
Identifier la boiterie chez les bovins laitiers
Centre d'agriculture biologique du Canada
La boiterie affecte la santé et le bien-être des troupeaux laitiers et est considérée aujourd’hui comme l’un des problèmes les plus méconnus et les plus sous-estimés. Plusieurs études ont démontré que la nature envahissante de ce problème est partiellement due à l’inhabilité de nombreux fermiers à diagnostiquer les premiers stades de son apparition, avant que la boiterie n’évolue vers des conditions qui affectent, évidemment, la démarche, mais aussi les capacités reproductives et le rendement laitier de la vache.
Pour aider les fermiers producteurs de lait à en déceler avec acuité les premiers symptômes et à diagnostiquer conséquemment une boiterie moins sévère, le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) a produit un feuillet de documentation sur la détection de la boiterie chez les bovins laitiers. En plus de fournir un système de notation qui permet au fermier d’évaluer visuellement la condition de l’animal en se basant sur une série de facteurs tels que la foulée et la raideur, le texte, en se conformant à la philosophie préventive de l’agriculture biologique, fournit au lecteur une liste de pratiques de gestion qui pourraient hausser l’incidence de la boiterie et qu’il faudrait conséquemment éviter.
Le système de notation indiqué sur le feuillet dénote le comportement des vaches lorsqu’elles marchent ou sont debout afin de déterminer si elles sont au stade 1 (en bonne condition), 5 (boiterie grave), ou à l’un des stades entre ces deux nombres. Le but d’un tel système est d’aider le fermier qui évalue à « 2 » ou « 3 » la condition d’une vache ou d’un nombre de vaches à prévenir la progression vers une notation de « 5 ». La notation « 3 » est décrite comme étant une « boiterie légère » et peut être observée chez une vache dont le dos est clairement arqué lorsqu’elle marche et/ou qui affiche une boiterie légère ou un balancement vers l’extérieur des membres arrière. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une boiterie complète, ces vaches doivent être surveillées car il y a risque d’aggravation de la boiterie. Lorsque la vache a le dos arqué à la fois quand elle marche et qu’elle se tient debout, qu’elle ménage l’une de ses pattes et donne des coups de tête saccadés, la notation est « 4 ». À ce stade, le fermier devrait recourir aux services d’un trimeur d’onglon. Finalement, la vache qui a beaucoup de difficulté à se lever et à marcher, souffre de raideur articulaire et perd du poids, affiche un dos extrêmement arqué et donne des coups de tête saccadés, en est au stade « 5 ». À ce stade, le fermier doit immédiatement consulter un vétérinaire ou un trimeur d’onglon qui a de l’expérience en matière de boiterie de bovins laitiers.
Évidemment, il faut davantage que de la surveillance pour prévenir qu’une vache évaluée au stade “3” ne glisse au stade “4”. Le fermier devrait aussi évaluer si ses pratiques de gestion pourraient contribuer à l’incidence de la boiterie. Les surfaces qui peuvent endommager la paroi de l’onglon, telles les planchers de béton rainurés ou inégaux, et les longs sentiers rocheux entre le pâturage et la salle de traite augmentent de beaucoup les probabilités d’incidence de la boiterie. La boiterie peut aussi être plus fréquente lorsque les conditions de logement, telles que le surpeuplement dans les couchettes, une litière inadéquate et des surfaces de repos inconfortables, forcent les vaches à se tenir debout plus longtemps qu’elles le feraient en situation normale, souvent sur du fumier ou des surfaces boueuses. Un lavage de pied inadéquat peut aussi accroître l’incidence de la boiterie en favorisant la dispersion au troupeau entier d’affections telles que le panaris.
Idéalement, un trimeur d’onglon devrait inspecter le troupeau une fois par année. Cette stratégie préventive facile à implanter assurera que les blessures mineures, telles que les onglons craqués, les soles tuméfiées et l’érosion du talon, soient diagnostiqués avant de se dégrader sévèrement. Les visites régulières du trimeur d’onglon assureront aussi que les désordres plus sévères, tels que les ulcères de la sole, la maladie de la ligne blanche, le panaris et la dermatite interdigitée, soient traités promptement et efficacement.
La boiterie chez les bovins laitiers est devenue une question de bien-être très sérieuse, tant pour les producteurs conventionnels que biologiques. L’incapacité de déceler le problème serait l’une des causes de son incidence. Le CABC a réagi en publiant un feuillet de documentation qui aidera les fermiers à détecter tôt ce problème avant qu’il ne devienne invalidant. Il est à espérer que ce système de détection précoce, combiné à des mesures de gestion préventives, réduira l’ampleur de ce problème largement et dangereusement répandu. Le bien-être des animaux demeure l’un des objectifs de base de la pratique de l’agriculture biologique.
Pour plus d’information, veuillez vous référer au feuillet de documentation du Groupe de travail sur le bien-être animal, Détection de la boiterie chez les bovins laitiers.
Rédigé par Tanya Brouwers pour CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@nsac.ca.
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Affiché en août 2010
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