| Recherche
Vulgarisation
Cours
Consommateurs
--------------------------
Tournée
virtuelle de la ferme Occasions
d'emploi et pour les étudiants Dans
la presse Liens
Normes
--------------------------
Informations
sur les marchés Événements
Sujets
Plans
stratégiques bio --------------------------
Lauréats
Pour
les jeunes Culture
Rurale Petites
annonces Météo
Carte du Site
|

Innovations
techniques et savoir-faire en production végétale biologique :
Selwood Green
par Maggie Hope-Simpson
La ferme de 60 acres connue sous le nom de « Selwood Green »
est un ruban de verdure balayé par les vents situé le long
de la rive du bassin Minas, au centre de la Nouvelle-Écosse. Le
propriétaire, Norbert Kungl, a commencé à faire de
l'agriculture biologique ici il y a 17 ans, cultivant des légumes
sur une parcelle de sol limoneux-sableux. Il cultive maintenant 32 acres
de légumes, en rotation avec des cultures d'engrais verts. Norbert
a toujours eu pour but de produire une grande variété de
légumes biologiques de bonne qualité et uniformes pendant
des saisons de culture aussi longues que possible. Il a recours à
des serres afin de récolter des laitues-primeurs et prolonger la
saison pour les cultures qui ont besoin de chaleur, comme les tomates
et les concombres. Depuis le début des années 90, il fait
la vente directe de ses légumes, grâce à son kiosque
bien en évidence et très populaire dans le marché
public d'Halifax. Norbert remarque que la culture de plus de 30
espèces de légumes distincts, qui sont récoltées
à différentes époques de l'année, «
a toujours été un avantage pour la mise en marché
directe ». Cependant, il considère maintenant que la diversification
des risques constitue un avantage important supplémentaire. Depuis
trois ans, il commercialise de manière coopérative de plus
grands volumes de cultures choisies auprès de Atlantic Wholesalers,
Sobeys et Loblaws sous l'étiquette « Seaspray Atlantic ».
Innovation et expérimentation
L'innovation et l'expérimentation, pour relever les défis,
simplifier la gestion et améliorer l'efficacité, constituent
des thèmes qui reviennent souvent dans le système de production
de Norbert. Norbert aborde l'agriculture avec une approche scientifique,
et recherche l'équilibre entre une régie efficace
et de bonnes pratiques agricoles biologiques. Cette approche s'est
révélée rentable, tant pour raffiner son système
de production, assurer la viabilité économique de la ferme
et attirer des chercheurs et des étudiants en agriculture qui utilisent
sa ferme comme « lieu de recherche » en agriculture biologique.
Bien que Norbert croit qu'on peut tirer beaucoup d'avantages de
la recherche effectuée sur les fermes, il souligne que ce qui fonctionne
bien sur une ferme ou en un lieu une année donnée ne peut
pas fonctionner dans d'autres circonstances. Les agriculteurs doivent
donc adapter continuellement les méthodes aux conditions particulières
de leur ferme.
Système
de démarrages des plants
L'un des défis que rencontrent fréquemment les maraîchers
biologiques est de trouver un terreau fiable et rentable pour semer les
graines et transplanter les plants qui est composé d'ingrédients
approuvés en culture biologique. Les mélanges à base
de compost, à moins qu'ils ne soient faits de composts bien
préparés et correctement stabilisés, posent souvent
des problèmes en raison de leur qualité inégale,
leur faible contenu nutritif et leur contamination par des graines de
mauvaises herbes.
