
Gestion des champignons mycorchiziens a arbuscules dans les systemes de culture
C. Plenchette1, C. Clermont-Dauphin2, J. M. Meynard3 et J. A. Fortin4
Résumé
La globalisation mondiale du marché, la pression démographique et la dégradation de l’environnement ont, dans plusieurs parties du monde, mené à une réévaluation des systèmes agricoles actuels. Les modifications de l’environnement montrent que l’utilisation des engrais et des pesticides a atteint ses limites : pollution et perte de biodiversité dans les régions d’agriculture intensive, dégradation des systèmes agricoles les plus fragiles, coûts prohibitifs pour les producteurs les plus pauvres. L’agriculture conventionnelle doit s’orienter vers des pratiques plus durables, mais les systems de culture durable à faibles intrants ne pourront être viables que par une meilleure connaissance et maîtrise des interactions biologiques dans ces agro-systèmes.
Les champignons mycorhiziens apparaissent comme les organismes telluriques les plus importants à prendre en considération. Les mycorhizes qui résultent de l’association de ces champignons symbiotiques avec les racines des plantes sont directement impliquées dans la nutrition minérale, l’absorption de l’eau et la protection contre certains agents pathogènes. La plupart des plantes horticoles et de grande culture forment des mycorhizes. La littérature sur les mycorhizes est de plus en plus abondante, leur rôle dans la stimulation de croissance des plantes étant attribué principalement à une meilleure nutrition phosphatée. Cependant, si le potentiel des mycorhizes est reconnu, leur prise en compte dans les systèmes de culture reste à faire. Il est donc nécessaire d’améliorer et d’appliquer les méthodes analytiques permettant d’évaluer les paramètres fondamentaux tels que la Dépendance Mycorhizienne Relative au Champ des plantes, le Potentiel Infectieux Mycorhizogène du sol, la Réceptivité du sol aux champignons mycorhiziens. Moins d’engrais, de pesticides et de travail du sol sont favorables au développement des mycorhizes et donc au maintien du potentiel infectieux mycorhizogène du sol.
Mais le passage des systèmes actuels vers des systèmes plus durables n’est pas simple car les composantes des systèmes de culture sont étroitement liées les unes aux autres. Quelques systèmes actuellement pratiqués dans différents pays sont analysés pour illustrer les situations dans lesquelles les mycorhizes pourront ou non jouer un rôle pour le développement d’une agriculture plus durable.
Source
Canadian Journal of Plant Science (2005) 85: 31-40
(1) INRA, UMR BGA, Dijon, France (e-mail: christian.plenchette@dijon.inra.fr
(2) INRA, UMR APC, Guadeloupe, France
(3) INRA, SAD, Thiverval-Grignon, France
(4) Biologiste Conseil Inc., Loretteville, Québec, Canada
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Affiché mars 2010
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