| Recherche
Vulgarisation
Cours
Consommateurs
--------------------------
Tournée
virtuelle de la ferme Occasions
d'emploi et pour les étudiants Dans
la presse Liens
Normes
--------------------------
Informations
sur les marchés Événements
Sujets
Plans
stratégiques bio --------------------------
Lauréats
Pour
les jeunes Culture
Rurale Petites
annonces Météo
Carte du Site
|

Merveilles et mystère des mycorhizes
Par Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Les mycorhizes sont des champignons qui vivent seulement en symbiose avec
des plantes. Le champignon et la plante tirent tous deux des bénéfices
de leur association. La plante fournit des sucres au champignon. Le champignon
rend plusieurs services aux plantes1. La
valeur de ces services biologiques représente un potentiel très
intéressant en production biologique et à faible quantité
d'intrants.
Dans les systèmes naturels, un manque de nutriments limite souvent
la croissance de plantes. Les plantes complètent leurs besoins
nutritifs par des mycorhizes. Les chercheurs croient qu'environ 80 pour
cent des plantes et probablement 170 espèces de champignons peuvent
être impliquées dans des associations mycorhiziennes2.
Les mycorhizes sont communs dans tous les environnements naturels2.
Beaucoup de cultures favorisent l'établissement des mycorhizes.
Les légumineuses sont particulièrement enclines à
l'association mycorhizienne. Les céréales sont généralement
mycorhiziennes, bien que les différentes variétés
présentent différents niveaux d'association2.
Certaines plantes, comme le canola, sont non mycorhizienne. Ces plantes
non mycorhiziennes peuvent réduire grandement les populations de
mycorhizes, et retarder leur développement dans les cultures qui
suivent dans rotation2.
Beaucoup de pratiques agricoles courantes, comme les labours et l'utilisation
d'engrais chimiques, peuvent sensiblement réduire le nombre et
les types d'associations mycorhiziennes. Ces pratiques peuvent altérer
les peuplements de champignons, réduisant encore plus les bénéfices
des associations mycorhiziennes pour les plantes en cause3.
La présence des mycorhizes est particulièrement limitée
dans les sols riches en phosphore2.
Dans les sols sous régie biologique, les niveaux de phosphore sont
souvent réduits4. Ainsi, on peut observer
une plus grande incidence des mycorhizes, particulièrement là
où on fait des efforts pour réduire le travail du sol. Avoir
davantage recours aux légumineuses pour obtenir de l'azote et utiliser
un couvre-sol pour augmenter le taux de matière organique dans
les systèmes biologiques favorisent également les mycorhizes.
Dans une étude comparant des systèmes biologiques et conventionnels5,
on a constaté que les racines des plants cultivées étaient
davantage associées aux mycorhizes dans les parcelles biologiques.
Les associations mycorhiziennes s'organisent plus facilement dans les
sols sous régie biologique. Une grande partie de la différence
est attribuable au taux de phosphore soluble dans le sol.
Quels avantages les mycorhizes apportent-ils? Malheureusement, la recherche
effectuée sur la contribution des mycorhizes en production végétale
dans les Prairies est très limitée. Les données accumulées
au sujet d'autres espèces et régions suggèrent que
le potentiel est très intéressant. Les champignons mycorhiziens
se développent comme vaste toile de filaments minuscules à
travers les racines des plantes et dans le sol environnant. Les filaments
fongiques, appelés mycélium (ou mycéliums au pluriel),
« explorent » un espace beaucoup plus grand que les racines
des plantes seules ne le peuvent. Lorsque les mycorhizes ont accès
à des ressources limitées, comme l'eau, le phosphore ou
les oligoéléments, ils peuvent les faire passer aux plantes
associés2. Les mycorhizes peuvent
accroître l'assimilation du phosphore, et l'accès des plantes
à d'autres nutriments comme l'ammonium, le potassium, le calcium,
le fer, le cuivre, le manganèse, le zinc et le nickel3.
La résistance à la sécheresse et la tolérance
à la chaleur sont d'autres avantages attribués aux mycorhizes6.
Une partie de cet effet peut s'expliquer par les changements hormonaux
que les mycorhizes provoquent chez la plante. Ceux-ci permettent à
la plante de conserver un meilleur équilibre de l'eau dans des
conditions de sécheresse7. Certaines
modifications du sol peuvent également influencer la tolérance
à la sécheresse. Certains mycorhizes produisent une substance
collante qui cimente ensemble les particules du sol en petits agrégats
stables. Cette espèce de colle retient l'eau, ce qui représente
un avantage direct dans les sols desséchés, et agit également
pour réduire l'érosion hydrique du sol8.
Les sols peuvent stocker plus de carbone lorsque les mycorhizes sont actifs2.
Les associations mycorhiziennes modifient les rapports d'une plante avec
son environnement. D'autres microorganismes du sol peuvent être
plus utiles aux plantes en présence d'associations mycorhiziennes9.
Les mycorhizes augmentent notamment la capacité des bactéries
fixatrices d'azote à favoriser la croissance des légumineuses
et l'activité de bactéries favorisant la croissance d'autres
plantes. Les mycorhizes peuvent réduire les infections causées
par les bactéries et champignons pathogènes10.
