la gestion.
L’expérience récente que nous avons de ces systèmes
amène à penser que des changements radicaux s’imposent.
Il faut que s’établissent des systèmes d’élevage
extérieurs/en libre parcours (pour le bien-être du bétail)
conçus et gérés de telle manière que les animaux
exercent une influence positive sur d’autres aspects du système
de production.
On dispose d’éléments probants selon lesquels les
truies pleines peuvent satisfaire une bonne partie de leurs besoins nutritionnels
en broutant. Il semble également que des truies partageant un pacage
avec des taures peuvent diminuer le fardeau parasitaire des taures, et
que l’habitude de fouir du porc peut être géré
de manière à rendre le labour et autres travaux du sol plus
ou moins superflus.
Quant aux volailles, il semblerait que l’on puisse gérer
efficacement d’assez gros troupeaux en s’en servant dans la
lutte contre les mauvaises herbes dans certaines cultures ou contre les
ravageurs dans les vergers. Il est nécessaire de mener des études
plus poussées sur ces points afin qu’elles servent à
de fondements au développement futur des systèmes d’élevage.
Source
Livestock-Production-Science, no 90(1), 2004, p.11-26.
Publication: juillet 2007
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