
Il n’est pas trop tôt pour penser au nettoyage des semences
Centre d'agriculture biologique du Canada
Vous vous demandez quelles cultures vous produirez ce printemps? Vous vous questionnez sur la fertilité du sol, le meilleur système de rotation et la demande du marché? Le nettoyage, ou criblage des semences, est un autre sujet à ajouter à cette liste.
Les agriculteurs se retrouvent souvent avec différentes plantes lors des récoltes, soit à cause du semis d’une culture intercalaire dans la culture principale, soit à cause de la repousse spontanée de la culture de l’année précédente, ou à cause de la présence de mauvaises herbes ayant échappé au désherbage. En observant ce qui s’est passé l’année précédente, il est facile de prévoir quelles plantes ou mauvaises herbes risquent d’envahir un champ. Aussi, certains mélanges de semences sont difficiles à séparer. Il peut être prudent de choisir pour l’année en cours une culture qui se crible facilement.
Lorsque les semences sont nettoyées, les « contaminants » sont supprimés de diverses façons. La première étape se déroule dans les tamis de la moissonneuse-batteuse. Un second tamisage peut être fait après la récolte. Les tamis séparent principalement les semences par leur taille, et également par leur forme. Ils sont particulièrement efficaces pour séparer les petites semences de mauvaises herbes de celles plus grosses des cultures, comme par exemple, pour séparer les semences d’amarantes de celles des lentilles. Certains mélanges de semences sont relativement faciles à séparer par la grosseur : séparer la moutarde de l’orge ou des pois ou encore l’orge ou l’avoine des lentilles ou des pois.
La seconde étape à effectuer se fait le plus souvent sur une table densimétrique qui sélectionne les semences selon leur poids ou leur densité. C’est le type le plus commun de criblage effectué à la ferme même. Cette méthode peut être utilisée, par exemple, pour séparer les têtes de chardon des pois, et extraire des céréales les graines atteintes de gelée.
Un triage final peut être fait par couleur. Comme cet équipement est moins utilisé, cette étape implique généralement un transport supplémentaire ainsi que des coûts et du temps additionnels. Habituellement d’autres méthodes sont utilisées avant de recourir au triage colorimétrique. Une trieuse par couleur peut par exemple séparer les fragments de pois de l’avoine. La nécessité de tenir compte des allergies au blé a créé une très faible tolérance à la contamination de l’avoine ou du lin par le blé dans de nombreux marchés.
Le marché des aliments pour animaux affiche les exigences les moins sévères à l’égard de la pureté des cultures. Souvent, des grains fendus, des graines ébréchées ou d’autres types de cultures sont présents dans les mélanges d’aliments pour le bétail, et des résidus de légumineuses ajoutent des protéines utiles aux semences de céréales.
Un mélange pois/orge, par exemple, peut s’avérer intéressant pour le marché des aliments pour animaux, mais les deux cultures ne peuvent être séparées suffisamment pour vendre l’orge sur les marchés du maltage et du perlage . Cela influence la planification de la rotation. Ensemencer de l’orge sur un chaume de pois peut créer une contamination par le pois et il serait alors difficile de le séparer de l’orge. Ensemencer des pois sur un chaume d’orge serait moins problématique.
Les entreprises qui vendent et criblent les semences déclarent que toutes les cultures peuvent être nettoyées, mais cela devient une question de faisabilité économique. La séparation est habituellement basée sur la culture principale. Par exemple, pour une culture de lin où l’on retrouve de la repousse de blé, ce serait le lin qui serait priorisé. Ainsi le blé serait séparé du lin, suivant des réglages résultant en un échantillon de lin presque pur et en un échantillon de blé plus mélangé. Cultiver du lin sur un chaume de blé peut créer des problèmes complexes de contamination, alors que cultiver du blé sur un chaume de lin entraînerait moins de problèmes de contamination.
Plusieurs combinaisons de cultures présentent des difficultés pour le criblage des semences. Il est difficile de séparer du lin les semences fendues de lentilles, particulièrement celles des petites lentilles. Séparer l’orge du blé ou de l’avoine est difficile. Les lentilles à petits grains sont aussi difficilement séparables de l’avoine ou du blé.
L’enlèvement des mauvaises herbes doit aussi être considéré. Les mauvaises herbes peuvent être difficiles à séparer du lin dont les grains sont relativement petits. Il est difficile de nettoyer la moutarde sauvage ou la saponaire des vaches de la moutarde cultivée. L’avoine sauvage est plus difficile à séparer d’une culture d’avoine que de toutes autres céréales. Ces problèmes relatifs au nettoyage des semences doivent être sérieusement considérés à l’étape de la sélection des cultures.
Les options de criblage des semences sont critiques lors de la planification d’une culture intercalaire réussie. Ces options importent également lors de la planification des rotations, puisque la culture de cette année sera vraisemblablement mélangée avec les plants spontanés de la culture de l’année précédente. En sachant quelles semences peuvent être facilement séparées les unes des autres, et quelles séparations requièrent plus de temps, d’effort et de coûts, la planification sera plus efficace.
Tracy Salisbury, B.S.A., est une assistante en Recherche et vulgarisation en agriculture biologique à l’Université de Saskatchewan. Brenda Frick, Ph.D., P.Ag, est la coordonnatrice du département de la Recherche et vulgarisation en agriculture biologique à l’Université de Saskatchewan et elle est affiliée au CABC.
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Affiché en août 2010
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