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Qu'est ce que l'agriculture biologique
?
La Fédération internationale des mouvements d'agriculture
biologique (IFOAM)
décrit l'agriculture biologique comme « un système
agricole qui fait la promotion de modes de production équilibré
au niveau environnemental, social et économique des aliments, des
fibres, du bois etc. Ces systèmes considèrent la fertilité
du sol comme une élément clé d'une production réussie.
En respectant le potentiel naturel des plantes, des animaux et du terrain,
elle vise à maximiser la qualité dans tous les aspects de
l'agriculture et de l'environnement.
L'agriculture biologique réduit de manière significative les apports d'intrants en interdisant l'utilisation de fertilisants chimiques de synthèse, de pesticides et de produits pharmaceutiques. Elle permet plutôt aux puissantes lois de la nature d'augmenter les rendements agricoles et la résistance aux maladies.
L'agriculture biologique tient également compte de considérations sociales dans une approche holistique qui reconnaît que les êtres humains sont tout aussi importants que le système biologique.
L'agriculture biologique adhère à des principes mondialement acceptés, qui sont mis en application en tenant compte du contexte socioéconomique, géoclimatique et culturel local . »
Quels sont les principes de base de l'agriculture
biologique ?
Les normes élaborées par la Fédération
internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM)
sont constituées des exigences minimales qui doivent
être intégralement incluses dans les normes de certification
d'un pays ou d'une région membre. Au-delà de ces normes
minimales, il existe de légères variations dans les normes
mises en place par les organismes de certification oeuvrant au niveau
national ou régional. Il est, par conséquent, important
que les producteurs contactent leurs organismes de certification locaux.
Les normes internationales découlent de principes tels que :
En quoi les aliments « biologiques certifiés
» sont-ils différents des autres aliments « biologiques
» ?
La certification veut dire que les aliments ont été
cultivés en respectant des normes strictes et uniformes et que
cela a été vérifié par un organisme indépendant
(consultez nos liens pour obtenir plus d'information sur la manière
de trouver les organismes
de certification). La certification comprend des inspections des champs
et des installations de transformation, la tenue de registres détaillés
et des analyses périodiques du sol et de l'eau pour assurer
que les agriculteurs et transformateurs respectent les normes.
Qu'est-ce que la certification ?
La certification est une procédure par laquelle un organisme
indépendant émet une assurance qu'une ferme ou une installation
de transformation a été soumise à une évaluation
et respecte les normes de cet organisme de certification. Les organismes
de certification sont souvent des organisations de producteurs et peuvent
être des entreprises bénévoles ou commerciales. En
ce moment, il existe au Canada plus de 40 organismes de certification
(pour obtenir plus d'information, consultez nos liens portant sur la certification).
En quoi consiste le processus de certification ?
Initialement, les producteurs qui souhaitent convertir leur ferme d'un
mode de production conventionnel à biologique doivent traverser
une période de transition (généralement de trois
ans) pendant laquelle ils n'utiliseront aucun fertilisant synthétique
ni pesticide. La ferme doit faire la preuve que ses pratiques respectent
les normes de l'organisme de certification et subir une inspection
annuelle faite par un inspecteur appartenant à une tierce partie.
Le producteur doit être prêt à montrer un plan de ferme et connaître l'historique (idéalement, avoir en main des registres) des cultures et des intrants (fertilisants, pesticides, usage d'antibiotiques ou d'hormones de croissance, etc.) des saisons précédentes.
Qu'est-ce que la « transition » ?
La période de transition, appelée conversion en Europe,
est un processus au cours duquel la régie d'un système
de production agricole conventionnel est modifié pour satisfaire
aux normes imposées aux systèmes agricoles biologiques.
La période de transition dure généralement trois
ans et est souvent très difficile, tant au niveau économique
qu'agronomique. Les producteurs en transition n'ont pas le
droit de mettre en marché leurs produits comme étant « biologique »
et, par conséquent ne reçoit pas de prime (cependant, des
marchés s'ouvrent pour les produits en transition). La période
de transition est également difficile sur le plan de mauvaises
herbes, des insectes et éventuellement du rendement. Établir
un système biologique et briser les cycles écologiquement
dysfonctionnels de l'agriculture conventionnelle prend du temps.
Existe-t-il une norme nationale pour l'agriculture
biologique ?