On possède la preuve que l'association de certains arbres avec
des mycorhizes les aide à résister à l'assaut des
insectes11. D'autres espèces d'arbres
ont été en mesure de tirer de l'azote des mycorhizes qui
infectaient les insectes vivant dans le sol12.
Les relations entre plantes sont également altérés.
Les mycorhizes peuvent agir en tant que pont entre deux plantes afin de
permet au phosphore de voyager d'une plante « donneuse » à
une plante « réceptrice »13.
Les rapports entre mauvaises herbes et cultures peuvent également
être modifiés3. Les mycorhizes
peuvent empêcher la prolifération de plantes qui ne sont
pas mycorhiziennes - des plantes comme le chou gras, l'amarante,
la moutarde sauvage et le sarrasin sauvage. Ils peuvent également
nuire à la croissance des cultures non mycorhiziennes comme la
moutarde, le canola, le quinoa, le sarrasin ou l'amarante14.
Un chercheur affirme que les mycorhizes peuvent modifier le « fonctionnement
des peuplements de mauvaises herbes de sorte que l'impact net des mauvaises
herbes devienne plus bénéfique ». 3.
Par exemple, cela se produit lorsque les mauvaises herbes favorisent la
croissance des mycorhizes qui colonisent plus tard la culture. Ceci pourrait
expliquer le fait que certaines cultures poussent mieux suivant un peuplement
composé de certaines espèces de mauvaises herbes3.
Le travail avec les mycorhizes présente de nombreux défis.
La recherche est limitée en partie parce qu'il est difficile identifier
et de cultiver les champignons2. Actuellement,
nous ne comprenons pas bien l'équilibre entre les avantages et
les risques. Comme l'a indiqué un chercheur : « Le sol est
vraiment comme une grande boîte noire; c'est vraiment difficile
de comprendre ce qui s'y passe » 15.
Néanmoins, il semble que la recherche en ce domaine offre beaucoup
de potentiel.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice pour les Prairies du
Centre d'agriculture biologique du Canada au Collège d'agriculture
de l'Université de la Saskatchewan. Elle apprécierait
recevoir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel : brenda.frick@usask.ca.
Références :
1 <http://www.agroecology.org/glossary/>
2Dalpe, Y. et M. Monreal. 2003. Arbuscular mycorrhiza
inoculum to support sustainable cropping systems. Crop management 10:1094-1104
3Jordan, N.R, J. Zhang, S. Huerd. 2000. Arbuscular-mycorrhizal
fungi: potential roles in weed management. Weed Science 40: 397-410
4Knight, J.D. et S. Shirtliffe. 2003. Étude
effectuée sur des fermes biologiques de la Saskatchewan: 1re
partie : Farm Survey and Establishment of On-farm Research Infrastructure.
Rapport déposé auprès du Fonds d'innovation en agroalimentaire,
Agriculture, Alimentation et Revitalisation rurale, Saskatchewan, mars
2003, Regina (SK).
5Mäder,P., S. Edenhofer, T. Boller, A.
Wiemken et U. Niggli, 2000. Arbuscular mycorrhizae in a long-term field
trial comparing low-input (organic, biological) and high-input (conventional)
farming systems in a crop rotation. Biology and fertility of soils, 31(2):150-156
6Henson, J. 2003. Recherche
en cours.
7Auge, B. 2003. Sujet de recherche: la
symbiose mycorhizienne.
8 Jastrow, J.D. n.d. Contributions
of mycorrhizae to the development of soil aggregate hierarchy.
9Linderman, R. G., J.L. Marlow et E. A. Davis. n.d.
Contribution
of microbial associates of VA mycorrhizae to Mycorrhiza effects on plant
growth and health.
10Xavier, L.J.C. et S.M. Boyetchko. 2002. Arbuscular
mycorrhizal fungi as biostimulants and bioprotectants of crops. Applied
Mycology and Biotechnology, vol 2. Agriculture and Food Protection. Elsevier
Science B.V.
11Whitham, T.G., C.A. Gehring, T. Theimer, S. Travis,
N. Cobb, C.R. Kuske et P. Keim n.d. Using
molecular techniques to understand community structure from the bottom
up: interactions of environmental stress, pinyon pine, mycorrhizae,
soil microbes and insect herbivores at Sunset Crater.
12Klironomos, J.N. et M.M. Hart. 2001. Food-web
dynamics: animal nitrogen swap for plant carbon Nature 410: 651-652
13Xiaolin, L, J. Zhang et P. Christie. Phosphorus
transfer between plants via arbuscular mycorrhizal hyphal links.
14Les plantes des familles des Brassicaceae, Amaranthaceae,
Chenopodiaceae et Polygonaceae tendent à ne pas s'associer aux
mycorhizes. Les citations 2 et 3 ci-dessus proviennent de ce rapport.
15Klironomos, J.N. 2001, cité dans 'Harmless-looking'
trees really predators; partner with fungi to eat insects alive, new research
shows.
|