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Les densités de semis plus élevées sont-elles justifiées?
Par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Les agriculteurs biologiques sèment souvent les céréales
à des taux plus élevés que ceux qui sont recommandés
pour les producteurs qui cultivent de manière conventionnelle.
Est-ce une bonne idée? Comme pour la plupart des choses, la densité
de semis optimale est déterminée par l'équilibre
entre les coûts et les avantages. Cet équilibre peut être
différent pour les producteurs biologiques que pour leurs voisins.
Les coûts reliés à l'augmentation de la densité
de semis incluent, évidemment, le prix des semences supplémentaires.
Cela représente souvent un fardeau plus important pour les agriculteurs
biologiques, car ils doivent semer des graines biologiques qui coûtent
plus cher.
Les producteurs biologiques peuvent considérer les années
de céréales dans leurs rotations comme une occasion d'éliminer
des mauvaises herbes. Les densités de semis plus élevées
offrent une concurrence accrue aux mauvaises herbes. Là où
il y a peu de plantes cultivées, les mauvaises herbes ont accès
à une plus grande proportion des ressources. Lorsque le semis est
plus dense, les plantes cultivées couvrent la terre plus rapidement
et font de l'ombre aux mauvaises herbes. Leurs racines sont distribuées
plus également, et elles peuvent accéder à plus d'eau
et de nutriments. Opposer une plus grande concurrence aux mauvaises herbes
peut être efficace dans tous les systèmes de culture, mais
c'est moins avantageux lorsqu'on emploie des herbicides, si
les champs sont relativement exempts de mauvaises herbes ou s'il y a des
plantes en sous-semis. Une densité de semis plus élevée
peut également compenser pour les pertes subies par les cultures
lors des activités de sarclage mécanique en postémergence.
Avec une densité de semis plus élevée, les plantes
cultivées se font également davantage concurrence entre
elles. Dans une parcelle dense, les plantes risquent de faire moins de
talles et de produire un nombre inférieur de grains par plant que
celles qui poussent dans un peuplement plus clairsemé. Cet effet
de compensation peut signifier qu'une densité de semis supérieure
aux recommandations ne donne pas de meilleurs rendements. Cependant, un
tallage moins important peut permettre à la récolte de mûrir
plus tôt, et plus uniformément. Cela peut avoir une grande
importance lorsque les semis sont effectués tard.
Lorsque la densité de semis est plus élevée, les
plantes peuvent mûrir plus rapidement, mais elles risquent aussi
de manquer de ressources plus rapidement lorsqu'elles sont limitées.
Le poids et le taux de protéines du grain risquent d'être
inférieurs. Les nutriments fournis sous forme d'engrais verts et
de composts sont moins assimilables que les engrais chimiques. Cependant,
comme la matière organique se décompose lentement dans le
sol, les nutriments libérés tendent à être
disponibles tout au long de la saison de croissance.
Un groupe de producteurs biologiques du sud-ouest de la Saskatchewan a
effectué, l'année dernière, des essais sur la densité
de semis. Chacun des taux de semis étudié a été
semé sur un engrais vert enfoui. Kirby McCuaig a semé du
kamut à trois taux différents (83, 122 et 174 lb/acre).
Dave Montgomery a semé du blé de printemps à des
taux de 75, 90 et 110 livres à l'acre. Danny Rempel a semé
40, 50 et 60 livres à l'acre de lin. Dwayne McGregor a semé
1¾, 2, 2½ et 3 boisseaux à l'acre de blé
dur.
Dans les champs de kamut et de blé, c'est la plus faible
densité de semis qui contenait le plus de mauvaises herbes. Les
rendements ont été semblables pour les deux taux plus élevés.
Il y a eu peu de mauvaises herbes dans les champs de blé dur, et
on a observé les rendements les plus élevés avec
le taux de semis le plus faible. La quantité de mauvaises herbes
était semblable pour les différents taux de lin, mais les
rendements ont été supérieurs avec la densité
la plus élevée. Ces résultats ont tous été
obtenus la même année et devraient naturellement être
considérés préliminaires. Cependant, ils suggèrent
que les densités de semis plus élevées pourraient
se révéler plus utiles en présence des mauvaises
herbes.
Le centre biologique d'agriculture du Canada a entrepris l'été
dernier une étude nationale sur les taux de semis en collaboration
avec des agriculteurs biologiques. Des agriculteurs de la Saskatchewan,
du Manitoba, de l'Ontario, du Québec et des Maritimes ont
été invités à semer du blé à
4 taux différents : le taux recommandé dans leur région,
1¼ fois ce taux (le taux recommandé par la Canadian Organic
Growers), 1½ ce taux et 2 fois ce taux. Martin Meinert, un producteur
du sud-ouest de la Saskatchewan, a collaboré à ce projet.
Au cours de ces épreuves, on a observé que les parcelles
avec des semis moins denses présentaient plus de mauvaises herbes.
Les taux de semis plus denses ont donné un meilleur rendement et
ont permis aux plants de résister plus facilement aux dommages
infligés par les tenthrèdes.
Les chercheurs Roxanne Beavers et Andy Hammermeister analysent actuellement
les données de la recherche nationale sur les taux de semis. Ils
ont constaté que le fait de doubler la densité de semis
double rarement le nombre de plants obtenus. Le nombre de mauvaise herbe,
leur poids et leur biomasse, ont parfois, mais pas toujours, été
réduits par les densités de semis plus élevées.
Dans certains essais, comme ceux de Martin Meinert, les rendements ont
beaucoup augmenté avec la densité de semis. Pour d'autres,
la corrélation était beaucoup plus faible.
Les scientifiques ont beaucoup plus confiance dans les tendances qu'ils
observent lorsqu'elles sont identiques dans tous les champs et demeurent
les mêmes sur plusieurs années. Cela est essentiel pour mettre
au point des recommandations qui pourront être utilisées
pour de nombreuses années et dans différents endroits. Cela
permet également aux scientifiques de mieux comprendre les mécanismes
fondamentaux qui produisent ces résultats. Les chercheurs du CABC
ont demandé à des agriculteurs de les aider à répéter
leur expérience en 2004.
Pour obtenir de plus amples informations, ou pour offrir de collaborer
au projet, communiquez avec Roxanne Beavers ou Brenda Frick.
Brenda Frick, pH.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du
Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture
de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel : brenda.frick@usask.ca.
On peut communiquer avec Roxanne Beavers au 902-843-2318 ou rlbeavers@nsac.ns.ca.
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