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Un peu plus loin que le bio – les buts visés par la gestion agricole holistique sont d’ordre social, environnemental, économique et… biologique

par Jim Romahn du Ontario Farmer

Les agriculteurs qui se consacrent à l’agriculture biologique pourraient être intéressés à franchir une autre étape en adoptant la gestion holistique, selon un agriculteur bio de longue date, Tony McQuail de Lucknow, qui a pris la parole lors de l’assemblée annuelle de la Ontario Ecological Farmers Association.

Tony a expliqué que la gestion holistique est une discipline nouvelle qui implique l’établissement d’objectifs familiaux portant sur tous les aspects de la ferme – des objectifs d’ordre social, environnemental, économique et agricole biologique.

Alan Savoury a commencé à faire la promotion de la gestion holistique, il y a une trentaine d’années dans un guide qui a rapidement rallié de fervents partisans. Jody Butterfield, qui a participé à la rédaction d’une version révisée avec Fran McQuail, épouse de Tony, dit que le guide est maintenant « beaucoup plus facile à lire ».

McQuail a expliqué qu’après que Fran et lui ont suivi un cours sur le sujet – trois séances de trois jours - en 2005, ils ont modifié leurs attitudes et leur mode de vie. L’un des changements les plus importants aura été d’associer leurs deux petites filles alors âgées de 11 et 13 ans aux discussions sur les objectifs familiaux. Les filles voulaient avoir des vacances d’été, comme la plupart de leurs camarades d’école!

Pour McQuail, ce fut un enjeu énorme parce que l’été dans une ferme biologique est extrêmement occupé; mais la famille s’est arrangée pour que leur souhait se réalise en engageant et en formant du personnel pour gérer la ferme durant le mois d’août, un peu moins occupé que les périodes de plantation et de récolte. La famille en a profité pour s’évader en Colombie-Britannique pendant une semaine et faire de longues randonnées dans les Rocheuses avant de reprendre le train pour l’Ontario.

Selon McQuail, les pressions économiques actuelles poussent de nombreux agriculteurs à adopter des attitudes négatives qui consistent à réduire les dépenses de façon draconienne et à accroître la charge de travail. Ceux qui ont suivi la formation en gestion holistique, et qui la mettent en application, se fixent des buts, maintiennent une attitude positive et poursuivent ces objectifs même en temps de crise.

Il a précisé que le système de gestion holistique propose une série de principes directeurs qui servent à évaluer la situation de la ferme, comme l’analyse « cause et effet » qui établit une distinction entre les causes et les effets. Il y a également un test de « la réaction accessoire » qui sert à déterminer quelles activités ou réalisations sont les plus susceptibles d’être utiles à l’atteinte des buts qu’on s’est donnés; un test du « maillon faible » des aspects agricoles (biologiques), financiers et sociaux de la ferme; une comparaison des profits bruts de divers aspects ou débouchés de la ferme; une évaluation des sources de revenus et d’énergie; une analyse de ce qui vient soutenir – ou freiner – les objectifs d’ordre communautaire, socio-économique et de durabilité.

Une dizaine d’agriculteurs ont pris le cours en même temps que les McQuail qui étudient maintenant pour devenir des formateurs accrédités, les premiers en Ontario. Les deux seuls autres au Canada se trouvent au Manitoba où s’est tenue une assemblée nationale l’an passé.

McQuail a parlé d’un autre changement que sa femme et lui ont été incités à faire; ce fut l’abandon de leurs emplois à temps partiel pour devenir agriculteurs à temps plein… quelque chose qu’ils désiraient depuis longtemps; et ce cours les a convaincus d’opter pour ce mode de vie.

La gestion holistique passe par la volonté que l’on a de réexaminer ce qui se fait à la ferme, pourquoi et comment, et de changer en fonction des réponses, a-t-il déclaré.

Il est par ailleurs très utile de rencontrer régulièrement d’autres personnes ayant opté pour le même type de gestion agricole, précise le fermier ontarien, et particulièrement de collaborer aux questions relatives à la planification financière, « quelque chose que je n’ai jamais aimé faire. » Les participants peuvent mettre en commun leurs connaissances, échanger des idées et s’encourager mutuellement.

Il nous a également raconté une anecdote illustrant ses propos : il avait acheté une souffleuse à neige dans une vente aux enchères estivale, croyant que ce serait la meilleure période de l’année pour acheter à bon prix. Mais la souffleuse est tombée en panne pendant l’hiver, et il n’avait pas l’argent pour la faire réparer. Sa première réaction a été d’envisager l’achat d’une autre souffleuse, mais l’hiver était là et la demande était à son maximum pour ce genre d’appareil.

« On a réfléchi en famille à la façon dont ça pouvait correspondre à nos buts. »
Ils ont fini par emprunter un pousse-neige tiré par un cheval à un voisin mennonite pour savoir si la méthode leur conviendrait. Comme ils travaillent déjà aux champs avec des chevaux, ils avaient les animaux, et selon McQuail, ils constituent un choix économique compatible avec plusieurs des objectifs de leur ferme, comme celui de réduire les dépenses en énergie.

McQuail est intervenu à la dernière minute à titre d’orateur car Janet Duncan n’a pas été en mesure de faire l’exposé prévu sur la préservation des races rares.

Le Centre d’agriculture biologique du Canada (CABC) remercie l’Ontario Farmer pour la permission d’afficher cet article sur son site Web.

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Publié en juin 2008

 

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