
Les producteurs de bétail biologique coopèrent pour
accéder à des marchés en croissance
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag.
Le Saskatchewan Organic Livestock (SOL) est une coopérative sans
but lucratif qui se consacre à l’éducation du public,
à la promotion de la viande biologique et à la facilitation
de la commercialisation pour les éleveurs de bétail biologique.
Il y a un an, le Saskatchewan Organic Directorate, le Centre pour l’agriculture
biologique du Canada et Saskatchewan Agriculture and Food ont tenu une
réunion pour examiner le fort potentiel de croissance du marché
de la viande certifiée biologique. Le SOL a été fondé
pour développer ce potentiel.
L'intérêt des consommateurs pour la viande biologique croît
exponentiellement. Sandy Russell de Saskatchewan Agriculture and Food
indique que le bœuf est la catégorie du marché biologique
qui connaît la plus forte croissance aux États-Unis. Le ministère
de l’Agriculture, de l’Alimentation et du Développement
rural de l'Alberta a terminé récemment une étude
qui suggère qu’il existe également un excellent potentiel
pour le poulet et le porc biologiques.
Les auteurs de l’étude de l’Alberta ont cherché
à connaître les attitudes des consommateurs de la C.-B. et
de l’Alberta vis-à-vis du porc et du poulet naturels, biologiques
et en liberté. Ils ont trouvé qu’il y a un «
fort intérêt » pour ce genre de produit : près
de 70 % des consommateurs voulaient acheter du poulet naturel, biologique
ou en liberté et près de 60 % des consommateurs voulaient
acheter du porc naturel, biologique ou en liberté.
Les gens qui sont « très intéressés »
par le poulet et le porc naturels, biologiques et en liberté sont
plus souvent des femmes que des hommes qui ont un bon niveau d’instruction,
en particulier celles qui ont de jeunes familles. Cette tendance s’est
manifestée aussi dans l’étude du marché du
bœuf biologique américain. Les femmes de moins de quarante
ans étaient celles qui en achetaient le plus souvent. Dans l’étude
de l’Alberta, l’intérêt pour les produits naturels,
biologiques ou en liberté était le plus fort chez les consommateurs
qui connaissaient le mieux ces options. Dans l’exemple américain,
la consommation d’aliments biologiques s’est accrue de façon
spectaculaire après que les États-Unis aient adopté
le Programme biologique national. Cela suggère que les producteurs
biologiques ont beaucoup à gagner à « se faire connaître
».
Faire connaître la viande biologique est un objectif important
du Saskatchewan Organic Livestock. Le SOL projette d’entreprendre
des projets qui aideront les consommateurs à prendre conscience
des avantages de la viande biologique comme aliment sain et nutritif.
La moitié de l’argent recueilli sous forme de frais d’adhésion
sera consacrée à des projets éducatifs. Le premier
de ces projets consiste en la réalisation d’un site Web qui
permette d’établir un lien entre les producteurs et les consommateurs.
Les consommateurs pourraient utiliser le site Web pour trouver une source
locale d’agneau biologique, par exemple.
Le site Web du SOL serait également un outil utile qui permettrait
aux producteurs biologiques de communiquer entre eux. Par exemple, les
producteurs qui font de la semi-finition pourraient trouver des éleveurs
et des engraisseurs de vache et de veau dans leur région. La connexion
entre les producteurs biologiques pourrait être étendue à
ceux qui produisent des aliments pour animaux. Les producteurs qui souhaitent
inclure la luzerne dans leurs rotations mais qui ne souhaitent pas élever
du bétail pourraient utiliser les services du SOL pour se lier
à la « chaîne de la valeur » du bœuf.
Le SOL travaille aussi à la coordination des marchés pour
contribuer à l’obtention d’un prix juste pour les producteurs
et réduire leurs risques. Le SOL est déjà en train
d’établir des contacts pour la commercialisation de la fournée
de veaux de cette année. Le groupe a commencé par le bœuf
parce que c’est pour cette espèce que la demande du marché
et la base de producteurs sont les plus fortes. Dayton Funk, l’un
des deux coordonnateurs de la commercialisation du SOL, dit que les animaux
certifiés biologiques vivants de 500 lb à la finition sont
commercialisés « vers le sud, l’est et l’ouest
».
La composante du SOL qui s’occupe de la coordination de la commercialisation
espère passer éventuellement à un produit de marque
passé par l’abattoir et vendu sous forme de viande en boîte.
Cela permettra aux producteurs de conserver davantage de la valeur du
produit. Dayton estime que l’on pourrait tirer une valeur véritable
d’une marque de viande biologique régionale des prairies
canadiennes.
Le SOL est en train de mener des négociations avec d’autres
groupes de producteurs au Manitoba et en Alberta. Dayton croit qu’en
travaillant ensemble et en mettant en commun leurs informations sur les
acheteurs et les prix, les producteurs pourront conserver une position
de négociation solide. Le SOL pourrait favoriser un lien plus éclairé
entre les acheteurs et les vendeurs.
Le SOL a fait des progrès importants et est maintenant prêt
à aller plus loin dans sa vision. Il tiendra sa première
réunion annuelle le 17 octobre à 9 h au Saskatoon Agriculture
Business Centre de Saskatchewan Agriculture and Food. Ses membres éliront
un conseil d’administration et envisageront les prochaines étapes
au nom des producteurs de bétail certifié biologique. Tous
les producteurs de bétail biologique qui souhaitent assister à
la réunion sont les bienvenus.
Brenda Frick, Ph.D., P.Ag., est la coordonnatrice des Prairies du CABC
(Centre pour l’agriculture biologique du Canada) au Collège
d’agriculture de l’Université de la Saskatchewan. Elle
recevra avec plaisir vos commentaires au 306-966-4975 ou par courriel
à l’adresse brenda.frick@usask.ca.
Pour plus d’informations sur l’étude de marketing
effectuée par le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation
et du Développement rural de l'Alberta, communiquez avec Bert Dening
au 780-674-8247.
Pour plus d’informations sur le SOL, communiquez avec Karen Liska
au 306-948-2996.
Janvier 2007
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