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Impact à long terme des régies biologique et classique sur la diversité des champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA)

F. Oehl1, E. Sieverding2, P. Mäder3, D. Dubois4, K. Ineichen1, T. Boller1 and A. Wiemken1

Résumé
Des travaux précédents ont montré une amélioration considérable de la fertilité du sol dans les agroécosystèmes en régie biologique comparativement à l’agriculture classique. Les champignons mycorhiziens à arbuscules (CMA) jouent un rôle crucial dans l’acquisition des éléments nutritifs et dans la fertilité des sols.
L’objectif de la présente étude était d’étudier la diversité des CMA dans le contexte d’une étude à long terme pour laquelle des parcelles répétées, sur un même site d’Europe centrale, ont été cultivées pendant 22 ans en gestion biologique (deux parcelles) et en gestion classique (deux parcelles). Au cours de la 23e année, après une culture de 18 mois d’herbe/trèfle, on a examiné ces deux parcelles selon deux approches au plan de la diversité des CMA.

Pour commencer, à partir d’échantillons de sol, des spores de CMA ont été isolés afin d’en identifier la morphologie. L’étude a révélé que l’abondance des spores de CMA et la diversité des espèces étaient notablement plus élevées dans les parcelles biologiques. De plus, la population de CMA différait selon le type d’agriculture : les espèces de Glomus étaient aussi abondantes dans les deux systèmes mais les spores de Acaulospora et de Scutellospora étaient plus abondantes dans les parcelles en gestion biologique.

On a, d’autre part, installé des cultures-pièges à CMA constituées d’un mélange de Plantago lanceolata, de Trifolium pratense et de Lolium perenne comme végétaux-hôtes. Les communautés mycorhiziennes qui se sont développées dans les cultures-pièges différaient : après 12 mois, une grande partie des spores dans les cultures pièges en régie biologique appartenaient de façon constante à deux espèces de champignons Acaulosporaceae (A. paulinae et A. longula), alors qu’elles étaient rares dans celles en régie classique.

Les conclusions de l’étude montrent que certaines espèces de CMA présentes dans les écosystèmes naturels se maintiennent en agriculture biologique mais diminuent fortement en  agriculture classique, ce qui indique une perte potentiellement importante de la fonction de l’écosystème en régie classique.


Source
Oecologia (2004) 138: 575-583


(1) Botanisches Institut, Universität Basel, Hebelstrasse 1, 4056 Basel, Switzerland
(2) Institute of Plant Production and Agroecology in the Tropics and Subtropics, University of Stuttgart Hohenheim, Garbenstrasse 13, 70593 Stuttgart-Hohenheim, Germany
(3) Research Institute of Organic Agriculture, Ackerstrasse, 5070 Frick, Switzerland
(4) Swiss Federal Research Station for Agroecology and Agriculture (FAL), Reckenholzstrasse 191, 8042 Zürich-Reckenholz, Switzerland


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Affiché en mai 2010

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