Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC) Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)

Page d'accueil du CABC
Un hommage à un visionnaire de l’agriculture biologique

par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

Elmer Laird est l’un de mes héros. Récemment, on l’a honoré à juste titre lors des Organic Connections 2006 comme visionnaire de l’agriculture biologique. Elmer a commencé à pratiquer l’agriculture biologique il y a près de quarante ans. Depuis, il n’a cessé de promouvoir activement les liens étroits existant entre l’agriculture, l’environnement et la santé.

L’influence de la femme d’Elmer, Gladys, et des difficultés financières, ont joué un rôle important dans sa « conversion » à l’agriculture biologique. Vers la fin des années 1960, Elmer a cessé d’utiliser des intrants chimiques pendant un an, tout simplement parce qu’il n’était plus en mesure de les payer. Gladys, bibliothécaire documentaliste et écologiste de la première heure, est ensuite parvenue à le convaincre que c’était la bonne décision à prendre pour la santé des gens et de la terre.

Elmer a été le président fondateur de la Back to the Farm Research Foundation, un organisme qui a lancé un grand nombre de projets visant à encourager l’agriculture biologique. L’une des initiatives les plus réussies pour attirer l’attention sur leurs efforts a été l’organisation d’un concours sur la conception d’une « récolteuse à sauterelles ».

Elmer, par l’entremise de la Fondation, a contribué à parrainer six colloques sur l’agriculture biologique à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Il n’a jamais ménagé ses efforts pour que le monde prenne conscience des bienfaits de l’agriculture biologique et des méthodes concrètes qui la rendent possible. De nos jours, on assiste à une demande accrue de la part des consommateurs pour des produits bio; il est donc difficile de se souvenir du scepticisme ambiant dans le monde agricole de l’époque. Tandis que la simple possibilité d’une production biologique durable semblait loufoque, Elmer faisait la démonstration de ces méthodes à sa ferme.

Au début des années 1980, Elmer Laird a été un intervenant clé de la Canadian Organic Producers Marketing Cooperative, plus connue sous le nom de Girvin Co-op. Inspirant bien d’autres groupes à travers les Prairies, ces pionniers ont acheté une école abandonnée, installé des casiers et un moulin à meules, nettoyé du matériel, et commencé à vendre leurs produits directement aux consommateurs. La Girvin Co-op a joué un rôle crucial et a permis que de nombreux pionniers du bio se lancent dans la production et la commercialisation de produits biologiques.

En 2001, Elmer a pris sa retraite de l’agriculture et a fait don de ses terres à la Research Foundation, faisant de cet endroit la première ferme-pilote de recherche certifiée biologique. Elmer continue d’y travailler comme administrateur. La Research Foundation fait la démonstration de cultures et de cultures intercalaires pouvant concurrencer les adventices et ses installations sont toujours ouvertes aux visiteurs ou aux visites guidées à la ferme.

Elmer estime que les femmes, de par leurs préoccupations pour la santé de leurs familles, jouent un rôle primordial dans la rupture du cycle de l’addiction chimique courante dans les collectivités rurales et agricoles. Ce fut le cas dans sa propre famille, et il en voit d’autres exemples quotidiennement. Il est un ardent défenseur de la place des femmes en agriculture biologique.

Elmer poursuit son rôle d’éducateur. Il tient une colonne hebdomadaire dans le Davidson Leader, poursuit ses activités de lobbying dynamique auprès des pouvoirs publics pour des politiques de soutien au bio, exprime sa détermination de faire en sorte que l’alimentation biologique fasse partie de nos politiques de santé, et intervient régulièrement dans des émissions de radio. Cet homme est un visionnaire authentique, un défenseur de la santé de la Terre, des collectivités rurales et des consommateurs de partout. Il mérite amplement la reconnaissance du milieu de l’agriculture biologique.

Il s’agit de mon dernier article de l’année, et je ne pouvais passer sous silence le départ de deux autres héros du milieu de l’agriculture biologique à qui je vouais une grande admiration et qui m’ont guidée lorsque j’ai commencé à cheminer sur cette voie.

Kirby McCuaig était un agriculteur qui m’a fait comprendre pourquoi la recherche et la vulgarisation valent qu’on leur consacre nos efforts, et c’est lui m’a convaincue de reprendre un rôle actif au sein de la collectivité de l’agriculture biologique. Il a été un partenaire de recherche encourageant et perspicace. Kirby a dit un jour, pendant un atelier, que lui et moi souffrions de la même maladie – la curiosité de comprendre comment fonctionnent les choses. Son enthousiasme m’a inspirée. Sa sagesse paisible et son approche rationnelle vont me guider tout au long de ma vie.

Alex Scott était un bâtisseur de collectivités. Membre fondateur des Organic Producers Association of Manitoba, il s’est dévoué pour le milieu de l’agriculture biologique avec une humilité inspirante. Il n’a eu de cesse d’établir des ponts et de nous encourager à mettre l’accent sur les valeurs qui nous rapprochaient. La force tranquille d’Alex restera toujours gravée dans ma mémoire.

 

Je rends hommage à chacun de ses héros de notre domaine et les remercie d’être des exemples pour nous tous.

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du Centre d’agriculture biologique du Canada au Collège d’agriculture de l’Université de la Saskatchewan. Elle attend vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel à brenda.frick@usask.ca.


English

Affiché en septembre 2007

 

Haut de la page

© 2007, Centre d'agriculture biologique du Canada (CABC)