Grâce à une combinaison d'expérience, d'intuition,
d'essais et d'erreur, Norbert est arrivé à mettre
au point un terreau qui, jusqu'ici, a donné des résultats
fantastiques. « Cette année, nous avons réalisé
une percée dans la production de plants de transplantation. Après
avoir été déçu par notre propre compost et
un terreau biologique du commerce, nous avons réalisé cette
année notre propre mélange. Notre nouveau terreau se compose
d'un « prémélange » d'ingrédients
acceptés en bio, comme la farine de luzerne, la farine de poisson,
la farine de varech, le Cal-phos, et d'un certain nombre d'autres ingrédients
qui sont soigneusement mélangés à plusieurs ballots
de mousse de tourbe. Nous avons obtenu des résultats absolument
fantastiques. Nous n'avons jamais eu autant de plants vigoureux
et convenant à la transplantation que cette année, de qualité
constante. »
Il a effectué une autre expérience sur la transplantation
de cultures qui sont, en général, semées directement
en Nouvelle-Écosse, comme le maïs et les oignons. Le maïs
représente une culture intéressante, il est difficile à
produire de manière biologique en raison des problèmes de
parasites. Le prix de détail plus élevé que Norbert
reçoit pour son maïs primeur au marché public de Halifax
aide à rendre la transplantation de cette culture rentable au point
de vue économique. « Nous avons transplanté le maïs
en cinq ou six parcelles ou plantations. La plantation la plus hâtive
est protégée par des couvertures de rangs flottantes, pour
augmenter la température et pour empêcher les corneilles
d'y avoir accès. Lorsqu'on a de bons plants vigoureux,
et qu'on ne les soumet à aucun stress avant de les transplanter
à l'extérieur, ils semblent bien se comporter. L'année
dernière, les résultats obtenus avec le maïs ont été
tout simplement fantastiques. »
On a également transplanté des oignons à titre expérimental.
« Cette année, nous avons démarré quelques
plants d'oignons dans des plateaux de culture, que nous avons ensuite
transplantés au champ. L'avantage principal de transplanter les
oignons est d'éviter la première poussée de mauvaises
herbes. De plus, lorsqu'on n'a pas de semoir perfectionné
ou précis, il est difficile d'espacer correctement les oignons.
La transplantation facilite l'espacement des plants et la maîtrise
de la taille des oignons, donne de plus gros oignons, qui valent plus
cher ».
Maîtrise
des mauvaises herbes
Les cultures d'engrais verts, ainsi que les rotations de cultures, jouent
un rôle important dans le maintien de la fertilité du sol
et la maîtrise des mauvaises herbes, des ravageurs et des maladies
à la ferme de Kungl. Norbert a utilisé, pendant de nombreuses
années, le ray-grass vivace comme engrais vert, seul ou en mélanges
avec les légumineuses vivaces comme la vesce, la luzerne et les
diverses variétés de trèfles. Le problème
principal que pose le ray-grass, cependant, est qu'il est difficile
de se débarrasser des résidus au printemps, avant de semer
les variétés précoces. « Ces deux dernières
années, nous avons eu beaucoup de succès en semant de l'avoine
et des pois comme engrais vert de base pour nos sols légers avant
de semer nos espèces cultivées ». Comme engrais verts,
l'avoine et les pois ont deux avantages sur les plantes fourragères
vivaces : ils poussent bien dans les conditions fraîches du
début du printemps, empêchant de ce fait l'établissement
des mauvaises herbes de saison chaude, et ils meurent complètement
pendant l'hiver, laissant un champ propre qu'on peut utiliser en
travaillant le sol au minimum le printemps suivant.
Comme méthode de secours pour se débarrasser des mauvaises
herbes dans les cultures semées directement, ils ont recours au
désherbage à la flamme. L'augmentation des surfaces
cultivées en légumes a incité Norbert à acquérir
un appareil sur mesure tiré par le tracteur qui couvre une surface
de cinq pieds pour remplacer son brûleur manuel à dos. «
Le brûlage des mauvaises est une méthode que nous utilisons
régulièrement en préémergence dans les cultures
de carottes et d'oignons, tout comme pour presque toutes les autres
cultures semées directement au champ qui nous fournissent l'occasion
de l'utiliser. Si la culture n'est pas sortie du sol, et que
nous voyons des mauvaises herbes en surface, nous essayons de passer la
désherbeuse à flamme, indépendamment de ce dont il
s'agit, des épinards aux haricots, et tout le reste ».
Maggie Hope-Simpson est consultante pour le Centre d'agriculture biologique
du Canada. Veuillez communiquer vos commentaires ou questions par téléphone
au 902-893-7256, ou par courriel au oacc@nsac.ca.
|