
Déjà cinq ans pour le CABC… et il continue de pousser!
par Ralph C. Martin, Ph.D., P.Ag.
Il y a cinq ans à Baddeck (N.-É.), le ministre Lyle Vanclief
d’Agriculture et Agroalimentaire Canada annonçait une subvention
de 1 M$ pour la mise sur pied du Centre d’agriculture biologique
du Canada (CABC). Le CABC, installé au Collège d’agriculture
de la Nouvelle-Écosse, fait le lien entre toutes les sources de
savoir sur l’agriculture bio au Canada : agriculteurs, étudiants,
consommateurs, chercheurs universitaires et d’AAC, et spécialistes
de la vulgarisation. Un conseil consultatif composé de membres
de toutes les régions du pays a guidé sa création.
Aujourd’hui, le site Web du CABC est consulté plus de 5
millions de fois par an, dont de nombreuses consultations par accès
téléphonique, un signe que les Canadiens des régions
rurales jugent le site utile. Des résultats de recherche sur le
bio provenant d’ici ou de l’étranger et jugés
utiles y sont accessibles à partir du bouton « recherche
». D’autres, pour ceux qui préfèrent un langage
moins spécialisé, se retrouvent dans la section «
vulgarisation »; de nombreux rapports sont publiés en français.
Il y bien des organismes axés sur le secteur biologique au Canada,
et le CABC vient s’y ajouter en mettant un accent particulier sur
la recherche et la formation en agriculture biologique au niveau universitaire.
La recherche dans ce domaine donne à des scientifiques l’occasion
de se pencher sur des systèmes sans pesticides ni engrais chimiques
dans des conditions biologiques et climatiques variables, et de proposer
des méthodes utiles aux agriculteurs traditionnels comme aux agriculteurs
biologiques. Ainsi, les recherches sur l’intensité et le
calendrier du hersage des adventices en culture céréalière
sans herbicides fournissent-elles des données utiles aux agriculteurs
classiques désireux de réduire leur utilisation de pesticides
et les coûts qui s’y rattachent.
Dans ses tentatives de rapprochement des intervenants clés en
matière d’agriculture biologique, le CABC a joué un
rôle crucial lors des discussions entamées entre les producteurs
et ceux qui interviennent aux paliers du traitement, de la distribution
et de la mise en marché. L’un des buts du CABC est de favoriser
la recherche en mettant l’accent sur des produits caractérisés
par un équilibre nutritionnel lié à des sols sains.
Les chercheurs, moins enclins à vouloir appliquer ou ajouter des
composés destinés à « améliorer »
artificiellement les produits, ont donc plutôt tendance à
proposer des approches holistiques, fournissant ainsi des aliments et
des fibres à valeur ajoutée qui ne requièrent aucun
enrichissement et ne viennent pas augmenter l’accumulation de pesticides
dans l’organisme. Dans ce contexte, le CABC coordonne la recherche
afin d’aider les agriculteurs à fournir des produits biologiques
qui répondent aux demandes des consommateurs tout en gagnant des
parts de marché et en en retirant un juste prix.
Le CABC a mené des projets de recherche en collaboration dans
toutes les provinces. Il a également parrainé des colloques
de recherche particuliers consacrés à la pomme et à
la pomme de terre et quelques autres d’intérêt plus
général.
Depuis 2001, le CABC a élaboré 13 cours en ligne en anglais
(9) et en français (4). Les personnes intéressées
à améliorer leurs connaissances sur la production biologique,
les marchés et les retombées sont très dispersées
à travers le pays. Aussi Internet offre-t-il le moyen de joindre
les étudiants peu importe l’endroit où ils vivent.
Les cours peuvent être crédités par les centres de
formation en agriculture d’universités (de la Colombie-Britannique
à la Nouvelle-Écosse) et ils sont également offerts
aux agriculteurs et à d’autres particuliers à titre
d’étudiants libres. Les étudiants et étudiantes
de niveau universitaire peuvent tirer profit des questions pratiques que
les agriculteurs transmettent aux enseignants. En moyenne, même
s’ils sont souvent limités par des connexions téléphoniques
lentes, les agriculteurs utilisent davantage Internet que les autres Canadiens.
Un grand nombre d’entre eux préfèrent étudier
tranquillement chez eux plutôt que de se déplacer et d’avoir
en plus à payer pour l’hébergement et la nourriture
pendant au moins deux semaines. Il ne fait aucun doute que les cours,
les colloques, le mentorat et les ateliers face à face sont également
très profitables, mais grâce aux cours en ligne, le CABC
répond à un créneau particulier de besoins en formation.
La vision du CABC, « soutenir la science et la pratique de l’agriculture
biologique au Canada », a guidé toutes ses activités
de recherche et de formation. Les Canadiens dépensent à
l’heure actuelle plus de 1,3 milliard de dollars par année
en aliments biologiques dont seulement 15 % sont canadiens. Pourquoi nos
agriculteurs et nos transformateurs ne nous fourniraient-ils pas ces aliments?
Nombre de spécialistes des questions agricoles sont d’avis
que le Canada pourrait combler ses besoins en matière d’aliments
bio. Le CABC va continuer de mener, de coordonner et de diffuser des recherches
et de la formation axées sur le producteur, contribuant ainsi à
l’essor de collectivités durables.
Le travail du CABC vise à accroître le respect collectif
pour le sol, les végétaux, les animaux, l’air et l’eau,
et à contribuer ainsi à un plus grand respect à l’égard
de notre planète et de ses habitants. En partenariat avec de nombreux
organismes et particuliers, le Centre d’agriculture biologique du
Canada est déterminé à célébrer de
très nombreux anniversaires pour souligner son appui en matière
de recherche et de formation au secteur biologique canadien.
Ralph C. Martin, Ph.D., P.Ag., est le directeur fondateur du CABC. Il
attend vos commentaires à oacc@nsac.ca
ou au 902-893-7256.
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