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Les mauvaises herbes dans les fermes biologiques

B. Frick, E. Johnson – Ferme expérimentale Scott

Question
Les mauvaises herbes trouvées sur les terrains des fermes biologiques sont-elles différentes de celles de leurs voisins en agriculture classique?

Contexte
Les mauvaises herbes, comme tous les végétaux, se développent en fonction de leur environnement, de l’historique du sol et de facteurs qui tiennent à la chance pure. Certains des facteurs les plus importants de l’environnement, comme le temps, sont indépendants de la volonté de l’agriculteur. Certains facteurs importants pour les mauvaises herbes, comme la température du sol et le taux d’humidité, tiennent à la fois du climat local et de la régie particulière de la ferme. La gestion des fermes biologiques se distingue souvent de celles des exploitations classiques voisines, et on peut donc s’attendre à ce que les populations de mauvaises herbes diffèrent également.

Une étude menée en Saskatchewan a montré qu’on trouvait une plus grande variété d’espèces de mauvaises herbes dans les systèmes biologiques et un plus grand nombre d’entre elles que dans les systèmes classiques. La moutarde sauvage, le chénopode blanc et le chardon des champs, en particulier, étaient plus abondants dans les fermes bios. L’avoine sauvage n’était pas véritablement problématique. Dans cette étude, les différences selon les années étaient plus importantes qu’entre systèmes biologiques et systèmes classiques.

Une autre étude a comparé des échantillons plus nombreux de fermes biologiques et non biologiques de la Saskatchewan. Elle a conclut que l’assolement, surtout dans les fermes qui avaient un historique de cultures fourragères vivaces, avait davantage d’influence sur les populations de mauvaises herbes que l’exploitation biologique ou classique. Les plantes fourragères pérennes tendent à favoriser les mauvaises herbes pérennes et bisannuelles, tandis que les cultures d’annuelles favorisent les mauvaises herbes annuelles. Les champs cultivés biologiquement comportaient un plus grand nombre d’espèces de mauvaises herbes les plus réceptives aux herbicides – moutarde sauvage, chénopode blanc et bardanette épineuse (tableau 1). Les champs biologiques comportaient plus de mauvaises herbes individuelles, en moyenne, et plus d’espèces que les champs classiques voisins.

Au cours d’une étude manitobaine, des producteurs bios ont fait état de problèmes avec la moutarde sauvage, le chardon des champs, l’amarante pied rouge, la sétaire verte et la folle avoine. La moutarde sauvage constituait un problème plus grave pour les producteurs biologiques que pour leurs vis-à-vis classiques (tableau 2). Au cours de comparaisons expérimentales des systèmes biologiques et classiques effectuées dans le Dakota du Sud, les populations de mauvaises herbes annuelles à feuilles larges n’étaient pas foncièrement différentes selon les systèmes. La présence de graminées adventices, surtout de la sétaire verte et jaune, était notablement plus forte après six ans de cultures céréalières biologiques comparativement aux céréales en cultures classiques. Il n’y en avait pas vraiment plus avec le soja biologique.

Conclusion
Les populations de mauvaises herbes varient en fonction de nombreux facteurs. Certains comme le système de culture, l’année et la région peuvent jouer un rôle plus important que la régie biologique ou non de la ferme. Les fermes bios, cependant, sont plus susceptibles d’avoir davantage de moutarde sauvage, de chénopode blanc, de chardon, de bardanette épineuse et d’amarante pied rouge que les fermes classiques.

Table 1

Table 2


Financement
Fonds Canada-Saskatchewan d'innovation agroalimentaire

Personne-ressource
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Coordonnatrice pour les Prairies
Centre d’agriculture biologique du Canada
a/s Department of Plant Sciences
University of Saskatchewan
51 Campus Drive, Saskatoon
Saskatchewan, Canada S7N 5A8
Tél. : (306) 966-4975
Téléc. : (306) 966-5015
Courriel : brenda.frick@usask.ca

 

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