Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC

Les bonnes herbes de nos jardins

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

Les scientifiques spécialisés dans l'étude des mauvaises herbes définissent souvent les mauvaises herbes comme des plantes qui poussent là où elles sont indésirables. Les jardiniers, quant à eux, ont plutôt tendance à considérer les mauvaises herbes comme l'ensemble des végétaux qu'ils n'ont pas plantés eux-mêmes. Cela dit, si l'on désire produire des aliments de la meilleure qualité nutritionnelle possible, il vaudrait peut-être mieux redéfinir la liste des plantes qui sont considérées « mauvaises ». En effet, plusieurs prétendues mauvaises herbes sont bien plus nourrissantes que les plantes que nous bichonnons dans nos jardins.

Les renseignements contenus dans les tableaux ci-dessous sont tirés de la base de données du ministère américain de l'agriculture (USDA) et indiquent que les mauvaises herbes sont souvent une excellente source de vitamines et de minéraux. Le chénopode blanc, par exemple, constitue une bonne source de protéines, pour un légume-feuille, et il est particulièrement riche en calcium, en vitamines A et C et en certains éléments du complexe vitaminique B. Les amarantes ont une teneur élevée en calcium et en fer, deux éléments nutritifs d'importance pour la santé des femmes, et constituent également une bonne source de potassium, élément jugé important pour la gestion du stress. Le pissenlit est particulièrement nourrissant puisqu'il contient du calcium, du fer, des vitamines du complexe B et de la vitamine A. 

Toutes les valeurs correspondent à la teneur de la feuille crue, sauf pour le brocoli (fleuron cru). Toutes les valeurs correspondent à la teneur de la feuille crue, sauf pour le brocoli (fleuron cru).

Toutes les valeurs correspondent à la feuille crue, sauf pour le brocoli (fleuron cru).Toutes les valeurs correspondent à la feuille crue, sauf pour le brocoli (fleuron cru).

Les mauvaises herbes décrites ci-dessus sont plus appétissantes lorsqu'elles sont cueillies à un stade précoce (avant la floraison), comme c'est le cas de la laitue. Les feuilles plus vieilles peuvent être servies cuites. Toutes ces mauvaises herbes peuvent être incorporées à la salade; il suffit de cueillir les feuilles lorsqu'elles sont jeunes et d'attendre la repousse. Pour ce qui est des annuelles, on peut tailler les bouts de manière à stimuler la formation de nouvelles tiges. La plupart des mauvaises herbes ont un goût assez prononcé, à l'exception du pourpier qui est plutôt fade. Par conséquent, il vaut mieux les introduire dans l'alimentation en salade et en petites quantités. 

Naturellement, certaines personnes ont un estomac plus sensible que les autres et devraient prendre bonne note des quelques précautions liées à la consommation des mauvaises herbes. Le Canada tient à jour un système d'information sur les plantes toxiques dans lequel on indique que le chénopode blanc, l'amarante et la grande oseille ont la capacité d'accumuler les oxalates, et que le chénopode blanc et les amarantes ont la capacité d'accumuler les nitrates. À cause de ces accumulations, ces plantes peuvent être toxiques si elles sont consommées en grandes quantités. Le chénopode blanc augmente également la photosensibilité lorsqu'il est consommé régulièrement et en grandes quantités. 

Selon le système d'information canadien sur les plantes toxiques, bon nombre des plantes qui y sont répertoriées ne causent des problèmes que si elles sont consommées en « quantités prodigieuses ». Dans tous les cas, il vaut mieux éviter de consommer un nouvel aliment en « quantités prodigieuses », particulièrement pour les personnes sensibles. Pour la vaste majorité des gens, un régime équilibré et diversifié est recommandé.

Les plantes accumulent de plus grandes quantités d'oxalates et de nitrates dans les sols plus fertiles ou dans lesquels on a ajouté des herbicides de type 2,4-D. Les gens qui désirent récolter des mauvaises herbes dans leur environnement naturel devraient éviter les endroits où de tels produits chimiques ont été utilisés. Les mauvaises herbes que l'on fait pousser sous régie biologique pourraient être moins susceptibles d'accumuler ces substances. Les gens qui ont un potager auront peu de difficulté à trouver ces mauvaises herbes et pourront également gérer leur jardin de manière à réduire la toxicité potentielle.

La base de données du USDA indiquent que la laitue iceberg, un des légumes-feuilles les plus utilisés en salade, n'a que très peu de valeur nutritive. Dame Nature a bien d'autres légumes plus nourrissants à nous offrir. En faisant preuve d'ouverture d'esprit, nous pouvons goûter les plaisirs innombrables des mauvaises herbes tout en profitant des vitamines et minéraux qui abondent dans nos jardins laissés en l'état. Et peut-être serait-il même possible de réduire la compétition dans les cultures au champ en commercialisant une deuxième plante comme légume-feuille.

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) du Collège d'agriculture de l'Université de la Saskatchewan. Vous êtes invités à lui faire part de vos commentaires en composant le 306 966-4975 ou en lui écrivant à brenda.frick@usask.ca .

L'auteur remercie Wanda Wolf de lui avoir fait découvrir la base de données du USDA.


Références

U.S. Department of Agriculture, Agricultural Research Service. USDA National Nutrient Database for Standard Reference, 2004, version 17, http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp

Munro, D.B. Canadian Poisonous Plants Information System, 2003, http://www.cbif.gc.ca/pls/pp/poison?p_x=px

Pour savoir comment apprêter les mauvaises herbes, visitez les sites Web suivants (en Anglais seulement) :
http://www.edibleweeds.com/
http://www.virtualitalia.com/recipes/edible_weeds.shtml

 

Haut de la page

© 2006, Centre d'agriculture du Canada (CABC)