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Planter des semences plus grosses pour une culture plus concurrentielle

Par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.

Les plants de blé et d’avoine provenant de plus grosses semences sont plus concurrentiels avec la folle avoine que ceux cultivés à partir de plus petites semences. L’examen des lots de semences afin d’en extraire les plus petites semences peut améliorer le rendement de la récolte dans les champs envahis par les mauvaises herbes. Combinée à d’autres stratégies de gestion dont l’augmentation de la densité des semis et l’utilisation de plus grosses semences, cette méthode a le potentiel d’améliorer considérablement la gestion des mauvaises herbes.

De nombreuses études se sont penchées sur l’effet de la taille des semences chez les céréales. Les plants provenant de plus grosses semences sont souvent plus vigoureux et ils poussent plus rapidement, plus particulièrement aux premiers stades. Dans certaines études, des plants provenant de semences plus grosses ont donné un meilleur rendement. Dans d’autres études, les plants à croissance plus lente provenant de semences plus petites ont pu « se rattraper ».

Cela est plus probable lorsque les petites semences sont cultivées en monoculture pure, où tous les plants sont du type à croissance lente.

La différence entre les plants provenant de petites et de grosses semences peut être plus accentuée lorsqu’il y a concurrence entre les semences. Dans le monde des plants, la majorité des ressources sont disponibles selon le principe du premier arrivé, premier servi. L’avantage va généralement au premier plant à occuper l’espace, à créer de l’ombre, à utiliser l’eau et les éléments nutritifs. La concurrence entre les mauvaises herbes augmente l’avantage de la vigueur précoce.

MM. Steve Shirtliffe et Chris Willenborg, de l’Université de la Saskatchewan, et M. William May, de l’Indian Head Experimental Farm, ont ensemencé des parcelles de terrain au moyen de petites, moyennes et grosses semences d’avoine. L’avoine a été ensemencée selon deux modes, soit avec ou sans concurrence de la folle avoine. Lorsque les parcelles étaient libres de mauvaises herbes, ni l’augmentation de la densité des semis, ni la taille plus grosse des semences n’ont été bénéfiques. La taille des semences d’avoine n’a eu aucun effet sur le rendement de la récolte et une plus grande densité des semis ont diminué considérablement le rendement de l’avoine.

On a enregistré des résultats très différents lorsque les parcelles comprenaient de l’avoine folle. Les deux, soit une plus grande densité des semis et l’augmentation de la taille des semences, ont accru la capacité de l’avoine de faire concurrence à la folle avoine. Les techniques de gestion ont eu peu d’incidence lorsque les mauvaises herbes étaient contrôlées efficacement par des herbicides, ce qui était d’importance capitale lorsque les mauvaises herbes étaient abondantes.

La capacité concurrentielle des cultures comprend leur capacité de maintenir un rendement en présence de mauvaises herbes et de les supprimer. Dans les parcelles ayant la concurrence de la folle avoine, en doublant la densité des semis d’avoine, on a augmenté le rendement de la récolte de 15 % et réduit la biomasse de la folle avoine de 25 à 50 %. Chaque milligramme de hausse du poids individuel des semences d’avoine correspondait à une augmentation 21 kg/ha du rendement de l’avoine et à une réduction de 7 kg/ha de la biomasse de l’avoine folle.

Les semences plus grosses peuvent conférer un avantage de diverses façons. MM. Shirtliffe et Willenborg ont trouvé que l’émergence était semblable dans les cas de petites et de grosses semences, mais que les plants provenant de semences plus grosses ont donné davantage de plants et de tiges à fleurs. Pour certains, mais pas tous les cultivars d’avoine qu’ils ont testés, les semences plus grosses ont produit des plants plus grands.

Des résultats similaires ont été découverts dans une étude sur le blé au Montana
Une étude du Montana a donné des résultats similaires avec le blé. Une augmentation de 60 % de la densité des semis a réduit la biomasse de la folle avoine et la production de mauvaises herbes de 12 %. En utilisant des semences de blé plus grosses, cela a diminué la folle avoine de 18 %. Ces effets sont cumulatifs. En combinant la hausse de la densité des semis à de plus grosses semences, cela a réduit la folle avoine de 30 %. Une expérience antérieure au Montana a indiqué que ces réductions de la folle avoine étaient encore plus importantes avec l’augmentation de la densité des semis et de la taille des semences.

Le blé de semences plus grosses avait une plus grande capacité de résister à la concurrence de la folle avoine. Les plants de blé de toutes les parcelles contenant des mauvaises herbes ont été éradiqués par la folle avoine. Pour le blé provenant de semences plus grosses, cette éradication ne s’est produite qu’au cours des premiers stades de la croissance. Quant au blé produit à partir de semences plus petites, cette suppression s’est poursuivie tout au long du développement.

Les plants produits à partir de semences plus grosses étaient également plus efficaces pour éradiquer la folle avoine. La folle avoine a donné moins de mauvaises herbes et elles étaient plus légères lorsqu’elles étaient éradiquées au moyen des plants de blé cultivés à partir de semences plus grosses.

La réduction du poids des semences de la folle avoine a des répercussions à long terme. Les plants de folle avoine cultivés à partir de semences plus légères ont émergé plus tard et ils ont produit moins de feuilles, moins de talles et moins de semences, comparativement aux plants de folle avoine cultivés à partir de semences plus grosses. La folle avoine obtenue à partir de semences plus légères était moins concurrentielle.

Ces études réaffirment l’importance de techniques simples et accessibles telles que l’augmentation de la densité des semis et de la taille des semences dans la gestion des semences en l’absence d’herbicides. Elles suggèrent également qu’une culture forte et vigoureuse peut avoir une incidence considérable sur les semences avec lesquelles elle croît, ainsi que sur les semences qui suivront au cours des générations futures.

 

Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est associée principale, recherche et vulgarisation, Centre d’agriculture et des ressources biologiques du Canada de l’Université de la Saskatchewan. Elle aimerait recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel à organic@usask.ca.

Références
Shirtliffe, S. J., W. E. May, C. E. Willenborg. 2007. The effect of oat seed size on tame oat competition with wild oat (Effet de la taille des semences d’avoine pour apprivoiser la concurrence avec la folle avoine). Extrait de WSSA

Willenborg, C.J., Rossnagel, B.G., Shirtliffe, S. J. 2005. Oat Caryopsis Size and Genotype Effects on Wild Oat-Oat Competition (Effets de la taille du grain et du génotype de l’avoine sur la concurrence de la folle avoine et de l’avoine). Crop Science 45 : 1410 à 1416.

Stougaard, R.N., Xue, Q. 2004. Spring wheat seed size and seeding rate effects on yield loss due to wild oat (Avena fatua) interference (Taille des semences du blé de printemps et effets de la densité des semis sur la perte de rendement attribuable à la folle avoine). Weed Science 52 : 133 à 141

Xue, Q., Stougaard, R.N. 2002. Spring wheat seed size and seeding rate affect wild oat demographics (La taille des semences du blé de printemps et la densité des semis affectent la démographie de la folle avoine). Weed Science 50 : 312 à 320

English version

Affiché en avril 2008

 

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