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Les abattoirs mobiles peuvent-ils aider les petits éleveurs de bétail?
1ère PARTIE

Par Jane Morrigan, M.Sc.

Les éleveurs de bétail biologique doivent relever d'importants défis quand vient le moment d'abattre leurs animaux selon des normes biologiques certifiées. Au cours de la dernière décennie, plusieurs facteurs ont mené à la fermeture de beaucoup de petits abattoirs et à la consolidation en de plus grandes installations. Pendant ce temps, la demande des consommateurs pour des viandes de spécialité comme la viande produite naturellement, sans hormones, biologique, finie à l'herbe et élevée aux champs dans le respect des animaux augmente. Les producteurs qui travaillent pour satisfaire ce marché de créneau en pleine croissance, de même que les producteurs dont l'élevage se trouve loin de l'abattoir le plus près, seront laissés pour compte à moins de mettre en place des installations d'abattage adaptées à leurs besoins. Une solution possible à cette crise qui prend de l'ampleur pourrait être l'utilisation d'abattoirs mobiles qui voyagent de ferme en ferme, fournissant un service flexible, sanitaire, respectueux, inspecté par le gouvernement et économique d'abattage et de refroidissement.

Historique et justification

Depuis les années 50, on utilise des abattoirs mobiles pour abattre le caribou d'élevage et le boeuf musqué au nord de l'Europe. De nos jours, il existe certaines unités multiespèce qui abattent tous les types d'animaux et de gibier, des moutons aux bisons, et répondent aux strictes exigences des marchés de l'Union européenne et du monde. Dans l'une de ces unités d'abattage, on trouve un personnel qualifié composé de 8 personnes qui peuvent traiter 40 grands bovins ou bisons dans un quart de travail de 8 heures.

L'abattoir mobile de Lopez Island, utilisé pour les boeufs, les porcs, les chèvres et les moutons, a été conçu et mis au point par des éleveurs de bovins appartenant à la Islands' Grown Farmers Cooperative et par l'université de l'État de Washington, pour un coût d'environ 150 000 $ américains. Leur objectif est de répondre à la demande de leur communauté pour de la viande de haute qualité produite localement. Après presque trois ans de fonctionnement, la COOP a atteint la pleine capacité de son système complet « de la ferme à l'assiette » et est rentable.

Au Canada, Cliff Munroe, du ministère de l'Agriculture de l'Alberta, indique qu'il est confiant qu'une ou deux unités seront mises en place d'ici quelques années dans sa province. Ils ont l'intention d'utiliser le modèle de Lopez Island comme point de départ pour concevoir un système propre à l'Alberta, dont la capacité sera probablement plus importante. Il prévoit que, puisque l'abattoir mobile des États-Unis est approuvé par le USDA, le système devrait également être acceptable pour l'ACIA au Canada. En plus des marchés de créneau, les abattoirs mobiles pourraient éventuellement servir les secteurs nordiques où les installations de transformation n'existent pas.

Dans la région de l'Abitibi, au Québec, un groupe de producteurs construit actuellement un abattoir mobile qui doit être prêt pour le printemps 2005. Ils prévoient abattre des jeunes boeufs, des porcs, des moutons, des cerfs d'élevage et des caribous.

Comment cela fonctionne-t-il ?

L'unité de Lopez Island est constituée d'une remorque Featherlite modifiée, tirée par une camionnette F450 Diesel à plate-forme, et comprend trois sections : transformation, chambre froide et unité de climatisation avec espace de rangement. Elle transporte une génératrice diesel de 10 kilowatts et 1 200 litres d'eau potable. La longueur totale du camion et de la remorque est de 15 mètres (49 pi) avec une masse brute totale de 14 500 kilogrammes. La chambre de refroidissement peut tenir 10 carcasses de boeuf, des quantités équivalentes d'autres types animaux (par exemple, 40 agneaux ou 20 porcs). Normalement, une seule personne effectue toutes les opérations, accompagnée d'un inspecteur payé par le USDA.

Les producteurs sont responsables de toutes les manipulations des animaux vivants, et doivent défrayer des coûts de 75 $ par bouvillon. Le travailleur assomme tout d'abord l'animal avec un pistolet à cheville percutante, puis leur coupe la gorge, dans un parc, un enclos ou un couloir sécuritaire qui est situé sur la ferme. Une fois l'animal bien saigné, la carcasse est soulevée à l'aide d'un câble et d'un treuil, puis transportée dans l'unité mobile voisine où elle est vidée puis est placée dans la salle de refroidissement. L'unité mobile se rend ensuite à la salle de découpe et d'emballage qui appartient également aux membres du Lopez Community Land Trust, où les carcasses sont suspendues pour le vieillissement, découpées, enveloppées et stockées en attendant la distribution. Les abats (parties non comestibles de la carcasse) demeurent à la ferme, où ils sont compostés. Comme le dit un membre de la COOP, Bruce Dunlop : « Il n'y a aucun déchet avec ce mode de fonctionnement, tout est utilisé comme nutriment. »

Abattoir mobile Carcasse suspendue dans une chambre froide dans l'abattoir mobile

Photos offertes par Bruce Dunlop, Lopez Island (Washington) États-Unis

La partie 2 sera publiée le mois prochain. Nous y discuterons des avantages et défis des abattoirs mobiles.

(Je tiens à remercier Bruce Dunlop à Washington, Danielle Brault au Québec, Cliff Munroe en Alberta et toutes les autres personnes qui ont contribué à cet article.)

Jane Morrigan, M.Sc., P.Ag. est la coordinatrice du site Web du Centre d'agriculture biologique du Canada. Veuillez communiquer vos commentaires ou questions par courriel au oacc@nsac.ca.

 

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