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Les insectes amis et ennemis

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Insecte: un mot si simple avec tant de connotations. Ce seul mot représente plus d’un million d’espèces à six pattes, des créatures segmentées ou porteuses d’un exosquelette qui habitent la terre. Mais quelle est la première idée qui vous vient à l’esprit quand vous entendez ce mot? Il est probable que vos pensées iront vers les idées négatives que nous associons aux insectes : ces fichus insectes qui endommagent vos cultures, les insectes nuisibles dans vos maisons, les insectes qui contaminent les aliments et ceux que, pour aucune raison valable, vous n’aimez tout simplement pas. Vous pouvez imaginer les larves de taupin qui mâchent vos cultures, les guêpes et les frelons qui vous piquent lorsque vous cueillez innocemment des bleuets, ou penser aux  fourmis qui ruinent votre pique-nique ou envahissent votre cuisine. Mais qu’en est-il des insectes qui pollinisent nos cultures, recyclent les nutriments, gardent à distance les autres nuisibles et fonctionnent comme de précieux ouvriers? Pensez aux abeilles qui pollinisent nos cultures et nous fournissent du miel délicieux, aux coléoptères qui se nourrissent de nos déchets et aux larves parasitoïdes prédatrices des insectes nuisibles.

Posez la même question aux entomologistes, ceux qui gagnent leur vie en étudiant les insectes, et vous recevrez une réponse très différente. Pour les entomologistes, les insectes sont des outils importants qui en révèlent beaucoup sur le monde que nous partageons, nous donnent un aperçu d’un passé lointain et prédisent même ce que pourrait nous réserver le futur. Après avoir assisté à la rencontre annuelle conjointe de la Société canadienne d’entomologie et de la Société d’entomologie de l’Ontario, tenue en octobre dernier à Ottawa, je me suis ouvert les yeux sur cette science révélatrice centrée sur les insectes et développée sur plusieurs fronts.

Ayant été impliqué en recherche agricole au cours des quatre dernières années, j’ai tendance à porter davantage attention aux insectes nuisibles qui harcèlent les fermiers canadiens : des créatures telles que le taupin, la cécidomyie du chou-fleur, la chrysomèle du concombre et les aphides. Beaucoup de travaux sont menés au Canada pour comprendre, surveiller et gérer de tels nuisibles. Mais lors des conférences sur l’agriculture présentées à la rencontre, il y a eu peu d’allocutions pro-insecticides, mais plutôt une description de la recherche qui est actuellement orientée vers l’utilisation des organismes bénéfiques, le développement de produits à risque réduit, et vers les impacts des pratiques de gestion sur les niveaux et la diversité des populations d’insectes. Il y avait une emphase importante sur le besoin de comprendre la biologie et l’écologie de nos insectes nuisibles.

 Une telle compréhension est nécessaire au développement d’approches de gestion intégrées. Ces stratégies se fondent très bien dans la réalité de l’agriculture biologique, tel que l’a démontré le récent Sondage sur les besoins en recherche des agriculteurs biologiques canadiens mené par le Centre d’agriculture biologique du Canada. Les agriculteurs biologiques ont manifesté un plus grand intérêt pour la recherche de stratégies de gestion des cultures et de mise en valeur des ennemis naturels des insectes nuisibles que pour le développement d’insecticides approuvés en gestion biologique.

Au delà de l’agriculture, le biologiste évolutionniste qui sommeille en moi fut enthousiasmé de constater comment les insectes peuvent révéler des informations intéressantes et importantes sur l’adaptation et l’évolution. Les comportements des insectes peuvent souvent être intrigants à observer; pensez à ces abeilles qui agitent leur abdomen pour relayer la localisation de la source de nourriture à leurs compagnes de ruche. Mais ils peuvent aussi révéler les secrets de la structure sociale et de la sélection naturelle. Les insectes sont aussi utiles dans l’étude de la génétique – une grande partie de notre compréhension de notre propre génétique resterait encore à découvrir si ce n’était des travaux importants menés sur la modeste mouche à fruit!

Il y a aussi ceux qui étudient les insectes par pur plaisir! Ces gens parcourent le globe pour trouver des espèces dont la découverte leur procure des frissons d’excitation! Ce faisant, ces personnes documentent la biodiversité du monde qui nous entoure et allongent le répertoire des fonctions connues accomplies par les insectes. Les données sur les insectes fossiles et les collections des musées peuvent fournir des indices sur les conditions de vie passées de la planète, alors que les distributions et la morphologie changeantes des insectes peuvent donner un aperçu des répercussions possibles des changements climatiques.

Il est étonnant de constater tout ce que nous pouvons glaner par l’observation de toutes ces créatures que tant d’entre nous craignent ou méprisent. Tentons de jouer une fois de plus à notre jeu d’associations d’idées. Si je dis le mot « insecte », que vous vient-il à l’esprit? J’espère que vous penserez maintenant à nos insectes amis tout autant qu’à nos insectes ennemis.


Rédigé par Joanna MacKenzie pour CABC. Pour plus d’information : 902-893-7256 ou oacc@nsac.ca.


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Affiché en août 2010

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