
Heat – par George Monbiot
Révisé par Tanya Brouwers
Le 22 juin 2007, les Libéraux ont déposé au Parlement
la Loi de mise en oeuvre du Protocole de Kyoto, en vertu de laquelle le
gouvernement dispose de 60 jours pour dresser un plan de lutte contre
le changement climatique qui énonce les mesures que devra prendre
le Canada pour respecter ses obligations, conformément au traité
de Kyoto. Certaines personnes, notamment Steven Harper, estiment que le
projet Kyoto constitue un défi de taille qui serait peut-être
même « impossible » à surmonter, alors que d’autres,
pour qui le défaut d’agir constitue une pratique d’extermination
de la race humaine, perçoivent l’initiative comme une bonne
nouvelle et s’en réjouissent pleinement.
Actuellement, le défi consiste à élaborer un plan
utile. Le gouvernement ferait preuve de sagesse en parcourant les pages
du livre intitulé Heat de George Monbiot. Ce livre fort instructif
s’appuie sur des statistiques et des données scientifiques
et offre, avant tout, des solutions concrètes pour réduire
les émissions de dioxyde de carbone du Canada, qui augmentent continuellement
depuis les dix dernières années.
Les opposants canadiens au protocole de Kyoto seront étonnés
d’apprendre que, selon George Monbiot, il est possible de réduire
de 90 % les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2030. L’auteur
en arrive à cette conclusion audacieuse en examinant les principales
causes du réchauffement de la planète qui produisent 60
pour 100 de nos émissions, notamment la consommation énergétique
résidentielle, le transport sur terre, le transport aérien
et les principales industries consommatrices de combustible fossile; le
magasinage et le ciment. Il examine avec méthode et rigueur chaque
facteur et offre des solutions, telles que les sources d’énergie
de remplacement, qui s’appuient sur des données pondérées
provenant de sources fiables. Les sceptiques, en particulier ceux qui
croient que les glaciers gagnent en fait en volume, auront bien du mal
à trouver des arguments réfutant les conclusions avancées
dans le livre.
Le seul domaine où George Monbiot admet lui-même ne pas
être en mesure d’offrir de solutions est l’industrie
du voyage aérien, qui est en constante expansion et peu réglementée.
Il remarque qu’un avion qui fonctionne à 70 p. 100 de sa
capacité produit 214 g de CO2 par passager par kilomètre,
une quantité faramineuse. Le même passager à bord
d’un train produira par contre moins de CO2, soit environ 17 g par
kilomètre. Malheureusement, les seules solutions que l’auteur
propose pour résoudre cette situation déplorable ne s’appuient
sur aucune preuve ou, de façon générale, se sont
avérées un échec.
L’auteur admet d’un air abattu que la seule façon
pour l’industrie du transport aérien de réduire ses
émissions de dioxyde de carbone serait de réduire de 97
p. 100 ses vols. L’auteur souligne toutefois qu’une telle
réduction n’empêchera pas l’être humain
de voler, mais seulement « un grand nombre de le faire. En effet,
il ne serait alors plus possible pour un grand nombre d’entre nous
de le faire. »
Pour les personnes qui, ayant passé leurs années de formation
à parcourir l’Europe et qui, maintenant, commandent «
dos cervezas » au bord d’une piscine à Cabo, cette
solution n’est pas vraiment sérieuse. Dans un monde où
pour chaque 50 semaines passées au bureau, on nous offre l’occasion
de passer deux semaines de rêve dans un pays tropical, il serait
impensable de faire ce genre de sacrifice. Toutefois, étant donné
qu’un faible pourcentage seulement de la population mondiale voyage
par avion, certaines personnes diront que l’incidence du voyage
aérien sur l’environnement constitue un sacrifice de premier
ordre.
Comme le dit si bien George Monbiot, « les longs voyages à
vitesse de croisière élevée ne sont pas compatibles
avec la lutte contre le changement climatique. Si vous voyagez par avion,
vous détruisez la vie d’autres personnes. »
Finalement, George Monbiot reconnaît que le plus grand obstacle
à la réduction des émissions de dioxyde de carbone
n’est pas le politicien-marionnette, ou des pays comme la Chine
ou l’Inde. Comme il l’indique, « nous devons non seulement
combattre les pétrolières, les transporteurs aériens
et les gouvernements des pays riches, mais aussi nous-même ».
Un grand nombre de personnes livrent une chaude lutte. Par exemple, en
refusant d’utiliser des engrais et des pesticides chimiques, les
promoteurs et les praticiens de l’agriculture biologique contribuent
à réduire de façon importante la quantité
de dioxyde de carbone dans l’air.
Pourtant, malgré les efforts déployés, cette lutte
sera difficile à gagner étant donné que, comme le
souligne l’auteur, « la campagne, contrairement à la
plupart des manifestations publiques, vise non pas à obtenir plus
de libertés mais à en enlever. »
Tous les habitants de la Terre devraient être contraints de lire
Heat de George Monbiot. Il est vrai que se batte pour perdre certaines
libertés est difficile à comprendre. Mais, dans son livre,
George Monbiot présente aux lecteurs des arguments convaincants
fondés sur des données réelles et offre des solutions
de rechange plutôt satisfaisantes qui nous motivent à poursuivre
le combat pour garantir notre droit le plus important, celui de vivre.
Tanya Brouwers est conseillère du Centre d’agriculture biologique
du Canada. Veuillez faire part de vos commentaires ou de vos questions
en téléphonant au 902-893-7256 ou en envoyant un courriel
à oacc@nsac.ca.
English version
Affiché en janvier 2008
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