
L’échange de connaissances dans le domaine de l’agriculture
biologique
Par Brenda Frick, Ph.D.
L’agriculture biologique est fondée sur les connaissances.
L’une des meilleures façons d’acquérir ces connaissances
est de participer aux journées champêtres à la ferme
où les agriculteurs peuvent faire connaître leurs réussites,
leurs défis et leurs expériences. Plusieurs de ces activités
de mentorat sont organisées chaque été par des groupes
de producteurs biologiques des Prairies.
Les journées champêtres sont des occasions idéales
de présenter de nouvelles possibilités
Il n’y a rien de mieux qu’une journée champêtre
pour jeter un coup d'œil sur les cultures non traditionnelles comme
le chanvre, les petits haricots, les féveroles et la caméline.
Les intervenants ont démontré un vif intérêt
pour le chanvre au cours des dernières années, et beaucoup
d’acheteurs manifestent une préférence marquée
pour les produits biologiques. La caméline, connue sous le nom
de faux lin ou de lin bâtard, est une culture oléagineuse
affichant une teneur en acides gras qui la rend intéressante en
tant que produit de santé. Elle présente également
un intérêt pour les défenseurs du biodiesel.
La production de légumes biologiques est un secteur qui offre
un énorme potentiel. Dans les Prairies, on importe la vaste majorité
des produits biologiques que l’on achète. Accroître
la production locale afin de remplacer certains de ces produits importés
permettrait d’offrir aux consommateurs des produits plus frais.
Cela offrirait également aux producteurs des possibilités
de diversifier leurs revenus. Le fait de réduire nos kilomètres-assiette,
soit la distance parcourue par nos aliments avant qu’ils nous parviennent,
est également écologique.
La production de légumes biologiques peut constituer un défi.
Les problèmes portent notamment sur la quantité de main-d’œuvre
requise, sur l’urgence d’un produit difficile à stocker,
et sur le coût de la certification par rapport aux ventes brutes.
La plupart des produits biologiques sont actuellement vendus aux restaurants
ou directement aux consommateurs, soit aux marchés des agriculteurs
ou par le biais d'ententes entre le producteur et le consommateur comme
l’agriculture financée par les consommateurs, où ceux-ci
paient leur part des récoltes qu’ils reçoivent sous
la forme de versements réguliers pendant la saison.
Cette année, on note un intérêt marqué pour
le bétail, particulièrement pour la production du bœuf
et du mouton. La mise en marché et l’infrastructure demeurent
des préoccupations, mais le niveau de confiance augmente quant
aux possibilités qu'offre la viande biologique. La production biologique
est diversifiée, avec une variété de races et de
styles de gestion. La plupart des bovins de boucherie se trouvent dans
des pâturages naturels à ce moment-ci de l’année,
mais la fenaison, la culture de produits d'ensilage et la mise en compost
du fumier sont des questions qui intéressent les producteurs. Le
marché biologique du bœuf comprend des animaux engraissés
à l'herbe et au grain. Actuellement, la plupart des animaux associés
à la production animale biologique sont expédiés
vivants, mais certaines viandes sont vendues à la ferme.
Recherche présentée lors des journées champêtres
Les programmes de recherche qui intéressent les producteurs biologiques
sont également présentés lors des journées
champêtres. Lors de la visite des cultures dirigée par le
chapitre 5 de l’OCIA (Organic Crop Improvement Association), les
chercheurs Julia Baird et Gift Marufu de l’université de
la Saskatchewan ont montré leurs parcelles expérimentales.
Julia a montré comment les densités élevées
de semis de lentilles ont fait augmenter considérablement la concurrence
avec les mauvaises herbes et Gift a montré l’impact des différentes
options d’utilisation de l’engrais vert ou du fourrage vert
sur la récolte de blé suivante.
La journée champêtre tenue au CRDI (Centre Canada-Saskatchewan
de recherche sur la diversification de l'irrigation) ne visait pas particulièrement
les producteurs biologiques, mais on a également tenu compte de
la production biologique lors de cette journée. Les recherches
sur la pomme de terre montrent l’avantage des nouveaux cultivars
qui produisent un plus grand nombre de tubercules plus petits. Ces types
de pommes de terre plus petites étaient considérés
auparavant comme des rebuts. On reconnaît maintenant qu’ils
constituent un important marché à créneaux compatible
avec les produits biologiques. Les recherches sur les collets des fraisiers
dirigées par Karen Tanino à l’université de
la Saskatchewan visent à examiner les avantages potentiels liés
à la culture des produits biologiques dans les Prairies. Les producteurs
de fraises de Californie plantent de nouveaux collets chaque année,
et ils éprouvent de la difficulté à produire ces
nouveaux collets biologiques. Les recherches de Karen suggèrent
qu’il pourrait y avoir des avantages à produire ces collets
biologiques ici, dans les Prairies canadiennes.
Les journées champêtres renforcent les capacités
Les avantages liés aux journées champêtres vont bien
au-delà de ce qu'on voit dans les champs. Les journées champêtres
rassemblent les producteurs pour leur permettre d’apprendre les
uns des autres. Ils discutent des techniques et des idées, et ils
partagent leurs intentions sur les questions suivantes : comment les semis
directs travaillent pour eux; quelles densités de semis ils utilisent
pour leurs cultures intercalaires; quelles nouvelles mauvaises herbes
sont observées dans leurs régions; comment ils planifient
de traiter leur culture de chanvre. Des gens sont souvent disponibles
pour aider à identifier une maladie, pour discuter des programmes
et des politiques, ou pour aider à lancer des idées sur
les options de gestion des mauvaises herbes.
Les journées champêtres constituent également des
occasions de rencontrer des gens et de renouer d’anciennes amitiés
et d’en établir de nouvelles. Pour le chapitre 8 de l’OCIA
(Organic Crop Improvement Association) du sud ouest de la Saskatchewan,
ce fut une occasion de célébrer son 15e anniversaire. Les
journées champêtres constituent des occasions de manger ensemble
et de célébrer la magie de l’été dans
les Prairies, et des occasions de discuter d’agriculture biologique
et d’avoir le plaisir de faire une chose en laquelle on croit. Les
journées champêtres favorisent la création d’une
communauté biologique forte, fière et capable.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice du CABC (Centre pour
l’agriculture biologique du Canada) dans les Prairies, au College
of Agriculture de l’université de la Saskatchewan. Elle vous
invite à formuler vos commentaires au 1-306-966-4975 ou par courriel
au brenda.frick@usask.ca.
Mars 2007
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