Les États-Unis possèdent le National Organic Program (NOP),
qui a établi des normes biologiques uniformes pour tous les États
et exige, par la loi, que quiconque vendant des produits « biologiques »
soit certifié par un organisme de certification accrédité.
Jusqu'à maintenant, le Canada ne possède pas de normes biologiques
obligatoires. L'Office des normes générales du Canada
(ONGC) révise actuellement les normes minimales volontaires pour
établir les Normes nationales du Canada pour l'agriculture biologique
(cliquer
ici pour consulter l'ébauche des normes).
Qu'est-ce que l'accréditation ?
L'accréditation est une méthode par laquelle un organisme
possédant une autorité (par ex. USDA, IFOAM, CAQ, COABC,)
donne une reconnaissance formelle à un organisme de certification
particulier de sa compétence pour effectuer la certification des
fermes et des installations de transformation.
Quelle est l'importance de l'industrie de l'agriculture
biologique au Canada ?
L'agriculture biologique est l'un des secteurs connaissant
la croissance la plus rapide de l'agriculture canadienne. En ce
moment, il y a, au Canada, environ 2 500 producteurs biologiques
exploitant 705 000 acres (285 000 hectares) en production biologique.
Selon un rapport de Statistiques Canada publié en 1999, approximativement
4,9 % des producteurs de fruits et légumes au Canada se considèrent
comme des producteurs biologiques.
Les sources provenant du secteur prétendent que les recettes des
fermes provenant de la production biologique atteignaient près
de 600 $ millions en 2000, représentant d'environ 1,5 %
des recettes agricoles totales. Les producteurs biologiques sont appuyés
par approximativement 150 transformateurs et distributeurs et plus de
45 organismes de certification travaillant à maintenir les normes
biologiques. Le Canada est parmi les cinq principaux producteurs mondiaux
de céréales et d'oléagineux biologiques qui
représentent une valeur estimée de 1$ milliard au niveau
de la vente au détail et des services alimentaires, incluant les
produits transformés et non transformés. Il est prévu
que les ventes canadiennes de produits biologiques au détail passent
de 0,7 $ milliard en 1997 à 3,1 $ milliards en 2005,
un taux de croissance moyen de 20 % par année. Le gouvernement
Fédéral prédit que l'industrie biologique représentera
10 % du marché de détail canadien d'ici 2010.
Presque toute la production biologique du Canada est exportée,
surtout sous forme de produits céréaliers et d'oléagineux
en vrac. Les États-Unis, où une part énorme de la
production biologique est transformée et revendue sur d'autres
marchés, sont le plus grand marché d'exportation pour
une grande part des aliments biologiques produits au Canada, suivis par
l'Union européenne et le Japon. Les provinces de la Saskatchewan,
de l'Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique sont
les principaux exportateurs.
(Source : Gouvernement du Canada)
Existe-t-il un organisme international qui chapeaute
l'agriculture biologique ?
Fondée en 1972, la Fédération internationale
des mouvements d'agriculture biologique
(IFOAM) est l'organisme international qui chapeaute l'agriculture
biologique. L'organisme réunit 750 organisations et institutions
membres dans 100 pays à travers le monde.
Pourquoi les produits biologiques coûtent-ils
plus cher ?
Nombreux sont ceux qui défendent le point de vue que le coût
des aliments biologiques reflète le vrai coût des aliments,
lorsque qu'on tient compte des facteurs socioéconomiques
et écologiques relatifs à la production des aliments. Néanmoins,
voici plusieurs raisons plus directes qui expliquent pourquoi les aliments
biologiques coûtent plus que les produits conventionnels similaires :
Comme l'industrie biologique continue à croître (et à profiter de recherche et de développement), les coûts de production devraient diminuer et la transformation, la distribution et la mise en marché d'aliments biologiques devrait évoluer.
Les aliments biologiques sont-ils plus « sains »
que les produits conventionnels ?
Il est difficile de donner une réponse définitive à
cette question. En ce moment, il n'y a pas eu d'étude complète
pour comparer les aliments produits de manière biologique aux aliments
conventionnels (et il est peu probable qu'il n'y en ait jamais.
Cela est principalement dû à la diversité des variables
propres à une telle étude (comme la variété
de la production, le mode de récolte, la régie, le type
de sol, etc.) Si nous interprétions plus « sain »
d'une manière plus large pour inclure l'environnement, le
bien-être animal, l'économie rurale et la santé
de la main-d'oeuvre agricole, alors il ne fait aucun doute
que les modes de production biologiques sont plus « sains »
que leurs contreparties conventionnelles.
