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Réduire les risques d’érosion dans les fermes biologiquespar Brenda Frick, Ph.D. La conservation des sols est cruciale pour la durabilité de l’agriculture. Les producteurs, les biologiques en particulier, prennent cette responsabilité très au sérieux. Selon la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique, « les sols et leur gestion appropriée sont les fondements de la production biologique. Fondées sur le sol, les exploitations bios en prennent soin ainsi que des écosystèmes environnants; elles soutiennent ainsi la diversité des espèces tout en favorisant le cycle des éléments nutritifs et en ralentissant l’érosion des sols et la perte des nutriments. » Le sol est un système vivant et complexe. Prendre soin du sol, par conséquent, c’est se préoccuper de sa vie. La diminution de l’érosion en est une étape fondamentale. L’eau et le vent sont des agents d’érosion. Diminuer leur vitesse de déplacement peut faire baisser les risques d’érosion. En préparant des champs plus étroits, en plantant des brise-vent, des barrières de graminées vivaces ou même de cultures annuelles, on peut réduire les mouvements du vent et de l’eau à travers les champs. Une des méthodes les plus recommandées de réduction des risques d’érosion est la diminution du travail du sol. Le travail du sol accroît les possibilités d’érosion, car il pulvérise les agrégats en particules assez petites pour être emportées par le vent ou l’eau. Il fait également disparaître les résidus de surface qui protègent le sol. Pour diminuer les effets du travail du sol, on réduit le nombre de passages de la charrue, la vitesse et la profondeur de travail des instruments aratoires. Cette approche peut être particulièrement difficile à mettre en pratique pour les bio-agriculteurs. Pour les producteurs traditionnels, la réduction du travail du sol va souvent de pair avec l’épandage d’herbicides au printemps ou à l’automne. Dans les périodes d’infestation de sauterelles, la réduction du travail du sol peut par ailleurs entraîner une augmentation du recours aux insecticides. Quoi qu’il en soit, un grand nombre d’exploitants biologiques expérimentent actuellement des réductions de fréquence ou d’intensité du travail du sol. Il serait utile de mener davantage de recherches dans ce domaine. La réduction de l’érosion dans les exploitations biologiques dépend, comme pour bien des aspects de l’agriculture biologique, de la rotation des cultures. Le maintien de la couverture végétale et l’apport de matière organique en sont des éléments clés. Les sols recouverts de matériau végétal, vivant ou mort, sont moins susceptibles d’être touchés par l’érosion. Les bienfaits de la matière organique sont nombreux : elle produit la plupart de l’azote, du phosphore et du soufre absorbés par les plantes; elle est une source de nourriture pour les organismes vivants du sol; elle facilite la circulation de l’air, aide le sol à garder l’eau et à former des agrégats –– ce qui est peut-être l’un des éléments les plus essentiels à la réduction de l’érosion. Par conséquent, les rotations qui freinent efficacement l’érosion sont sans doute celles qui sont le plus susceptibles d’accroître la matière organique et de diminuer les périodes où le sol est laissé dénudé. On recommande particulièrement de remplacer les jachères par des cultures-abris, particulièrement celles qui produisent une biomasse abondante, ou des légumes produisant des résidus bien équilibrés en azote et en carbone. Sur les terres très sensibles aux agents d’érosion, semer des plantes fourragères à long terme ou une couverture permanente peut aussi s’avérer efficace. Alison Nelson est étudiante de 3e cycle à l’Université du Manitoba sous la direction de la Dre Jane Froese. Sa recherche porte sur les rotations de cultures au Canada et leurs incidences sur la conservation des sols. La première partie de son projet porte sur les rotations biologiques et les méthodes utilisées par les producteurs pour diminuer l’érosion. Elle a élaboré un sondage destiné aux producteurs qui, selon elle, prend environ 45 minutes par répondant. Espérant trouver 200 participants, elle accueillera avec plaisir la participation de nos lecteurs. La seconde partie de son projet consiste à rendre visite aux agriculteurs
et à mesurer la résistance à l’érosion
du sol. Elle visitera les fermes qui, selon les données de son
sondage, sont représentatives des pratiques de rotation. Combinées,
les deux parties de son projet permettront de recenser des pratiques efficaces
de conservation du sol pour les producteurs biologiques qui cherchent
toujours des moyens d’être de meilleurs « intendants
» de leurs terres.
Références Foster, K. et B. Green. Organic Crop Production: Soil Conservation Practices.
Saskatchewan Agriculture and Food. 1996. Nelson, Alison. Mitigation of soil erodibility on organic farms through crop rotation. Non publié. |
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© 2006, Organic Agriculture Centre of Canada (OACC)