Lien vers l'article Manger
biologique réduit la charge de pesticides des enfants.
Les aliments biologiques sont-ils exempts de pesticides ?
En dépit de l'interdiction d'utiliser des pesticides
synthétiques, il y a certains cas où les résidus
de pesticide se retrouvent sur les fermes biologiques, sont transportés
des fermes conventionnelles avoisinantes ou même provenant de résidus
de pesticides interdits depuis longtemps présents dans l'atmosphère
ou le sol. Cependant, plusieurs études indiquent qu'il est
beaucoup moins probable que les aliments biologiques contiennent des résidus
de pesticide que les aliments conventionnels. (Voir l'article ci-dessus)
Les aliments biologiques sont-ils moins sûrs
que les produits conventionnels ?
À mesure que la demande des consommateurs pour les aliments biologiques
augmente, leur valeur sera davantage soumise à un examen minutieux
de la part du public et de la presse. Les récents rapports prétendant
qu'il est plus risqué que les aliments biologiques soient
contaminés par les bactéries E. Coli sont faux et trompeurs.
Ces prétentions sont basées sur la pratique commune d'utiliser
du fumier frais pour fertiliser les cultures d'aliments. Oui, les
agriculteurs biologiques ont le droit d'utiliser du fumier sur leurs fermes,
mais en observant des règles strictes. Par exemple, tous les organismes
de certification prétendent que le fumier frais peut être
utilisé uniquement à condition que cela se fasse au moins
90 jours avant la récolte. Les producteurs conventionnels utilisent
également le fumier, mais ne sont pas soumis à de telles
règles. Les agriculteurs biologiques font généralement
composter leur fumier, et il a été démontré
que cette méthode réduit la présence de pathogènes
de manière importante.
Où puis-je acheter des aliments biologiques
certifiés ?
Il y a seulement quelques années, on pouvait trouver les aliments
biologiques seulement dans les magasins d'aliments naturels et les marchés
de producteurs. Cependant, l'augmentation de la demande des consommateurs
a suscité la présence d'aliments biologiques sur les
rayons de la plupart des épiceries et de plus en plus de restaurants
recherchent des produits biologiques pour leurs menus. Beaucoup de producteurs
biologiques certifiés comptent toujours sur la commercialisation
directe à la ferme ou dans les marchés de producteurs locaux.
Les groupes de promotions des produits biologiques régionaux (ACORN,
OPAM, COABC, SOD, etc.) et d'autres organisations (Equiterre, Knives
and Forks, etc.) possèdent des listes d'agriculteurs et de
producteurs qui peuvent réunir producteurs et consommateurs. Les
consommateurs doivent être aussi conscients qu'il y a beaucoup d'organisations
faisant la promotion de l'agriculture soutenue par la communauté
(ASC) grâce auxquels les consommateurs achètent des parts
annuelles dans une ferme et reçoivent en retour un approvisionnement
hebdomadaire de produits biologiques.
Les aliments biologiques sont-il exempts de modifications
génétiques (MG ou OGM) et d'irradiation ?
Toutes les normes biologiques interdisent l'usage de produits issus du
génie génétique en agriculture biologique (par ex.,
les semences, inoculants, etc.). Cependant, la circulation des transgènes
provenant des exploitations conventionnelles augmente la probabilité
de contamination par les OGM. De même, l'irradiation n'est pas permise
en agriculture biologique.
Où puis-je en apprendre davantage sur
l'agriculture biologique ?
Le CABC, en collaboration avec le CANE offre présentement quatre
cours d'agriculture biologique sur
le Web qui s'adressent autant aux étudiants universitaires
de premier cycle et aux personnes qui sont uniquement intéressées
à en apprendre plus sur la science et la pratique de l'agriculture
biologique. Le CABC travaille avec d'autres universités à
travers le Canada et offrira plus de cours dans un avenir rapproché.
Plusieurs réseaux biologiques régionaux (ACORN, OPAM, COABC,
SOD, EFAO etc.) offrent également des ateliers d'un jour ou d'une
semaine pendant toute l'année. Les rencontres de producteurs et
les journées porte ouverte offrent aussi des occasions de parler
avec des producteurs biologiques et d'en apprendre davantage sur leur
travail.
© 2006, Centre d'agriculture du Canada (CABC)